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Sahel : le président Macron annonce la fin de l'opération Barkhane

Des soldats français de la force Barkhane quittent leur base de Gao au Mali, le 9 juin 2021.  (AP Photo/Jerome Delay)
Des soldats français de la force Barkhane quittent leur base de Gao au Mali, le 9 juin 2021.  (AP Photo/Jerome Delay)

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi une "transformation profonde" de la présence militaire française au Sahel, et la mise en place d'une alliance internationale antidjihadiste dans la région. C'est la fin prochaine de l'opération Barkhane lancée depuis 2014.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi, "à l'issue de consultations" une "transformation profonde" de la présence militaire française au Sahel, la "fin de l'opération Barkhane en tant qu'opération extérieure" et la mise en aplace d'une alliance internationale antijihadiste dans la région.

Les modalités exactes et le calendrier de cette transformation seront présentés très prochainement. 

Fin de Barkhane : "La sécurité au Sahel n'est plus uniquement l'affaire de la France mais celle de la communauté internationale", analyse Serge Daniel

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Fermeture de bases françaises et priorité aux forces spéciales

"La présence durable dans le cadre d'opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l'Etat et des services de l'Etat à la stabilité politique et au choix des Etats souverains", a également déclaré le président de la République.

La "transformation" de l'opération Barkhane au Sahel va passer par la fermeture de bases de l'armée française et par la priorité donnée à la lutte contre les djihadistes par les forces spéciales, a annoncé jeudi Emmanuel Macron.

La lutte contre le terrorisme sera faite "avec des forces spéciales structurées autour de (l'opération) Takuba avec évidemment une forte composante française - avec encore plusieurs centaines de soldats - et des forces africaines, européennes, internationales", qui "aura vocation à faire des interventions strictement de lutte contre le terrorisme", a précisé le président français au cours d'une conférence de presse.

Forte de plus de 5000 hommes, l'opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014 et a son quartier est basée à N'Djamenah, la capitale du Tchad.

(Re)voir : Sahel : vers la fin inéluctable de la force française Barkhane

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Reprise de la coopération militaire avec le Mali sous conditions

L'annonce intervient une semaine après celle, le 3 juin, par le ministère des Armées de la fin des opérations militaires conjointes avec les forces maliennes.

Le président français Emmanuel Macron a posé jeudi comme condition à la reprise des opérations militaires mixtes avec les forces maliennes des engagements "clairs" des autorités de transition à ne pas dialoguer avec les jihadistes.

"On ne peut pas souffrir l'ambiguïté. On ne peut pas mener des opérations conjointes avec des pouvoirs qui décident de discuter avec des groupes qui, à côté de cela, tirent sur nos enfants", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Pas de dialogue et de compromission", a-t-il ajouté alors que la France a suspendu ses opérations conjointes après le récent coup d'Etat au Mali.

(Re)lire Mali : "Les négociations avec les djihadistes sont au cœur du désaccord franco-malien"

(Re)voir Sahel : pourquoi la fin du dispositif Barkhane maintenant ? L'analyse de Serge Daniel

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Le président Macron déplore la reconnaissance du colonel Assimi Goïta par la Cédéao

Le président français Emmanuel Macron a déploré jeudi que la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ait "reconnu" le colonel Assimi Goïta comme président de la transition au Mali, après un deuxième putsch, y voyant une "mauvaise jurisprudence" pour l'Afrique et une "erreur".

"La décision que la Cédéao a prise de reconnaître un putschiste militaire six mois après lui avoir refusé ce droit crée une mauvaise jurisprudence pour les Africains eux-mêmes (...) pour la Cédéao elle-même et par le précédent que cela crée chez beaucoup de voisins", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

(Re)voir Mali : les nouvelles autorités rassurent la Cédéao, correspondance de Kaourou Magassa à Bamako

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