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Russie : le Mondial plombé par les crises diplomatiques

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Antoine Delpierre @TV5Monde

Trois mois avant d'héberger la Coupe du monde de football, la Russie cumule les conflits diplomatiques avec l'Occident. Cinq dossiers majeurs pourraient jeter une ombre sur le tournoi.
 

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Déjà privée de Jeux Olympiques en Corée du Sud et empétrée dans les scandales de dopage dans l'athlétisme, la Russie peut-elle rebondir avec le ballon rond  ?
Pas sûr, car à moins de 100 jours du coup d'envoi, les dossiers épineux s'entassent sur les bureaux du Kremlin.

Le plus récent concerne l'ex-espion Serguei Skripal empoisonné à Salisbury.

Une preuve de l'implication des services secrets russes pourrait provoquer le forfait des Anglais.

Selon ce qui ressort de l'enquête, il serait peut-être approprié que le gouvernement examine si les ministres et autres dignitaires doivent ou non assister à la Coupe du monde en Russie.
Theresa May Première ministre britannique

Crispées avec Londres, les relations de la Russie le sont tout autant avec le reste de l'Occident. De l'Ukraine et l'annexion de la Crimée au sortir des JO de Sotchi, il y a 4 ans, jusqu'à son soutien indéfectible au régime de Bachar El Assad en Syrie, Moscou est progressivement sorti du banc de touche pour devenir un avant-centre incontournable du terrain diplomatique

Je m'en contrefiche. Je m'en moque éperdument parce qu'ils ne représentent pas l'intérêt de la Russie. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie

Mais son interférence supposée dans la présidentielle américaine de 2016 et d'autres scrutins en Europe pourrait valoir à Vladimir Poutine un coup de crampon des pays occidentaux. Même si pour l'heure le président russe joue le match nul :

Question de Megyn Kelly, journaliste américaine pour NBC News :

"Treize ressortissants et trois compagnies russes ont interféré dans nos élections, n'est-ce pas un problème pour vous ?"

Réponse de Vladimir Poutine,  Président de la Fédération de Russie :

"Je m'en contrefiche. Je m'en moque éperdument parce qu'ils ne représentent pas l'intérêt de la Russie. Peut-être ne sont-ils même pas Russes mais Ukrainiens, Tatars ou Juifs avec la nationalité russe. Peut-être ont-ils une double nationalité, peut-être ont-ils été financés par les Etats-Unis ? Comment le sauriez-vous ? Moi, je l'ignore aussi."

Sa probable réelection dimanche prochain à la tête de la Fédération ne devrait guère changer l'approche de ces fâcheux dossiers diplomatiques. 

Une seule certitude en matière de relations internationales, Vladimir Poutine a déjà montré qu'il savait jongler à domicile comme à l'extérieur.

Les sujets qui fâchent l'Occident

* l'implication éventuelle - mais jusqu'ici non prouvée- des services secrets russes dans la tentative d'assassinat de Sergueï Skripal, ex-espion russe réfugié au Royaume-Uni.

* l'ingérence russe dans la dernière élection présidentielle américaine. L'enquête est toujours en cours.

* la révélation d'un vaste système de dopage des athlètes russes qui a conduit à de nombreuses exclusions des compétitions. La dernière étant les JO d'hiver 2018.

* le soutien militaire au régime syrien de Bachar el-Assad.

* l'annexion de la Crimée et le soutien militaire aux séparatistes de l'Est de l'Ukraine à partir de 2014 qui ont provoqué des sanctions de la part de l'Union Européenne et des Etats-Unis.