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Réforme des retraites en France : nouvelle journée de mobilisation et de grèves

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 Manifestants contre la réforme des retraites. Paris, France, 17 décembre 2019.

Pour la troisième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, les manifestants étaient entre 615 000 et 1,8 million dans les rues, selon les estimations. Le Premier ministre, Édouard Philippe, qui a affirmé sa "détermination totale" à mener à bien ce projet, reçoit de nouveau les syndicats ce mercredi. L'intersyndicale appelle à des actions locales le 19 et jusqu'à fin décembre. Pas de trêve de Noël. Bilan de cette journée.
 

615 000 manifestants ont défilé en France dont 76 000 à Paris, d'après le ministère français de l'Intérieur. Le syndicat CGT, en tête de la contestation, annonce avoir recensé 1,8 million de personnes dans tout le pays, dont 350 000 personnes dans la manifestation parisienne.

Le 5 décembre,  premier du conflit, 806 000 manifestants défilaient dans les rues - selon le ministère de l'Intérieur. Il ya  une semaine, la mobilisation était en net repli (339 000).

La manifestation est partie de la place de la République en direction de celle de la Nation vers 14 heures. Elle est composée de l'intersyndicale CGT, FO, Solidaires, CFE-CGC et FSU qui demande le retrait pur et simple de la réforme, en tête. Plus loin dans le cortège : la CFDT, la CFTC et l'Unsa qui réclament l'abandon de l'"âge d'équilibre" à 64 ans.

"Services publics à l'agonie, retraitez-nous bien", ou encore "Profs en grève pour un avenir plus rose", pouvait-on lire sur les pancartes dans le cortège intersyndical.  

La mobilisation contre la réforme des retraites en France a été organisée à l'appel, pour la première fois, de tous les syndicats.

Manifestations dans les régions

Dans les grandes villes de France comme Lille, Bordeaux ou encore Marseille (vidéo ci-dessous), ils ont été des milliers à battre le pavé.

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Paroles de syndicats

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a réaffirmé ce mardi avoir "toujours été pour le régime universel des retraites", mais nuance-t-il, "la CDFT veut une réforme des retraites juste et équitable". Un âge d'équilibre, "terriblement injuste" assure Laurent Berger, constitue la "ligne rouge" de la réforme du gouvernement.
 
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"Détermination totale" du Premier ministre Edouard Philippe

"Ma détermination, celle du gouvernement, celle de l'ensemble de la majorité est totale", a martelé Edouard Philippe devant les députés.

"Elle est totale sur la création de ce régime universel et sur la nécessité de faire prévaloir l'équilibre du système futur et la remise à l'équilibre du système actuel", a ajouté le chef du gouvernement.

Les syndicats sont invités ce mercredi 18 décembre par le Premier ministre pour des discussions en vue de trouver une sortie de crise avant Noël.

Retraite à points et "âge d'équilibre" en jeu

Les organisations réformistes, comme la CFDT, la CFTC, l'Unsa ou les étudiants de la Fage, sont furieuses que le Premier ministre Edouard Philippe ait maintenu une mesure "d'âge d'équilibre" dans son projet de transformation des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points.

La fixation d'un "âge d'équilibre", de 64 ans en 2027, signifie que chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant après bénéficiant au contraire d'un bonus. Il s'agit d'encourager l'allongement des cotisations pour maintenir l'équilibre financier.

L'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU) a prévu de se retrouver ce mardi soir pour décider de la suite alors que les réformistes attendent toujours une date pour une réunion à Matignon.

Pas de trêve de Noël


Les syndicats à l'origine de la mobilisation contre la réforme des retraites ont décidé mardi la poursuite du mouvement par des "actions locales le 19 et jusque fin décembre" et l'absence de trêve "jusqu'au retrait" du projet du gouvernement, selon leur communiqué commun lu à l'issue d'une intersyndicale.

"Sans réponse du gouvernement dans les heures qui viennent", les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires "décideront des suites nécessaires au-delà du mois de décembre", selon le texte, qui ne prévoit pas à ce stade de nouvelle journée d'action nationale.

La SNCF a assuré mardi qu'elle pourra transporter ce week-end tous les passagers ayant un billet dans les TGV pour le départ des congés de Noël, assure ce mardi la directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard. Mais avec des changements d'horaires dans la moitié des cas, précise-t-elle.
 

Quelque 53% des passagers auront leur train confirmé, 15% seront replacés dans un train partant le même jour, et les 32% restants devront échanger eux-mêmes leur billet pour une réservation le même jour et vers la même destination, a-t-elle détaillé.

Ces derniers jours, la région parisienne a connu des pics d'embouteillages et les transports de fortes perturbations. 

Démission de Delevoye

La veille de cette mobilisation, le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye a démissionné, fragilisé par des révélations sur des mandats non déclarés.

Nommé par la président Emmanuel Macron en septembre 2017 pour préparer la réforme des retraites, il a déclaré que la "confiance est fragilisée sous les coups d'attaques violentes et d'amalgames mensongers" et qu'à travers son "procès", on "veut porter atteinte" à un projet "essentiel pour la France".

Il sera remplacé "dans les plus brefs délais", a précisé l'Élysée, qui a accepté sa démission "avec regret".