Info

Steeve Briois jugé pour "complicité" de "provocation publique à la discrimination"

Steeve Briois à Perpignan le 4 juillet 2021
Steeve Briois à Perpignan le 4 juillet 2021
afp.com - VALENTINE CHAPUIS
(FILES) In this file photo taken on July 04, 2021 French far-right Rassemblement National (RN) mayor of Henin-Beaumont Steeve Briois speaks on stage during a congress of the party in Perpignan, southern France. Steeve Briois will be tried for complicity in "public provocation to discrimination" (judicial source)as reported on September 13, 2021.
afp.com - VALENTINE CHAPUIS

Un des vice-présidents du RN, Steeve Briois, devra répondre devant la justice de "complicité de provocation publique à la discrimination" pour avoir préfacé un guide qui recommandait aux élus de son parti d'appliquer la "préférence nationale" en matière de logement.

Initialement placé sous le statut de témoin assisté dans ce dossier, M. Briois, maire d'Hénin-Beaumont, a été mis en examen en novembre dernier et renvoyé devant le tribunal de Nanterre avec l'eurodéputé RN Jean-François Jalkh, poursuivi lui pour "provocation à la discrimination", a appris lundi l'AFP de source judiciaire.

L'affaire a débuté en 2014 par une plainte de l'association Maison des Potes contre les responsables de la publication du "Guide pratique de l'élu municipal Front national".

Dans ce document édité avant les municipales de mars 2014, le Front national (devenu Rassemblement national) exhortait ses futurs élus à réclamer, notamment, l'application de la "priorité nationale dans l'accès aux logements sociaux".

"Le candidat-tête de liste pourra s'exprimer publiquement et rappeler dans son discours les points suivants: défendre la priorité nationale, ex: dans l'attribution des logements sociaux", écrivait le texte.

Dans ce dossier, l'ex-eurodéputée Sophie Montel, qui a depuis quitté le parti frontiste, est également renvoyée pour "complicité de provocation publique à la discrimination", selon l'ordonnance de renvoi consultée par l'AFP.

M. Jalkh était alors directeur des publications du FN, Mme Montel chargée de la coordination des élus au sein du secrétariat général et M. Briois, alors secrétaire général, avait préfacé le guide.

Le Parlement européen avait levé l'immunité de M. Jalkh en novembre 2016, celles de Steeve Briois et Sophie Montel en octobre 2018.

- "Délire" -

"De manière délirante, il est reproché à ce guide, dont je ne suis ni l'éditeur, ni l'auteur, de vanter les mérites de la préférence nationale", a réagi auprès de l'AFP Steeve Briois. "Sur le fond comme sur la forme, il n'y a évidemment aucune complicité ou d'incitation à la discrimination de ma part", a-t-il ajouté.

De son côté, Me David Dassa-Le Deist a affirmé que son client Jean-François Jalkh "conteste toute responsabilité pénale" et "toute exhortation à la discrimination que ce soit".

Dans une autre affaire, M. Jalkh a été mis en examen le 6 juillet pour "détournement de fonds publics" dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires du parti de Marine Le Pen.

Au total, environ 29 élus et assistants, dont Mme Le Pen, son père et le parti lui-même, sont mis en examen, pour "détournement de fonds publics" ou des délits connexes.

"On a bataillé pendant plus de six ans pour avoir ce renvoi et nous l'avons obtenu malgré tous les barrages du RN", s'est réjoui auprès de l'AFP Samuel Thomas, président de la Maison des Potes.

Selon lui, "ce renvoi permet de rappeler que prôner la préférence nationale et donner des injonctions à mettre en œuvre des politiques discriminatoires dans des villes sont prohibés".

Ce renvoi devant la justice de ces deux cadres du RN intervient en plein lancement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.

"Ces poursuites sont honteuses", s'est indignée lundi Mme Le Pen sur Twitter. "Je défendrai à nouveau cette position (la préférence nationale, ndlr) de bon sens pendant la présidentielle 2022. J'attends donc la justice de pied ferme. Nous ne reculerons pas".

ali/pa/dch