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Roumanie : la bibliothèque francophone de Galati à l'agonie

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Reportage Aline Fontaine - TV5MONDE

Galati, la sixième ville de Roumanie, n'a ni consulat ni alliance française. Le vivier de la francophonie, c'est une bibliothèque créée par une passionnée, la seule bibliothèque privée du pays. Elle est aujourd'hui menacée par des soucis financiers. Reportage.

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L'histoire de la bibliothèque de Galati avait pourtant bien commencé. En 2000, la bibliothécaire d'un collège, croulant sous les livres, décide d'ouvrir un lieu consacré à sa passion. La fondation Eugène Ionesco et la bibliothèque éponyme est née, devenant la seule privée du pays, puisque les autres appartiennent toutes au réseau des Instituts français. 

Depuis l'an 2000, près de 8500 lecteurs francophiles trouvent refuge dans cette bibliothèque francophone du sud-est du pays. En tout, elle recèle plus de 16 000 livres, CD et DVD pour la plupart donnés. Dorina Moisa, qui en est la gardienne depuis 17 ans, est particulièrement fière de son fonds de théâtre : "... qui est très riche, comme le patron de la bibliothèque est Eugène Ionesco."

Du point de vue didactique, c'est le paradis.
Rodica Bîră, professeur de français

Ce lieu n'est pas une simple bibliothèque. La deuxième salle accueille des expositions, des concerts. Les 250 professeurs de français du département y animent aussi des ateliers avec leurs élèves. “Nous avons beaucoup d'élèves qui se dirigent vers des études à l'étranger, dans des pays francophones... Ils viennent ici emprunter des livres. Du point de vue didactique, c'est le paradis,” explique Rodica Bîră, professeur de français.

Mais la belle histoire est en train de tourner au cauchemar. Car les donations venues d'une association de Pessac, ville jumelée avec Galati, et de particuliers roumains ne suffisent plus. “On a 2000 € pour assurer deux mois de fonctionnement, et c'est tout. Il faut mettre à jour le fonds et c'est très cher car nos lecteurs cherchent des livres très actuels,” explique Dorina Moisa.

Les membres fondateurs de la bibliothèque espèrent qu'une solution sera trouvée au niveau local. “Il faudrait accorder des subventions pour l'entretien, pour le chauffage. Je ne sais pas ce que ça va donner avec ce jumelage, car il y a des promesses de la part des gens de Pessac comme des autorités locales de faire un arrangement pour que la bibliothèque puisse continuer son activité", explique Nicolae Taftă, président de la Fondation Eugène Ionesco.

Sinon, les 8500 abonnés de la bibliothèque devront parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver une source à même d'étancher leur soif de lecture française.