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Québec : le Premier ministre François Legault, réelu pour un deuxième mandat, présente son nouveau gouvernement

Le nouveau gouvernement du Québec compte 16 hommes et 14 femmes.
Le nouveau gouvernement du Québec compte 16 hommes et 14 femmes.
Gouvernement du Québec
Le nouveau gouvernement du Québec compte 16 hommes et 14 femmes.
François Legault, Premier ministre du Québec lors d'une rencontre avec Emmanuel Macron à Paris en 2019.

Ils sont trente, seize hommes et quatorze femmes, à former ce nouveau gouvernement québécois présenté par François Legault. Vingt faisaient partie du premier gouvernement de la Coalition Avenir Québec, 10 sont de nouvelles têtes. Présentation et priorités pour ce deuxième mandat.

Pas de surprise, Christian Dubé reste le ministre de la Santé et des Services sociaux : François Legault l’avait confirmé lors de la campagne électorale. Christian Dubé est aux commandes de ce monstre de ministère depuis un an et demi, il a déjà entamé une importante réforme du réseau passablement malmené par la pandémie et le Premier ministre veut qu’il la poursuive.
 

Vingt reconductions

Offrir aux Québécois un médecin de famille – ils sont un million à ne pas en avoir – réduire le temps d’attente épouvantable dans les urgences des hôpitaux, rattraper les mois, voire les années de retard dans les chirurgies non urgentes, des retards qui se sont accumulés à cause de la pandémie : le défi est de taille pour Christian Dubé, qui était l’un des ministres les plus populaires lors du premier mandat du gouvernement Legault.
 

L’autre ministre poids lourd de ce gouvernement s’appelle Pierre Fitzgibbon : François Legault lui confie le super ministère de l’Économie et de l’Énergie, il sera aussi le ministre responsable de la métropole et de la région de Montréal – Montréal, où la CAQ a fait élire peu de députés.


Cet ex-homme d’affaires s’est fait taper les doigts à plusieurs reprises durant le premier mandat sur des questions éthiques mais François Legault lui a toujours maintenu sa confiance et il la lui renouvelle en lui donnant même encore plus de pouvoirs.

Éric Girard reste le ministre des Finances, il fera partie du trio économique de ce gouvernement. Geneviève Guilbault reste vice-première ministre et devient la ministre des Transports : la jeune femme, originaire de Québec, a de gros dossiers dans son assiette : celui, très controversé, du "troisième lien" entre la ville de Québec et les municipalités situées sur la rive-sud du fleuve Saint-Laurent, le problème de congestion routière qui ne cesse de s’aggraver dans la grande région de Montréal, améliorer l’offre en matière de transports collectifs, etc.

Voir : Québec, la coalition de droite réélue.

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Celui qui était ministre des Transports dans le gouvernement précédent, François Bonnardel, prend la chaise de ministre de la Sécurité publique que Geneviève Guilbault occupait dans le premier mandat.

Sonia Lebel reste la présidente du Conseil du Trésor : c’est elle qui distribue les enveloppes budgétaires aux différents ministères, elle a donc un rôle de pivot important à jouer.

François Legault maintient Benoit Charette à l’Environnement, une décision qui surprend beaucoup les analystes politiques qui s’attendaient à un changement dans ce ministère afin de prouver la volonté d’adopter un nouveau ton dans ce domaine et d’en faire une priorité de ce deuxième mandat. Benoit Charette a en effet peu brillé au firmament de la lutte contre les changements climatiques au cours du premier mandat, son renouvellement en fait tiquer plusieurs et en rend sceptique beaucoup.

Simon Jolin-Barrette reste ministre de la Justice et le leader parlementaire du gouvernement, il perd toutefois le dossier de la Langue Française qui revient à Jean-François Roberge, qui était ministre de l’Éducation dans le premier mandat.

Ian Lafrenière conserve le ministère des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, ce qui va lui permettre de poursuivre son travail de rapprochement et de dialogue avec les communautés autochtones.

La ministre des Sports et du Loisir et du Plein Air, Isabelle Charest, conserve son poste. L’ex-athlète, championne olympique de patinage de vitesse courte piste, était bien en selle et appréciée dans l’exercice de ses fonctions.

Enfin Mathieu Lacombe, qui était le ministre de la Famille dans le dernier gouvernement, prend les rênes de la Culture, il sera également responsable de la Jeunesse.

… Dix qui arrivent

Il y a aussi des p’tits nouveaux et des p’tites nouvelles dans ce gouvernement : Bernard Drainville se voit confier la lourde tâche de gérer le ministère de l’éducation. L’ex-journaliste de Radio-Canada avait fait le saut en politique dans les rangs du Parti Québécois, avant de retourner faire de la chronique radio et de se relancer en politique, mais sous les couleurs de la CAQ cette fois-ci et comme candidat vedette dans la région de Québec. On se doutait bien que ce deuxième plongeon dans la marmite politique allait être récompensé par une limousine de ministre.

