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Rassemblement à l'ouverture du procès de 22 militants de Greenpeace

La centrale de Cruas-Meysse, en Ardèche
La centrale de Cruas-Meysse, en Ardèche
afp.com - PHILIPPE DESMAZES
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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées jeudi matin devant le tribunal de Privas à l'ouverture du procès de 22 militants de Greenpeace, poursuivis pour intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche).

Le procès devant le tribunal correctionnel s'est ouvert vers 09H15, sous haute surveillance policière.

Au pied des marches du palais de justice, des manifestants --300 selon Greenpeace-- proclamaient sur leurs vêtements: "dénoncer le risque nucléaire, ils l'ont fait pour moi".

Aux côtés des militants Greenpeace se trouvaient des membres d'Attac, de la Confédération paysanne ou de La France Insoumise. Juste avant l'entrée des prévenus, ils ont chacun brandi une lettre pour écrire: "A quand le procès des centrales EDF ?".

Le 28 novembre, ces 22 militants s'étaient introduits dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse afin de dénoncer selon eux des failles dans la sécurité des piscines d'entreposage du combustible usé. Ils avaient notamment laissé des empreintes peintes de mains sur un de ces bâtiments pour démontrer leur "accessibilité".

Poursuivis pour "intrusion en réunion et avec dégradation dans l'enceinte d'une installation civile abritant des matières nucléaires", ils encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

Avant le début du procès, l'avocat d'EDF a rappelé que "la zone vitale (de la centrale) n'avait pas été atteinte". C'est un point de désaccord qui sera sans doute âprement discuté à l'audience, le producteur d'électricité affirmant qu'à aucun moment la sûreté de leurs installations n'avait été compromise.

"EDF attend un jugement qui, dans sa globalité et ses motivations, souligne la gravité du comportement de Greenpeace", a déclaré Me Thibault de Montbrial, du barreau de Paris.

De son côté, Greenpeace espère une peine moins sévère qu'en Moselle fin février où, pour la première fois, des militants avaient été condamnés à de la prison ferme pour une intrusion sur le même thème à la centrale de Cattenom.

Greenpeace France est également poursuivie comme personne morale, représentée par son directeur général, Jean-François Julliard. Yannick Rousselet, responsable de la campagne nucléaire de l'ONG, comparaîtra lui pour complicité.

Avec 19 sites et 58 réacteurs, qui assurent 80% de la production d'électricité, la France est un des pays les plus équipés en centrales nucléaires dans le monde. Elle compte 63 piscines d'entreposage dans ses centrales en activité, ainsi que dans l'usine de retraitement de La Hague (Manche) et sur le site de Creys-Malville (Isère).