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Rapport Mueller : les possibles entraves à la justice de Donald Trump sous le feu des projecteurs

Le ministre de la Justice William Barr, en conférence de presse le 18 avril 2019 après la sortie du rapport Mueller. (AP Photo/Patrick Semansky)

Donald Trump se félicite d'être "totalement blanchi" par le rapport du procureur Mueller sur les soupçons d'entente entre son équipe de campagne électorale et le Kremlin durant l'élection présidentielle de 2016. Mais des preuves d'entrave et d'obstruction à la justice par le président Trump sont présentes dans le document. Le Congrès pourrait lancer une enquête parlementaire. 

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice" a écrit Jerry Nadler — chef de la puissante Commission judiciaire de la Chambre des représentants — après avoir lu le rapport d'enquête du procureur Mueller, expurgé de ses données confidentielles.

Jerry Nadler a donc affirmé ce jeudi 18 avril 2019 que le rapport du procureur Robert Mueller "démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe".  La Commission judiciaire de la Chambre des représentants a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires, ce qui a fait ajouter à Jerry Nadler : "Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions".

Tentative de limogeage et fausses accusation

Le procureur Mueller n'est quant à lui pas en reste non plus sur les soupçons d'entrave à la justice qui pèsent sur le président des Etats-Unis : "Si nous étions sûrs, après une enquête rigoureuse, que le président n'a clairement pas commis d'entrave à la justice, nous le dirions. Sur la base des faits et des standards légaux applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement", a-t-il déclaré. 
 

Selon le rapport, le président Donald Trump a cherché à limoger le procureur spécial Robert Mueller : le 17 juin 2017, le président américain a "ordonné" au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d'accuser Robert Mueller de "conflits d'intérêt" et de demander "sa révocation". "Don McGahn a refusé de s'y plier", écrit le procureur spécial dans son rapport.

Demande d'aide aux Russes… sans effet

Les membres de l'entourage de Donald Trump ont rencontré des Russes le 9 juin 2016 dans l'espoir qu'ils "aident" sa campagne. "L'équipe de campagne s'attendait à recevoir des informations de la Russie qui pourrait aider le candidat Trump dans son entreprise électorale", écrit le procureur spécial Robert Mueller. "Mais leurs interlocuteurs russes n'ont pas fourni de telles informations", ajoute-t-il. Trump n'a donc pas bénéficié de l'aide du Kremlin mais son équipe de campagne a quand même tenté de l'obtenir…

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer : "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice". Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. William Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Qu'est-ce que le "Russiagate" ?


Le scandale du "Russiagate" — comme l'ont nommé les médias américains — est basé sur des accusations de divers membres du parti Démocrate à l'encontre du candidat Donald Trump dès septembre 2016. Le président des Etats-Unis est soupçonné d'avoir été aidé tout au long de sa campagne électorale par la Russie, entre autres par le piratage des mails d'Hillary Clinton et du parti Démocrate. En juin 2017, une enquête est ouverte, dirigée par le procureur spécial Mueller. Une succession de rebondissements avec des mises en examen, enquête du FBI, accusations complémentaires, démissions vont émailler plus de 18 mois d'une enquête qui se conclut par l'impossibilité de prouver l'aide russe à Donald Trump. Le rapport Mueller démontre que plusieurs tentatives d'entraves à la justice ont été effectuées par le président américain pour empêcher que le procureur spécial ne sorte son rapport. 

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