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Sri Lanka : lutte de pouvoir au sommet

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TV5MONDE

Une semaine après le limogeage surprise du Premier ministre par le chef de l'Etat, la situation politique reste très confuse. Depuis le 26 octobre, le pays compte deux chefs du gouvernement et le Parlement est suspendu. Les précisions de Tea Bazdarevic.

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Qui pour diriger le gouvernement sri lankais ? Deux hommes se disputent la place. Les parlementaires doivent trancher et les marchandages, en coulisses, vont bon train. 

Tout a commencé il y a plus d'une semaine, lorsque, à la surprise général, le président Sirisena limoge son premier ministre Ranil Wickremesinghe et le remplace par l'ancien homme fort du pays Mahinda Rajapakse. Dans la foulée, il suspend le Parlement.

Le Premier ministre déchu dénonce un acte anticonstitutionnel et refuse de céder sa place. "Quelques personnes désespérées peuvent précipiter un bain de sang
[...] Nous demanderons à notre peuple de ne pas recourir à la violence
", dit Ranil Wickremesinghe, ancien Premier ministre. 

Lundi, les parlementaires sont finalement convoqués pour départager les deux hommes, malgré le blocage du président. Ranil Wickremesinge peut ainsi espérer obtenir un vote de confiance. "Ce que le président Sirisena a fait, c'était inconstitutionnel et ensemble nous voulons soutenir Ranil Wickremesinghe, pour protéger la démocratie," déclare Ruwan Wijewardena, ancien ministre de la Défense. 

Mahinda Rajapaksa peut, lui, compter sur une popularité croissante. Dès l'annonce de sa nomination, il a formé un nouveau gouvernement et ordonné plusieurs mesures populaires, comme la baisse des taxes. L'homme est bien connu des sri-lankais : pendant dix ans, il a dirigé le pays d'une main de fer, et mis fin à des décennies de conflit avec la rébelion tamoule au prix d'un bain de sang.

L'issue du vote reste plus qu'incertaine. Car en coulisse, chaque camp marchande la défection de parlementaire du groupe adverse. L'armée, elle, a annoncé vouloir rester à l'écart de cette lutte de pouvoir.