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Quels sont les prénoms les plus populaires dans l'Europe francophone ?

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Les chiffres de 2018 sont tombés. On connaît désormais les prénoms les plus attribués aux nouveau-nés en France, en Belgique francophone et en Suisse romande. Décryptage.

L’INSEE vient de dévoiler ses chiffres sur les noms donnés aux nouveau-nés durant l’année 2018. Sans surprise, les prénoms Gabriel et Emma restent à la première place. La tendance est la même dans l’Europe francophone (Suisse romande et Wallonie).
 
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Que ce soit en France, en Belgique francophone ou en Suisse romande, il y a peu de changements d’une année sur l’autre. Entre un et deux prénoms sortent du classement parmi les dix plus populaires. Cette uniformité est nuancée pour les cent prénoms les plus donnés en France : moins de prénoms hébraïques, et plus de prénoms aux consonances étrangères d’origine anglo-saxonne ou bien méditerranéenne. 

Huit des dix prénoms masculins les plus en vogue se retrouvent dans le top dix des prénoms les plus attribués en France, en Wallonie et en Suisse romande.  Les prénoms Gabriel, Louis et Arthur, des prénoms dits « classiques » figurent tous dans le top dix de chaque pays. Certains prénoms font cependant figure à part. Le prénom Samuel à la dixième place en Suisse romande finit à la quarantième place en France et en Wallonie.

En Belgique, le prénom Victor (septième position) occupe une place bien plus reculée dans les autres pays (23ème en France et 51ème en Suisse). Les prénoms sont beaucoup plus diversifiés entre les pays une fois que l’on s’intéresse au top 100 : des prénoms à consonances flamandes en Belgique, et italiennes en Suisse.

Le même constat s’opère pour les prénoms féminins. Sept des dix premiers se retrouvent dans chaque pays. Il y a le succès "en –a" avec Emma, Lina, Léa, Anna, Mila, Olivia, Giulia, Sofia, Eva… qui gagnent des places dans les trois pays.  Jade et Louise continuent leur course pour la deuxième position, Jade reprend la tête et Louise tombe à la troisième place.

Le prénom comme facteur social

Aujourd’hui, les prénoms sont de plus en plus diversifiés. Le top dix des prénoms en France en 1950 représente à lui seul 38,7% des nouveaux nés, dont 7,7% pour Jean et Marie, les deux prénoms alors les plus populaires. En 2018, le top dix des prénoms représente seulement 9,7% des nouveaux nés dont 1,2% pour Gabriel et Emma, les deux prénoms vedettes. Les raisons qui expliquent ces différences sont multiples : la mondialisation et l’ouverture des frontières en font partie.
 
Part des prénoms pour les nouveau-nés selon leur classement.
Part des prénoms pour les nouveau-nés selon leur classement.
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Les origines culturelles de la population se reflètent dans les prénoms. Face à la hausse des prénoms à consonance maghrébine, le sociologue Baptiste Coulmont écrit que « pour les enfants ou petits-enfants d’immigrés d’origine maghrébine, des prénoms arabo-musulmans continuent en partie à être donnés ». Les études de Patrick Simon et Baptise Coulmont ont montré que les prénoms dits « français » donnés aux nouveau-nés sont passés de 100% en 1945 à 55% en 2005.

 
Kylian Mbappé, attaquant dans l'équipe de France (football).
Kylian Mbappé, attaquant dans l'équipe de France (football).
© Biser Todorov
Selon « Aujourd’hui en France », les prénoms se finissant en "–an" sont de plus en plus répandus. À noter que le prénom de la superstar du football Mbappé se fait de plus en plus populaire. Le nombre de nouveau-nés s’appelant Kylian a ainsi augmenté de 94% à Paris entre 2017 et 2018. La France ayant gagné la Coupe du monde, il pourrait augmenter en 2019. En Belgique et en Suisse, ce prénom figure en bas ou hors du classement.


Pour le sociologue Baptiste Coulmont, le prénom peut déterminer la classe sociale d’une personne et avoir une influence significative sur la réussite scolaire de l’enfant. Ainsi, ses travaux montrent les disparités des taux de mention « Très Bien » au bac selon la classe sociale associée au prénom. Aux résultats du bac de 2018, 25,1% des « Garance » ont obtenu une mention « Très Bien » au bac contre 4,1% des « Kévin ».

Plus qu’une formalité administrative, le prénom est un marqueur de classe sociale qui influencera l’avenir de l’enfant : son choix est important… et c’est pour toute la vie !

Sources :
Insee, Statbel, l'Office fédérale de la statistique
http://coulmont.com/
https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/29081/565.population.societes.avril2019.immigres.prenoms.france.fr.pdf