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Sonde InSight : Le sismomètre SEIS écoute enfin « battre le cœur » de Mars

Le sismomètre SEIS de la sonde InSight a été testé avec succès sur la planète Mars. © NASA / JPL Caltech 2018
Le sismomètre SEIS de la sonde InSight a été testé avec succès sur la planète Mars. © NASA / JPL Caltech 2018

En décembre 2018, la sonde InSight lancée par la NASA sur la planète Mars déployait un sismomètre français : le SEIS. L’appareil qui doit « écouter battre le cœur » de la planète rouge fonctionne désormais et promet de grandes découvertes.

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« C’est une grande prouesse technique » explique, enthousiaste, Philippe Lognonné, géophysicien à l’Institut physique du Globe de Paris, qui suit les premiers pas de son « bébé » depuis le NASA Jet Propulsion Laboratory, le centre de recherche de l’agence spatiale américaine à Pasadena en Californie. 

Le responsable scientifique du SEIS, le Seismic Experiment for Interior structure, se félicite des premiers succès de ce sismomètre hypersensible de fabrication française, l’instrument clé de la mission InSight. Cet appareil couramment utilisé sur Terre pour mesurer les moindres vibrations de la planète a dû être adapté aux conditions extrêmes de la planète rouge.

Les trois capteurs large bande du SEIS, enfermés dans une sphère de titane où règne le vide, ont commencé à enregistrer les faibles mouvements du sol martien. Ces mouvements sont provoqués par les ondes de choc des météorites et les séismes, détaille le Centre national d’études spatiales (CNES) dans un communiqué.

Les données relevées permettront de dessiner la première « carte » en trois dimensions de l’intérieur de la planète rouge et de mieux comprendre à terme, comment Mars et les autres planètes rocheuses se sont formées il y a des milliards d’années.

Prochaine étape : le bouclier


Dans les prochains jours, le SEIS doit encore être équipé d’un bouclier de protection contre le vent et les variations thermiques : « une sorte de petit igloo dans lequel il fera beaucoup moins froid, en sachant que la nuit la température sur Mars atteint -90 degrés Celsius, souligne Philippe Lognonné. Il fait si froid que sans cela la sonde ne peut travailler la nuit. « L’igloo » permettra de remonter la température entre -45 et -65 degrés pour travailler jour et nuit. »

Il s’agit d’une première mondiale sur Mars. Et il faut remonter à décembre 1972 et à la mission Apollo 17 pour retrouver un instrument de mesure similaire sur un astre autre que la Terre. L’astronaute et géophysicien américain Harrison Schmitt avait alors déployé sur la Lune le gravimètre ALSEP.


Retrouvez l'intégralité de l'entretien avec Philippe Lognonné, invité du journal de TV5MONDE : 

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Avec le SEIS déposé sur Mars grâce à la sonde InSight, il s’agit aussi d’une coopération internationale « gagnant-gagnant » souligne Jean-Yves Le Gall, le président du CNES. La technologie française qui représente une centaine de millions d’euros d’investissements, avec des partenariats allemands, suisses, anglais et américains, n’aurait pu se déployer sur la planète rouge sans la mission américaine InSight d’un coût de 993 millions de dollars.

Pour les chercheurs enfin, c’est aussi « la concrétisation de rêves qui bercent beaucoup de jeunes physiciens, géophysiciens, et géologues quand ils commencent une carrière en planétologie, raconte Philippe Lognonné.  On a envie de participer à cette grande aventure humaine de l’exploration planétaire. Mais c’est aussi la concrétisation de dizaines d’années d’efforts, d’interrogations, de doutes. C’est un travail d’équipe, une grande aventure humaine personnelle et collective. »


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