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Quelles alternatives face aux géants chinois et américains comme Huawei, Google et Apple ?

Des personnes testent les téléphones Huawei dans un magasin à Pékin, en Chine, le 20 mai 2019.
Des personnes testent les téléphones Huawei dans un magasin à Pékin, en Chine, le 20 mai 2019.
© AP / Andy Wong

En pleine guerre commerciale et technologique entre la Chine et les États-Unis, Google rompt avec Huawei, sous le coup d'éventuelles sanctions américaines. Pour Donald Trump, le géant des télécommunications chinois menace la sécurité nationale. Quelles alternatives pour les usagers ? Existe-t-il des smartphones africains ? Des moteurs de recherche européens ?

  • Quelles alternatives aux systèmes d’exploitation américains ?

Actuellement, 80% des téléphones mobiles vendus dans le monde fonctionnent sous Android, créé par Google en 2008. La majorité des autres téléphones sont sous iOS, le système d’exploitation conçu par Apple en 2007.

Ces dix dernières années, plusieurs alternatives ont émergé, comme Windows Phone, du mastodonte américain Microsoft. Ce système d’exploitation détenait 3,9% des parts de marché en 2013. Aujourd’hui, il est en voie de disparition. "Comment peut-on imaginer la réussite d’une alternative à Android et iOS, au vu de l’échec de Microsoft ?", interroge Tanguy Toussaint, journaliste à TV5MONDE et chroniqueur au Journal du Hardware.

D’autres systèmes d’exploitation tentent tout de même de s’imposer sur le marché. C’est le cas de Eelo, une initiative française soucieuse de respecter la vie privée des usagers, disponible en version bêta sur une vingtaine de mobiles. Eelo est un système dérivé d’Android développé par un entrepreneur français, Gaël Duval, depuis 2017.
 
  • Quelles alternatives aux smartphones chinois et américains ?

Avec 19% des parts de marché, Huawei est le 2e vendeur de smartphones au monde, devant l’américain Apple, et derrière le sud-coréen Samsung.

En Europe, le finlandais Nokia, racheté par HMD, finlandais lui aussi, reste dans la course aux smartphones, comme le français Wiko, dont la société-mère est… le chinois Tinno. Nokia et Wiko fonctionnent tous deux sous Android.

L'Afrique n'est pas en reste. Des smartphones y sont conçus et en partie assemblés, à l’instar de ceux de VMK, la société du Congo-Brazzaville de Vérone Mankou, le "Steve Jobs africain". Le téléphone rwandais Mara est quant à lui entièrement assemblé sur le continent, notamment au Rwanda, et en Afrique du Sud.

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Reste que les systèmes d’exploitation de ces smartphones sont, là encore, majoritairement Android.
 
  • Quelles alternatives aux moteurs de recherche américains ?

Si Huawei est privé de la licence Android, au terme du délai de 90 jours accordé par Donald Trump avant d'imposer les sanctions,  ses utilisateurs ne pourront plus utiliser Google. Parmi les moteurs de recherche les plus utilisés, la plupart appartiennent, aussi, à des sociétés américaines, comme Yahoo, Bing (élaboré par Microsoft), et DuckDuckGo.

La Chine peut compter sur son propre moteur de recherche, Baidu (ndlr : les services Google étant déjà très limités sur le sol chinois), la Russie aussi avec Yandex.

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L’Europe reste largement dépendante de Google, une tendance que souhaiterait inverser Qwant. Le moteur de recherche français ambitionne de devenir le "moteur souverain européen", assure son directeur Eric Leandri. Mais pour pouvoir rivaliser avec Google, Qwant a annoncé son vendredi une alliance avec Microsoft, une entreprise… américaine.

Quelles solutions pour les détenteurs des téléphones Huawei ?

Deux cas de figure existent. Les usagers possédant déjà un téléphone Huawei (ou Honor) pourront continuer à utiliser tous les services Google, comme Gmail, YouTube, ou Google Maps. Ils ne pourront pas en revanche mettre à jour leur système d’exploitation Android, en l’absence de nouvelles négociations entre Pékin et Washington.

Pour les futurs détenteurs de téléphones Huawei, une fois le délai de 90 jours de Donald Trump expiré, et avant donc l’imposition de sanctions, il leur sera impossible d’accéder au magasin d’applications de Google (le Play Store). Impossible donc d’installer les applications de Google.
Dans ce cas de figure, Huawei devrait développer, et étoffer son propre magasin d’applications, l’AppGalery. Disponible en Chine, il l’est aussi en Occident depuis 2018.

Quant au système d’exploitation, les téléphones Huawei pourraient toujours être sous la version "libre" d’Android,  ce dernier étant un logiciel "open source", racheté par Google en 2005.