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Réseaux sociaux : quelles alternatives au Twitter d’Elon Musk ?

Des gens marchent devant le siège de Twitter à San Francisco, le vendredi 4 novembre 2022.
Des gens marchent devant le siège de Twitter à San Francisco, le vendredi 4 novembre 2022.
AP Photo/Jeff Chiu

Les déboires auxquels est confronté le réseau social Twitter, depuis son rachat par Elon Musk pour 44 milliards de dollars, ont poussé de nombreux utilisateurs à réfléchir à des alternatives. Tour d'horizon de ces plateformes prêtes à accueillir les déçus du petit oiseau bleu.

Le rachat de Twitter par Elon Musk et la direction qu’il est en train de donner au réseau social ont fait fuir un certain nombre, pour le moment difficile à estimer (l'AFP parle de milliers), d’utilisateurs. La plateforme californienne est également confrontée à des départs en cascade en interne, suite à des menaces du milliardaire mais aussi à des licenciements massifs et inopinés.

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Si certains évoquaient un possible de"crash" ce weekend, il est difficile de penser que la plateforme californienne va disparaître du jour au lendemain. Il existe toutefois des alternatives au réseau social.

(Re)lire : Le destin de Twitter en question après l'ultimatum d'Elon Musk

Mastodon, le mammouth prêt à engloutir l’oiseau bleu ? 

Logo de Mastodon.

Le réseau social, fondé en 2016 est sûrement l’alternative qui se rapproche le plus de Twitter. Ici, l’oiseau bleu est remplacé par un mammouth et les tweets par des "pouets". 

La plateforme propose d'écrire et de partager des messages jusqu'à 500 caractères, contre 280 sur Twitter. 

Mastodon fonctionne à travers différents serveurs interconnectés, appelés "instances". Il faut donc choisir le serveur auquel l’on souhaite être rattaché lorsque l’on veut créer un compte. 

La différence la plus notable se situe dans ce fonctionnement, car la modération des contenus, dépend de l'instance à laquelle on se connecte. Si les règles de Twitter et sa modération sont générales, Mastodon propose une plateforme décentralisée. Donc tout le monde peut y créer son propre serveur et l'administrer comme bon lui semble.

L’ensemble de ces serveurs forment un collectif de communautés interconnectées surnommé le "Fediverse". Les gens peuvent rejoindre un serveur qui correspond à leurs intérêts et aux normes auxquelles ils souhaitent tous adhérer. Ils peuvent également se connecter avec les utilisateurs d’autres serveurs ou, au contraire, bloquer complètement tout contenu provenant d’un serveur précis.
La politique se résume donc à privilégier l'intelligence collective à l'intelligence artificielle.

L’autre point de différence, qui suscite des interrogations concerne la confidentialité. Les échange ne sont pas chiffrés de bout en bout et les administrateurs peuvent avoir accès aux messages privés, ou encore aux mots de passe.

Le réseau social connaît, en tout cas, un petit succès. Ces dernières semaines, quelques 800 000 personnes s’y seraient inscrites, selon son fondateur Eugen Rochko. "Nous présentons une vision des médias sociaux qui ne peut être achetée et détenue par aucun milliardaire. Votre capacité à communiquer en ligne ne doit pas dépendre d’une seule société commerciale !" a d'ailleurs souligné Mastodon... sur Twitter.
Le mammouth se positionne donc en leader de la contestation à la politique d’Elon Musk et se tient prêt à engloutir l’oiseau bleu. 

Diaspora, le petit Mastodon

Logo de Diaspora.

Créé en 2010, Diaspora ressemble fortement à Twitter. Hashtags, mention, partage ou like, tout y est. Néanmoins, ici, pas de limite de caractères.

Comme Mastodon, la plateforme se revendique comme étant décentralisée et sans publicités. Les "instances" sont remplacées par des "pods", mais le système reste le même : les utilisateurs doivent, dès leur inscription, créer un "Pod" avec ses propres règles de confidentialité et de modération pour interagir avec d'autres usagers. 
La différence avec Mastodon est que sur Diaspora, les données restent la propriété de l’utilisateur.