Une autre ex-journaliste fait son entrée dans les rangs ministériels, Martine Biron, qui était l’analyste politique à Québec de Radio-Canada et qui a annoncé cet été, non sans surprise auprès de tous ses anciens collègues, qu’elle franchissait le fossé entre journalisme et politique pour aller joindre les rangs de la Coalition Avenir Québec. Là encore, il était prévisible que François Legault allait confier un ministère à cette prise de choix : il lui donne donc les rênes du ministère des Relations internationales et de la Francophonie, et ministre responsable de la Condition féminine.
 

Pascale Déry devient ministre de l’Enseignement supérieur, c’est également une ex-journaliste qui a franchi le pas vers la politique. Au total d’ailleurs, ce nouveau gouvernement compte 5 anciens journalistes.

Christine Fréchette devient ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Cette ex-femme d’affaires va avoir des dossiers délicats à gérer car les questions sur la capacité d’accueil de nouveaux immigrants au Québec et leur intégration à la société québécoise ont donné lieu à plusieurs controverses au cours de la campagne électorale. Mme Fréchette va avoir des ponts à rétablir avec les communautés immigrantes, c’est l’une des priorités de son gouvernement a précisé François Legault.

Enfin signalons la nomination historique de Kateri Champagne Jourdain au ministère de l’Emploi : d’origine innue, elle est la première autochtone élue à l’Assemblée nationale et la première femme autochtone à devenir ministre dans un gouvernement québécois, la preuve, dit François Legault, de "notre volonté de rapprochement avec les communautés autochtones".

Voir : Québec : une femme innue dans le nouveau gouvernement Legault

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« Un exercice humain déchirant »

"C’est toujours complexe, j’ai eu des nuits longues à me lever pour changer la liste" a déclaré François Legault la veille de la présentation de son gouvernement. Et il l’a répété dans son discours une fois les nouveaux ministres assis sur leurs chaises rouges : "Je commence par une confession, ce n’est vraiment pas facile, choisir un conseil des ministres, c’est un exercice humain qui est déchirant, surtout quand on voit la qualité de nos 90 députés".

Effectivement, le premier ministre avait l’embarras du choix pour composer ce gouvernement et il a dû faire des choix difficiles avec un souci de stabilité, puisqu’il a préservé et maintenu vingt ministres du gouvernement précédent dans leurs fonctions, et sur ces vingt, treize gardent leurs ministères, tout en allant chercher du sang neuf avec dix nouveaux venus.

Il a aussi salué les député-es qui n’ont pas été nommé-es en leur promettant qu’il allait les mettre à contribution pour faire avancer le Québec : "Il y a tellement de job, on ne sera pas trop de 90" a-t-il précisé.

Les grandes priorités

Dans les quatre prochaines années, on va aussi accélérer la transition écologique, on doit ça à toutes les prochaines générations. Pour atteindre cet objectif-là, on a une société d’État qui va avoir un rôle crucial, c’est Hydro-Québec.François Legault, Première ministre du Québec.

Ce deuxième gouvernement Legault va avoir plusieurs priorités à son menu. La première, c’est l’éducation, François Legault l’a dit le 3 octobre, il l’a répété dans son discours ce jeudi, "faut que ça reste la priorité des priorités".

"La base de tout, ce sont l’Économie et les Finances, a poursuivi le premier ministre. C’est créer de la richesse pour améliorer la qualité de vie des Québécois et des Québécoises ». Il dit compter sur le trio économique dans son gouvernement pour ce faire.

"Dans les quatre prochaines années, on va aussi accélérer la transition écologique, a ajouté François Legault, on doit ça à toutes les prochaines générations. Pour atteindre cet objectif-là, on a une société d’État qui va avoir un rôle crucial, c’est Hydro-Québec". Le Premier ministre a annoncé qu’il va créer un comité sur l’économie et la transition  énergétique qu’il va présider et Hydro-Québec sera assis autour de la table de ce comité. "Je m’engage à y travailler et à y mettre beaucoup d’énergie pour les prochains mois" a-t-il promis.

À court terme, fait remarquer François Legault, l’objectif, c’est d’aider les Québécois à passer à travers la période inflationniste et il promet de le faire d’ici Noël en envoyant des chèques à ceux qui en ont le plus besoin.

Le Premier ministre a aussi mis le dossier de la pénurie de la main d’œuvre au menu de son gouvernement. Enfin remettre sur pied le réseau de la santé, "c’est le plus grand défi de gestion du gouvernement" a précisé François Legault.

"Ce qui est le plus important, c’est la cohésion nationale, a conclu le premier ministre, alors restons modérés, écoutons-nous les uns les autres au lieu d’exagérer nos différences, travaillons sur ce qui nous unit… Je vous promets que je vais travailler jour et nuit pour rassembler les Québécois, on va tout faire pour être à votre service, pour être votre gouvernement " a-t-il conclu.