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Rencontre : David Saint-Jacques, un Québécois (bientôt) dans l'espace

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Reportage : C. François, E. Bruyère, J. Burles, L. Royer
© TV5MONDE / Radio Canada

Il a les yeux aussi bleus que sa combinaison d’astronaute. Derrière le sourire un brin timide et une poignée de main ferme se cache un homme aux aptitudes pour le moins extraordinaires : ingénieur, astrophysicien et médecin, polyglotte, pilote et plongeur qualifié, David Saint-Jacques, 48 ans, va s’envoler dans l’espace en novembre prochain. Une mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale que le Québécois prépare intensivement depuis 18 mois. Catherine François est allée le rencontrer à la NASA à Houston. 

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Il était tout petit que déjà l’espace le faisait rêver. Ne à Québec en 1970, David Saint-Jacques a grandi à st-Lambert, banlieue chic de la Rive-Sud du fleuve St-Laurent, juste en face de Montréal, avec ses deux frères, un papa prof de physique et une maman prof d’histoire et de littérature.
Après un diplôme d’ingénieur, il obtient un doctorat en astrophysique et travaille comme astronome. Mais cet homme est aussi un humaniste qui veut être utile aux autres : il se consacre alors à la médecine et va pratiquer pendant des années comme généraliste dans le grand nord québécois, chez les Inuits. Une expérience qui l’a marquée.

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Mais l’appel des étoiles se fait sentir quand il apprend que l’Agence spatiale canadienne recherche des astronautes. Il se lance alors dans ce nouveau défi : pendant un an, il est testé sous toutes les coutures : intellectuellement, physiquement, mentalement, médicalement. On évalue aussi sa capacité à communiquer, à gérer le stress, ses aptitudes de pilotes. On passe au scanner sa personnalité, pas un pouce carré de son être n’est épargné. Mais l’Agence spatiale canadienne comprend qu’elle a à faire à un être d’exception : elle l’engage en 2009. David Saint-Jacques devient officiellement astronaute en 2011. Et c’est en mai 2016 qu’il apprend qu’il a été sélectionné pour la mission spatiale 58/59 qui va décoller en novembre prochain. Et depuis, il se prépare...

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Se préparer à tout... même au pire


Dès l’été 2016, cet entraînement intensif l’amène partout dans le monde : en Russie, d’où il va décoller à bord de la fusée Soyouz, en Europe, au Japon, au Canada et bien sûr à la NASA à Houston, sorte de pouponnière d’astronautes - 110 astronautes y sont actuellement intégrés.

Cet entraînement exigeant n'est pas sans une certaine forme de sacrifice : l'acceptation de mettre entre parenthèse sa vie privée : marié et père de trois jeunes enfants, David Saint-Jacques trouve que c'est ce qu'il y a de plus difficile à vivre dans sa vie d'astronaute : être plus souvent qu'autrement éloigné de sa famille. C'est le prix à payer pour vivre cette expérience hors du commun qu'un séjour dans l'espace. Et l’astronaute se dit extrêmement stimulé par ce milieu : « Ce que je préfère c'est de loin les gens avec qui je travaille. Le milieu spatial à cette propension à attirer des gens motivés, doués, qui sont prêts à tout faire pour l'équipe, pour le projet et chaque jour c'est une grande joie, de se retrouver comme ça dans ce milieu où il y a tellement de détermination à accomplir l'impossible et c'est ce qu'on fait et on a cette fierté d'accomplir quelque chose d'impossible ensemble, c'est vraiment pousser l'humanité à un autre niveau. »

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Deux jours à Houston

Pendant deux jours, des médias canadiens ont pu le suivre dans ses différentes activités à la NASA à Houston et je peux vous dire que la vie d’un astronaute est intense : formation technique sur la modulation de la température au sein de la station spatiale internationale, petit cours sur comment faire des prélèvements d’échantillons biologiques - prises de sang et autres – en état d’apesanteur, formation sur les mesures d’auto sauvetage durant une sortie dans l’espace, exercices de réalité virtuelle de sortie dans l’espace ou de maniement du « bras canadien » - celui qui attrape les vaisseaux de ravitaillement. Sans oublier l'épreuve de la plongée en piscine, dans sa combinaison d'astronaute : il passe six heures et demi sous l'eau en y effectuant toute sorte d'opérations afin de reproduire le plus exactement possible les conditions qu'il va rencontrer quand il sortira dans l'espace.


Ce que je souhaite le plus c'est d'être prêt, d'avoir les procédures sur le bout des doigts et de contribuer à une atmosphère d'équipe positive, que tout cela soit une bonne expérience humaine… Comme on dit, la plus grande marque de succès d'une mission spatiale, c'est si on a envie d'y retourner.

David Saint-Jacques

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Six mois dans l’espace

David Saint-Jacques est le troisième canadien à s’envoler dans l’espace pour une mission de longue durée après Robert Thirsk et Chris Hadfield,  qui a marqué son passage au-dessus de nos têtes en interprétant Space Oditty de David Bowie avec sa guitare de la station spatiale internationale ( à ce sujet, l’astronaute québécois nous promet lui aussi une surprise quand il sera dans l’espace).

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Six mois donc dans la station spatiale internationale à mener toutes sortes d’expériences scientifiques, exécuter des travaux de robotique pour lesquels il est hautement qualifié, faire des sorties dans l’espace mais aussi assurer le suivi médical des locataires de la station spatiale - il sera le médecin de cette mission.

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Départ anticipé ?

David Saint-Jacques pourrait au demeurant partir plus tôt : il a été désigné comme remplaçant  de l’astronaute co-pilote qui doit décoller en juin du Kazakhstan si jamais ce dernier ne peut pas partir pour une raison ou pour une autre. Une éventualité à laquelle il se prépare. David Saint-Jacques est prêt, quoiqu’il en soit, pour sa grande aventure spatiale…Et c’est tout le Canada qui sera à ses côtés !