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Québec : le Premier ministre François Legault présente les priorités de son programme

La rentrée parlementaire au Québec, 27 novembre 2018
La rentrée parlementaire au Québec, 27 novembre 2018
© Radio-Canada

Au lendemain de la rentrée parlementaire des 125 députés de l’Assemblée nationale du Québec, élus le 1er octobre dernier, place au discours du Trône de François Legault ce mercredi 28 novembre. L'occasion pour le Premier ministre de la Belle province de présenter les principaux axes du programme de son gouvernement : l’éducation, la santé et l’économie, sans oublier la laïcité et l'immigration.

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  • Des promesses ambitieuses dans l'éducation

Le nouveau gouvernement de centre-droit (CAQ, la Coalition Avenir Québec) maintient sa promesse de mettre en place la maternelle pour les petits Québécois de 4 ans (ndlr : actuellement, l’entrée à l’école se fait à partir de 5 ans). L’objectif de cette mesure est de dépister plus rapidement les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage et d’augmenter le nombre de jeunes diplômés.

Le gouvernement évoque la création de 5 000 classes de maternelle pour les enfants de 4 ans, d’ici la fin de son mandat. Et dès septembre 2019, le gouvernement affirme qu’il va pouvoir ouvrir 220 classes. Mais l’organisme en charge du réseau des écoles à Montréal a fait savoir qu’il allait être difficile de créer autant de nouvelles classes.

La priorité en santé va surtout porter sur la mise en place de mesures concrètes afin de faciliter l’accès des Québécois à leurs médecins de famille. Et en matière d’économie, le gouvernement a promis de remettre de l’argent dans les poches des Québécois, en nivelant notamment au plus bas la taxe scolaire imposée à la population.
 
  • Laïcité et immigration : des sondages favorables aux mesures souhaitées par François Legault

En ce qui concerne le projet de loi sur la laïcité, François Legault devrait pouvoir compter sur l’appui d’une majorité de Québécois, à en croire les chiffres d'un sondage CROP rendu public par Radio-Canada. Deux Québécois sur trois sont favorables à l’interdiction du port de signes religieux visibles pour les employés de l’État en position d’autorité, tels que les magistrats, les gardiens de prison, les policiers et les enseignants.

En ce qui concerne les enseignants, 65% des Québécois interrogés sont d’accord pour qu’on leur interdise le port de signes religieux visibles. Pour ce qu’il est du maintien du crucifix qui est accroché dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le gouvernement a déjà fait savoir qu’il allait le laisser là, car il fait partie du patrimoine, un avis endossé par plus de la moitié des Québécois interrogés dans ce sondage.

Le projet de loi sur le port de signes religieux devrait être déposé au début de la prochaine session, en février 2019, pour être adopté d’ici la fin de la session en juin 2019.

Selon ce même sondage, deux tiers des Québécois soutiennent également le Premier ministre Legault dans sa volonté de réduire le nombre d’immigrants de 55 000 à 40 000 par an. Une mesure jugée nécessaire par le Premier ministre qui considère que la société québécoise n’arrive pas, pour l’instant, à intégrer les immigrés de manière adaptée.

Cette question avait fait débat lors de la campagne électorale, les Libéraux avaient alors fait valoir qu’il fallait augmenter le nombre d’immigrants pour combler les besoins en main-d’œuvre du Québec, province en situation exceptionnelle de plein emploi.

Le gouvernement Legault veut d’ailleurs mettre en place des mesures pour inciter les immigrants à aller s’installer dans les régions du Québec où cette pénurie de main-d’œuvre est particulièrement criante.

Donc sur ces deux dossiers délicats et controversés que sont la laïcité et l’immigration, le nouveau gouvernement québécois aurait, selon ces sondages, l’appui d’une majorité de la population, ce qui lui donnerait une marge de manœuvre confortable.
 
  • L’environnement : pas pour tout de suite

Malgré la pression de la société civile et des partis d’opposition, le gouvernement Legault ne met pas la lutte contre les changements climatiques dans ses priorités. Mais le Premier ministre s’engage toutefois à respecter les cibles de réductions des gaz à effet de serre. Il réclame par ailleurs du temps supplémentaire pour élaborer une politique environnementale.
Le gouvernement Legault est très attendu sur ce dossier, tant par les partis d’opposition que par des groupes de pression.

"Le gouvernement Legault part de très loin en environnement", estime Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada en entrevue au quotidien montréalais Le Devoir. "Il faut qu’il reparte du bon pied dans son discours inaugural. S’il est sérieux, il doit changer son fusil d’épaule".

François Legault ne se rendra pas au sommet de la COP24 le 3 décembre en Pologne, seule sa ministre de l’Environnement y sera.
 
  • Une première session de deux semaines seulement

Trois projets de loi seront présentés au cours des deux prochaines semaines, dont celui de faire passer l’âge légal de consommation du cannabis de 18 à 21 ans. Une mesure contestée par de nombreux spécialistes, car ils craignent que cela ne pousse les jeunes à retourner s’approvisionner en cannabis sur le marché noir alors qu’ils peuvent le faire dans les succursales de la Société québécoise du cannabis depuis sa légalisation le 17 octobre 2018.  

 
Composition de la 42e législature du Québec

- 74 députés de la Coalition Avenir Québec (CAQ)
29 du Parti libéral du Québec
10 du Parti Québécois
10 de Québec solidaire
1 indépendant

-Une élection prochainement pour pourvoir le poste de député de Roberval, la circonscription laissée vacante par la démission de l’ex-Premier ministre Philippe Couillard 

- 53 femmes sur 125 députés, soit 42%, zone de parité historique

- Premier mandat pour 67 députés sur 125

- L'ancien journaliste François Paradis sera le nouveau président de l’Assemblée nationale