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Royaume-Uni : Liz Truss en difficulté après des annonces controversées sur une baisse massive des impôts

La Première ministre britannique Liz Truss est en train de sortir de son domicile officiel du 10, Downing Street. Londres, Royaume-Uni - 1er octobre 2022.
La Première ministre britannique Liz Truss est en train de sortir de son domicile officiel du 10, Downing Street. Londres, Royaume-Uni - 1er octobre 2022.
AP/Alberto Pezzali

La Première ministre britannique s’est exprimée dimanche 2 octobre sur les antennes de la BBC. La dirigeante conservatrice a reconnu  qu'elle aurait dû "mieux préparer le terrain" avant d'annoncer la semaine dernière des baisses d'impôts massives. Ces mesures ont affolé les marchés financiers et créé des tensions au sein des Tories.

Reconnaissant des erreurs de communication après que ses annonces budgétaires ont viré au fiasco financier en pleine crise du coût de la vie, Liz Truss a défendu ce dimanche 2 octobre sa politique controversée de baisses d'impôts massives.

"Je m'en tiens toujours au plan que nous avons annoncé et je maintiens que nous l'avons annoncé rapidement car nous devions agir, mais je reconnais que nous aurions dû mieux préparer le terrain". 

C’est en ces termes que la Première ministre britannique Liz Truss a expliqué, dimanche 2 octobre sur la BBC, être vraisemblablement dans l’incapacité de procéder immédiatement à une baisse massive d’impôts dans le pays. Contrairement à ce qu’avait affirmé la locataire du 10, Downing Street la semaine dernière. 

Désaccord chez les Tories 

Plusieurs députés conservateurs, notamment les soutiens de Rishi Sunak -son rival lors de la campagne pour la tête du parti- s’étaient dits stupéfaits après le plan de baisses d'impôts massives dévoilé la semaine dernière par la dirigeante et par son ministre des Finances Kwasi Kwarteng. 

"Au moment où les gens souffrent et s'inquiètent pour leurs prêts et le montant de leurs allocations, avoir pour principale mesure fiscale la réduction de l'impôt pour les plus riches, c'est mettre en avant des mauvaises valeurs", a par exemple affirmé le député conservateurs Michael Gove, également sur la BBC. "Je ne pense pas que ce soit une bonne chose", a-t-il ajouté dimanche quand on lui a demandé s'il voterait pour ce budget au Parlement.

L'annonce a fait s'affoler les marchés, la livre sterling a dégringolé à un plus bas historique, le Fonds monétaire international a critiqué le projet et la banque centrale a dû intervenir en urgence pour calmer le jeu.
 

Une popularité en chute libre

Nommée Première ministre le 6 septembre, les premières semaines de Liz Truss à Downing Street ont été difficiles. Sa mandature a d'abord été marquée par le décès de la reine Elizabeth II. Une série d’annonces budgétaires qui ont viré au fiasco financier en pleine crise du coût de la vie sont ensuite venues la fragiliser. 

En poste depuis moins d'un mois, Liz Truss connaît déjà de nombreuses difficultés. Selon un sondage de l'institut YouGov publié vendredi 30 septembre, Plus de la moitié des Britanniques estiment que la Première ministre devrait démissionner. 
La nouvelle Première ministre britannique, Liz Truss, arrive pour prononcer son discours devant le 10 Downing Street, à Londres, le mardi 6 septembre 2022.
La nouvelle Première ministre britannique, Liz Truss, arrive pour prononcer son discours devant le 10 Downing Street, à Londres, le mardi 6 septembre 2022.
AP Photo/Kirsty Wigglesworth
Dans le détail, parmi les électeurs conservateurs, ils sont 36% à penser qu'elle devrait quitter son poste. Par ailleurs, 54% des Britanniques sont en faveur d'un départ du ministre des Finances Kwasi Kwarteng (41% des électeurs conservateurs).

La Première ministre doit participer dès dimanche 2 octobre au congrès annuel du parti conservateur, qui se tient à Birmingham. L'ambiance s'y annonce morose. Selon la presse britannique, les lettres de défiance affluent déjà contre la nouvelle dirigeante.