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Roumanie : Junker doute de l'aptitude du pays à diriger l'Union européenne

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Le premier janvier, la Roumanie prendra la présidence tournante de l'Union européenne. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission se montre pessimiste face à un Etat trop souvent défaillant et rongé par la corruption. Illustrations dans le milieu hospitalier.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exprimé ce samedi 29 décembre 2018 ses doutes sur l'aptitude de la Roumanie à assumer, pour la première fois, la présidence de l'Union européenne, dont elle doit prendre les rênes pendant six mois dès janvier.

Si ce pays est "techniquement bien préparé" à piloter l'UE, M. Juncker a cependant estimé que "le gouvernement de Bucarest n'a pas encore pleinement compris ce que signifie présider les pays de l'UE", dans un entretien paru samedi dans le quotidien allemand die Welt.

"L'action prudente exige aussi la volonté d'être à l'écoute des autres et la ferme volonté de mettre ses propres préoccupations au second plan. J'ai quelques doutes à ce sujet", a-t-il poursuivi. Il a également émis des réserves quant à la capacité de la Roumanie, confrontée à de vives tensions politiques nationales, à apparaître comme une "unité compacte" en Europe.

Ce pays prendra le 1er janvier la présidence tournante de l'UE pour la première fois depuis son adhésion en 2007, succédant à l'Autriche. Or, cela fait plusieurs mois que les institutions européennes sont devenues la cible de la majorité de gauche au pouvoir en Roumanie qui n'a de cesse de dénoncer une Union "inique" déniant au pays le "droit d'avoir ses propres opinions", selon les termes du chef du parti-social démocrate (PSD) au pouvoir, Liviu Dragnea.

Ces tensions avec Bruxelles ont été exacerbées en raison de la volonté du pouvoir roumain d'imposer une vaste refonte du système judiciaire pour corriger les "abus" des magistrats. L'UE estime pour sa part que cette réforme saperait la lutte contre la corruption, un mal endémique dont souffre ce pays.

La Roumanie aura en outre du mal à parler d'une seule voix car elle connaît une cohabitation explosive entre la majorité de gauche et le président de centre droit Klaus Iohannis. Ce dernier, un pro-européen convaincu, représente son pays au Conseil européen.

Roumanie : face à la carence de l'Etat, les citoyens construsient eux-mêmes un hôpital

Il y a un an, choquée par les carences des hopitaux publics pour les enfants souffrant de cancer une économiste se lance un pari : faire un appel à dons afin de construire à Bucarest un hôpital oncologique pour les enfants.

Le résultat est inespéré : en 3 semaines, 4 millions d'euros seront récoltés. Aujourd'hui, les ouvriers sont à pieds d'oeuvre sur le chantier de ce qui sera le premier hopital financé exclusivement sur des fonds privés. Un camouflet dans un pays rongé par la corruption. Les autorités avaient promis en 2014 de construire 4 hopitaux. Le lancement vient d'être repoussé à 2022.

Des fonds de l'Union européenne ont été débloqués mais le gouvernement social-démocrate estime qu'il est plus rentable de faire appel à des partenariats public-privé : une manière d 'échapper au controle de Bruxelles sur l'utilisation des fonds.

Pourtant, Bucarest s'était battu pour obtenir de l'UE davantage de fonds de cohésion, jugeant insuffisant les 22,5 milliards d'euros prévus pour la période 2014-2020. A 2 ans de la fin de l'exercice, 3,1 milliards auraient été dépensés. Et beaucoup se demandent à quoi va servir le reste...