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Srebrenica : 25 ans après, une commémoration limitée en raison de la pandémie de coronavirus

Un homme prie devant les cerceuils de victimes, dans l'ancienne base des Nations Unies, à Potocari, près de Srebrenica, en Bosnie, vendredi 10 juin 2020. Neuf nouvelles dépouilles ont été découvertes. Ces hommes et jeunes garçons font partie des 8 000 victimes du massacre de Srebrenica, en 1992. Elles seront inhumées lors de la cérémonie officielle de commémoration du 25 ème anniversaire, ce samedi 11 juillet. <br />
 
Un homme prie devant les cerceuils de victimes, dans l'ancienne base des Nations Unies, à Potocari, près de Srebrenica, en Bosnie, vendredi 10 juin 2020. Neuf nouvelles dépouilles ont été découvertes. Ces hommes et jeunes garçons font partie des 8 000 victimes du massacre de Srebrenica, en 1992. Elles seront inhumées lors de la cérémonie officielle de commémoration du 25 ème anniversaire, ce samedi 11 juillet. 
 
(AP Photo/Kemal Softic)

Les musulmans de Bosnie commémorent samedi 11 juillet le génocide de Srebrenica, dans un mémorial à l'affluence réduite par le coronavirus. Pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, ce massacre a eu lieu il y a 25 ans.

En raison des mesures de lutte contre la pandémie, les organisateurs attendent moins de monde que d'habitude à cet événement qui attire d'ordinaire chaque année plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Les commémorations officielles qui commencent dans la matinée seront suivies à 11H00 GMT par l'inhumation des dépouilles de neuf victimes du massacre identifiées depuis le mois juillet dernier.

Leurs restes seront enterrés dans le cimetière du Centre mémorial du génocide, à Potocari, un village près de Srebrenica où se trouvait pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-95) la base de la force de protection de l'ONU (Forpronu).

"Zone protégée" des Nations unies, Srebrenica a été prise le 11 juillet 1995, cinq mois avant la fin de la guerre, par les forces des Serbes de Bosnie, qui y ont massacré en quelques jours plus de 8.000 hommes et adolescents bosniaques (musulmans).

Les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie à l'époque des faits, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à perpétuité par la justice internationale, notamment pour le massacre de Srebrenica et le siège de Sarajevo.

A ce jour, près de 6.900 victimes du massacre ont été retrouvées dans plus de 80 fosses communes et identifiées. La plupart reposent dans le Centre mémorial.

La lutte contre le "déni"

Le massacre de Srebrenica est le seul épisode du conflit bosnien (100.000 morts) qualifié d'acte de génocide par la justice internationale. Mais sa gravité est toujours minimisée par les dirigeants politiques de Serbes de Bosnie.

Le membre serbe de la présidence collégiale de Bosnie, Milorad Dodik, refuse la qualification de "génocide" et parle de "mythe".

"Nous insisterons sans répit sur la vérité, sur la justice et sur la nécessité de juger tous ceux qui ont commis ce crime", a dit vendredi le membre bosniaque (musulman) de la présidence bosnienne, Sefik Dzaferovic.

"Nous lutterons contre ceux qui nient le génocide et glorifient ses auteurs", a-t-il ajouté au Centre mémorial où il a assisté à une prière collective.

Le maire serbe de Srebrenica, Mladen Grijicic, a quant à lui affirmé "qu'il y a tous les jours de nouvelles preuves qui nient la présentation actuelle de tout ce qui s'est passé" à Srebrenica.

  • (Re)voir Bosnie-Herzégovine : La douleur des veuves de Srebrenica​
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En raison de l'impossibilité de faire venir des foules en une seule journée, les organisateurs ont invité des gens à visiter le Centre mémorial tout au long de mois de juillet.

Plusieurs expositions ont été installées, en particulier les tableaux de l'artiste bosnien Safet Zec consacrés au massacre.

Une autre, baptisée "Pourquoi tu n'es pas là?", de l'artiste américaine d'origine bosnienne Aida Sehovic, est constituée de plus de 8.000 tasses de café pour autant de victimes du massacre, disposées sur la pelouse au Centre mémorial.

"Nous n'avons toujours pas répondu à la question 'pourquoi ils ne sont plus là?'. Comment cela a pu se produire au coeur de l'Europe, dans la zone protégée de l'ONU, que des gens soient tués d'une façon aussi terrible? Sans parler du fait que le génocide est toujours nié", a déclaré l'artiste à l'AFP.