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Soupçons de conflit d'intérêt: Dupond-Moretti de nouveau entendu par la CJR le 28 février

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti à Paris, le 26 novembre 2021
Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti à Paris, le 26 novembre 2021
afp.com - Martin LELIEVRE

Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti sera de nouveau entendu le 28 février par les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) dans l'enquête qui le vise pour des soupçons de conflits d'intérêts, a indiqué jeudi une source judiciaire, confirmant une information de BFMTV.

Le ministre de la Justice avait déjà été entendu le 16 juillet 2021 pendant près de six heures par la commission d'instruction de la CJR, seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des ministres pour des infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions. A l'issue de cet interrogatoire, il avait été mis en examen pour "prise illégale d'intérêts".

Le 28 février, il s'agira d'un interrogatoire au fond, comme habituellement dans ce type de procédures.

Après les plaintes de syndicats de magistrats et de l'association anticorruption Anticor dénonçant des situations de conflits d'intérêts dans deux dossiers, la CJR avait ouvert en janvier une information judiciaire pour "prise illégale d'intérêts".

M. Dupond-Moretti, nommé garde des Sceaux en juillet 2020, est soupçonné d'avoir profité de sa fonction pour régler des comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat, dans deux dossiers.

Le premier concerne l'enquête administrative qu'il a ordonnée en septembre 2020 contre trois magistrats du parquet national financier (PNF) qui avaient fait éplucher ses relevés téléphoniques détaillés ("fadettes") quand il était encore une star des prétoires.

Dans le second dossier, il lui est reproché d'avoir diligenté des poursuites administratives contre un ancien juge d'instruction détaché à Monaco, Edouard Levrault, qui avait mis en examen un de ses ex-clients et dont il avait critiqué les méthodes de "cow-boy".

Eric Dupond-Moretti a martelé qu'il n'avait fait que "suivre les recommandations" de son administration.