CounterSocial : Twitter, mais en mieux ? 

Logo de CounterSocial.

Si le réseau social fondé en 2017 s’est inspiré du code open-source de Mastodon, sa politique en prend presque le contrepied. Ici, "pas de trolls, pas d’abus, pas de publicités, pas de désinformation, pas d'opérations d'influence étrangère.".

La promesse d’une modération stricte donc, notamment lorsqu’il s’agit de contenus politiques. Une différence qui fait dire au média américain Onlysky, dans un article, que CounterSocial "n'est pas le nouveau Twitter, mais quelque chose de bien mieux"

Le reste du temps, la modération serait assez similaire à celle de Twitter. Comme Mastodon, il est possible de publier des messages de 500 caractères. On peut y suivre des comptes et "booster" des messages, fonction qui remplace le "retweet", et échanger en privé. 

Gab et Truth Social : à (l’extrême) droite toute

Logo de Gab.

Lancé en 2017, Gab est une plateforme qui compte près de 3 millions d’utilisateurs. La récente fermeture de Twitter a attiré de nouveaux internautes. Son fonctionnement mêle celui de Twitter et de Facebook : des publications limitées en nombre de caractères, la possibilité de suivre des utilisateurs, de faire des recherches via des hashtags, de créer et de rejoindre des groupes. L’interface de Gab est d’ailleurs très proche de celle de Facebook.

Cependant, ce qui attire les utilisateurs chez le réseau à la tête de grenouille, (peut-être en référence à Pepe, cette grenouille devenue symbole de l'extrême droite pendant la campagne présidentielle américaine de 2016) c’est la quasi absence de modération. Cela occasionne sa fréquentation par des sympathisants des courants d’extrême-droite.
Robert Bowers, l’auteur de la tuerie qui a fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh (Pennsylvanie) samedi 27 octobre 2018, était un utilisateur régulier de Gab.

Un certain nombre d'utilisateurs bannis de Twitter rejoignent la plateforme texane. Lors de la création de Gab, son fondateur Andrew Torba affichait clairement son ambition politique : "Il est temps qu’un leader conservateur intervienne et offre un forum où n’importe qui pourrait venir et parler librement sans avoir peur de la censure", avait-il déclaré.

Dans la même catégorie, on peut ajouter Truth Social. Le réseau social est, lui aussi, très tourné vers la droite et l'extrême droite. Il avait été lancé par l’ancien président Donald Trump après son exclusion de Twitter, réseau social dont il a repris quasiment tous les codes.

Bluesky : l’avenir ? 

Capture d'écran du site blueskyweb.org

Le projet est né en 2019. Il a été initié par… Jack Dorsey, co-fondateur de Twitter, alors qu’il était encore à la tête de la plateforme californienne. D’ailleurs, Twitter a financé Bluesky, à hauteur de 13 millions de dollars.

Avec Bluesky, Jack Dorsey souhaite proposer un réseau social,  là aussi, "ouvert et décentralisé", permettant à différents réseaux de pouvoir interagir entre eux, tout en respectant un protocole commun. De cette façon, quiconque pourra développer son propre réseau avec ses règles de modération et son algorithme. 

Au coeur du fonctionnement de Bluesky, le contrôle de l’algorithme. Sur leur blog, les responsables du projet indiquent que l’utilisateur aura un identifiant global lui permettant de se connecter aux différentes plateformes de son choix.
Il pourra également contrôler l’algorithme. Si on n’en sait,  pour le moment pas plus, la note de blog indique que "comme avec les moteurs de recherche, les utilisateurs sont libres de sélectionner la manière dont les informations sont indexées".

Un offre qui plait puisque si la plateforme n’est pas encore effective, en octobre dernier, alors qu’Elon Musk rachetait Twitter pour 44 milliards de dollars, Bluesky annonçait l'ouverture d'une liste d'attente pour tester la version bêta du projet. En moins de 48h, 30 000 personnes s’y sont inscrites.

Si la version bêta devrait voir le jour prochainement, pour le moment, aucune date de lancement n’a été communiquée par les responsables du projet Bluesky.