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Remaniement en France : Christophe Castaner nommé ministre de l'Intérieur

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Sujet : K.G. Barzegar, H. Garcia (Photo : Thomas Samson, Pool via AP)

Après une semaine de flottement, le remaniement, provoqué par la démission du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a été annoncé ce mardi 16 octobre 2018. Ce dernier est remplacé par Christophe Castaner, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement. A la Culture, Franck Riester prend la place de Françoise Nyssen.

Après une longue attente, le président de la République a annoncé le remaniement du gouvernement pour constituer "une équipe renouvelée, dotée d'un second souffle, mais dont le mandat politique reste le même", selon l'Elysée.

"Cette équipe gouvernementale va inscrire son action dans la continuité de la politique menée par le gouvernement et du calendrier des réformes pour les mois à venir", a ajouté la présidence. 

Parmi les entrants : le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner, est nommé ministre de l’Intérieur pour succéder à Gérard Collomb après sa démission fracassante début octobre. 
 
C'est une promotion pour ce macroniste de la première heure, qui sera secondé par Laurent Nunez, nommé secrétaire d'Etat, à la tête de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis juillet 2017. Nommé secrétaire d’Etat, mardi 16 octobre, il aura la lourde charge de coordonner les services de police, de gendarmerie, ainsi que le renseignement, autant de maisons qu’il connaît bien.

Quant à Christophe Castaner, il est remplacé par Marc Fesneau, le président du groupe Modem à l’Assemblée nationale.
 

Un ancien Les Républicains à la Culture


Franck Riester est nommé ministre de la Culture à la place de Françoise Nyssen. La ministre, co-directrice d'Actes Sud, déjà critiquée pour son manque de charisme et une polémique sur l'agrandissement des locaux parisiens de sa maison d'édition, n’aura tenu que dix-sept mois à la tête d’un ministère où, depuis plus de dix ans, les locataires ne tiennent pas plus de deux ans. 

Son remplaçant est député du parti Agir et ancien maire de Coulommiers. L'un des premiers cadres à droite à révéler son homosexualité en 2011, il été le rapporteur des projets de loi Hadopi 1 et 2 et a occupé le poste de secrétaire national à la communication au sein de son ancien parti, Les Républicains.​

Deux femmes aux Territoires et à l'Ecologie


Emmanuelle Wargon, 47 ans, a été nommée secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Elle était depuis trois ans directrice des affaires publiques chez Danone, après vingt ans dans la haute fonction publique et l'expérience de nombreux ministères.

Cette énarque, fille unique de Lionel Stoléru, ancien ministre de Valéry Giscard d'Estaing et de François Mitterrand, devient secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy.

Elle remplace ainsi Sébastien Lecornu, qui au sein du ministère s'était vu confier plusieurs dossiers brûlants, de Fessenheim jusqu'à Bure, multipliant les déplacements sur le terrain. Ce dernier est nommé ministre chargé des collectivités territoriales.

Depuis septembre 2015, Emmanuelle Wargon était directrice générale responsabilité d'entreprise, affaires publiques et communication chez Danone, passant ainsi de la haute fonction publique au privé avant de rejoindre le gouvernement.

Diplômée d'HEC, de l'IEP de Paris et de l'ENA (même promotion que celle d'Edouard Philippe), cette haut fonctionnaire avait commencé sa carrière en 1997 comme auditrice à la Cour des comptes, avant de devenir en 2001-2002 conseillère technique auprès du ministre délégué à la Santé Bernard Kouchner (gouvernement Jospin).

En 2007-2010, elle est directrice de cabinet du Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch (gouvernement Fillon), où elle gère, entre autres, le dossier RSA.

Elle sera ensuite adjointe au DG de l'Afssaps (aujourd'hui ANSM), l'agence de sécurité des produits de santé, puis rejoindra le ministère des Affaires sociales.

Enfin cette mère de trois enfants mariée à un médecin urgentiste, deviendra en 2012 et pour trois ans déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle au ministère du Travail, un poste clé, pilotant notamment la réforme de la formation professionnelle ou encore la gestion des crédits de la politique de l'emploi.

Jacqueline Gourault est nommée à la tête d'un grand ministère des Territoires.
Une arrivée qui marque la volonté d'Emmanuel Macron de renouer avec les élus locaux après un an de crises et de ruptures.

Spécialiste des collectivités, reconnue pour ses capacités d'écoute et de dialogue, la ministre devra pacifier des relations devenues détestables avec des élus dont l'exécutif a besoin pour mettre en oeuvre les politiques publiques.

Depuis des mois, les grandes associations d'élus réclamaient un interlocuteur clairement identifié au sein du gouvernement pour se faire entendre. A la tête d'un ministère rebaptisé "de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales", Jacqueline Gourault sera épaulée par Sébastien Lecornu, un ex-LR ministre chargé des collectivités territoriales, et Julien Denormandie, un proche du président, artisan de la Loi Logement, pour la ville et le logement.

Une nouvelle donne, au terme d'un an de clashes et de crispation entre l'exécutif et les territoires : coupes dans les emplois aidés, coût exponentiel des aides sociales pour les départements, suppression de la taxe d'habitation sans que la compensation pour les communes soit clairement définie, limitation des dépenses des principales collectivités, jusqu'à la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires.

Agriculture : Travert remplacé par Guillaume

Quant au ministère de l'Agriculture, il sera piloté par Didier Guillaume. L’ancien sénateur de la Drôme, proche de Manuel Valls, remplace Stéphane Travert. Il avait pourtant annoncé en janvier son retrait de la vie politique pour prendre la tête du comité d'organisation chargé de piloter la Coupe du monde 2023 de rugby, avant de renoncer et de revenir au Sénat, au sein du groupe du Rassemblement démocratique et social européen.

Après l’arrivée d’Olivier Dussopt à Bercy en 2017, c’est le deuxième ancien parlementaire socialiste qui entre au gouvernement d’Edouard Philippe en un an. 

L'analyse politique de Laurent Bazin : 
 
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