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Sahara occidental : la Tunisie et le Maroc rappellent leurs ambassadeurs respectifs

Une manifestante du front Polisario brandit un drapeau "Sahara libre" et milite pour l'autonomie du Sahara occidental. Logrono, Espagne - 8 juin 2021.
Une manifestante du front Polisario brandit un drapeau "Sahara libre" et milite pour l'autonomie du Sahara occidental. Logrono, Espagne - 8 juin 2021.
Présidence de la Tunisie

La Tunisie a annoncé samedi le rappel de son ambassadeur au Maroc, au lendemain d'une décision similaire décidée par les autorités marocaines. Rabat fustige l'accueil à Tunis de Brahim Ghali, chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

En annonçant à son tour le rappel de son ambassadeur, Tunis a assuré avoir "maintenu sa totale neutralité sur la question du Sahara occidental dans le respect de la légitimité internationale". La Tunisie prône notamment une "solution pacifique et acceptable par tous".

"La Tunisie respecte les résolutions des Nations Unies et celle de l'Union africaine", a précisé le ministère des Affaires étrangères tunisien.

Le président Kais Saied accueille en personne Brahim Ghali 

Le chef du Polisario, Brahim Ghali, a été accueilli vendredi 26 août à sa descente d'avion par le président tunisien Kais Saied. Un protocole officiel réservé à tous les présidents et chefs de gouvernement venus assister au sommet Japon-Afrique (Ticad). Les deux hommes se sont ensuite entretenus dans le salon présidentiel de l'aéroport.

Cet accueil protocolaire a déclenché la colère du Maroc. Selon Rabat, il s'agit  d’un “acte grave et inédit, qui heurte profondément les sentiments du peuple marocain". Le Maroc estime que la Tunisie a invité "unilatéralement" M. Ghali au sommet "contre l'avis du Japon et en violation du processus de préparation".
Dans la foulée, le royaume a ordonné le rappel de son ambassadeur à Tunis “pour consultation”. Dans un communiqué, Rabat annonce aussi que sa participation au sommet est annulée. Le président de l’Union africaine Macky Sall a dit "regretter l'absence du Maroc faute de consensus sur une question de représentation", espérant que "ce problème trouvera une solution".
 

Vers une recrudescence des tensions autour du Sahara occidental ? 

La question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole considérée comme un "territoire non autonome" par l'ONU, oppose depuis des décennies le Maroc au Polisario, soutenu par l'Algérie voisine.

Brahim Ghali est le président de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD), autoproclamée par le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du du Sahara occidental. Cette zone est contrôlée à près de 80% par le Maroc. 
 
TV5MONDE
Contrairement à ce qui a été dit dans la déclaration marocaine", la RASD avait reçu une "invitation directe" du président de la Commission africaine, défend le ministère des Affaires étrangères tunisien.