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Stratégies de vaccination contre le coronavirus : tour d'horizon en France, en Belgique, en Suisse et au Canada

Vue générale de l'usine Pfizer de Puurs, en Belgique. La société pharmaceutique allemande BioNTech et son partenaire américain Pfizer affirment avoir soumis une demande d'approbation conditionnelle de leur vaccin contre le coronavirus auprès de l'Agence européenne des médicaments.
Vue générale de l'usine Pfizer de Puurs, en Belgique. La société pharmaceutique allemande BioNTech et son partenaire américain Pfizer affirment avoir soumis une demande d'approbation conditionnelle de leur vaccin contre le coronavirus auprès de l'Agence européenne des médicaments.
©AP Photo/Virginia Mayo, file

La perspective d'un vaccin contre le coronavirus s'est concrétisée ces deux dernières semaines avec une pluie d'annonces de laboratoires concernant l'efficacité de leur vaccin : Pfizer et BioNTech ont dégainé les premiers, suivis par Moderna et AstraZeneca/Université d'Oxford. Calendrier, acteurs impliqués, population prioritaire: que sait-on de la future campagne de vaccination ? Jean Castex doit annoncer ce jeudi 3 décembre la stratégie du gouvernement français sur les vaccins. On fait le point en France, en Belgique, en Suisse et au Canada.
 

Alors que 61 millions de cas de Covid-19 ont été officiellement dénombrés dans le monde depuis le début de la pandémie, les efforts se multiplient pour se préparer à produire les doses et à vacciner la population à grande échelle.  

Les vaccinations commenceront-elles en décembre ? C’est l’espoir que suscitent les demandes de plusieurs laboratoires pharmaceutiques aux Etats-Unis et en Europe. Aux Etats-Unis le duo Pfizer/BioNTech et le laboratoire Moderna se disent prêts, ils entendent déposer une demande de commercialisation. L’Agence américaine des Médicaments doit à présent donner son autorisation, elle se réunira le 10 décembre.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a quant à elle annoncé ce mardi 1er décembre qu'elle tiendrait une réunion extraordinaire le 29 décembre "au plus tard" pour donner, ou pas, son feu vert à la commercialisation du vaccin contre le Covid-19 développé par l'Allemand BioNTech et l'Américain Pfizer.
 

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Alors que le Royaume-Uni est devenu mercredi 2 décembre le premier pays à approuver l'utilisation massive du vaccin de Pfizer/BioNTech, qu'en est-il en France, en Belgique, en Suisse et au Canada ? 
 

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En France 

  • Quel vaccin ? 
​La France qui fait partie de l'Union européenne, dépend de l'Agence européenne des médicaments (EMA). Cette dernière a annoncé avoir reçu les demandes d'autorisation sur le continent de Pfizer/BioNTech et de Moderna pour leurs vaccins respectifs, qui affichent tous deux un taux d'efficacité proche de 95%, selon leurs études.  
 
  • Pour qui ?

Qui protéger en priorité ? "Les plus vulnérables et ceux qui s'en occupent", a résumé lundi 30 novembre la présidente de la Haute autorité de santé (HAS), Dominique Le Guludec, au cours d'un point presse en ligne.

La HAS a préconisé que les personnes âgées vivant dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), environ 750.000 personnes, et les salariés de ces établissements présentant "un risque de forme grave" en raison de leur âge ou de leur santé, soit 90.000 à 100.000 personnes, soient visés par la première phase de vaccination.

Avec plus de 16.000 morts parmi leurs résidents (sur un total de 52.000) et des restrictions de visites drastiques des familles, les Ehpad ont payé un très lourd tribut à l'épidémie de Covid-19.


Le calendrier proposé par la HAS se décline ensuite en quatre autres phases : les personnes âgées (en priorité les 75 ans) et les personnels sanitaires, puis les plus de 50 ans, ensuite les personnes dont le métier favorise une infection et les personnes vulnérables et en précarité, et, enfin le reste de la population.

 
  • Quel calendrier ?

Jean Castex expose ce jeudi 3 décembre la stratégie du gouvernement sur les vaccins.
Le gouvernement devrait suivre les "cinq phases progressives" recommandées lundi 30 novembre par la Haute autorité de Santé (HAS), en commençant par les personnes âgées résidant en Ehpad et les salariés à risque de ces établissements.

Deux jours plus tôt, mardi 1er décembre, la France avait dit envisager une campagne de vaccination pour le grand public au printemps. Le président français Emmanuel Macron a quant à lui confirmé sa prévision d'"une première campagne très ciblée, avec des vaccins de première génération", réservée aux personnes les plus vulnérables début 2021, suivie d'une autre "plus large et plus grand public", qui s'ouvrira "quelque part entre avril et juin".

"Il ne s'agira pas d'une stratégie de vaccination obligatoire", a réaffirmé le chef de l'Etat.

  • (Re)voir aussi : Un vaccin contre le Covid début 2021 ? "On peut y croire" selon le professeur François Bricaire
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En Belgique 

  • Quel vaccin ?  
Membre de l'Union européenne également, la Belgique, comme la France, dépend de la procédure européenne d'achat des vaccins anti-Covid qui pourrait autoriser sur le continent les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Selon les informations relayées par le quotidien belge Le Soir, la Belgique pourrait souscrire à l'achat d'un quatrième vaccin. En effet, une conférence interministérielle de santé "a donné son feu vert à l’achat de 2,9 millions de doses du vaccin du groupe pharmaceutique allemand CureVac", informe Le Soir

Ce chiffre porte à plus de 20 millions le nombre de doses précommandées par la Belgique :  7,74 millions auprès d’AstraZeneca, 5,16 millions auprès de Johnson&Johnson et 5 millions auprès de Pfizer/BioNTech.

Comme en France, ils n'arriveront sur le marché que s'ils sont "déclarés sûrs et efficaces par l’Agence européenne des médicaments", rappelle Le Soir
 
  • Quel calendrier ?

D'après les dernières informations relayées par nos confrères de la RTBF, les premiers vaccins contre le Covid-19 sont attendus au plus tôt à la mi-janvier en Belgique. C'est en tout cas ce qu'a affirmé la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, ce mardi 1er décembre, en commission du parlement régional. "L’ensemble du dispositif est en train de se mettre en place", a-t-elle dit. 

Ce mercredi 2 décembre une nouvelle conférence interministérielle (CIM) Santé publique est attendue. Elle doit se prononcer sur la stratégie à suivre, précise la RTBF. Elle devrait notamment  permettre de définir "les publics prioritaires pour la vaccination". "Nous suivrons les conclusions des spécialistes et déciderons de vacciner, dans l’ordre, le personnel et les résidents des centres de santé ; le personnel de santé du social ; les plus de 65 ans puis les plus de 45 ans avec comorbidité", a assuré la ministre Morreale.
 

  • Pour qui ?
Le gouvernement belge avait annoncé lundi 16 novembre son intention de traiter au moins de 70% de la population du pays, soit 8 millions de personnes, avec les futurs vaccins contre le Covid-19. Il avait également garanti leur gratuité "pour chaque citoyen".
 

La vaccination ne sera par ailleurs pas obligatoire mais ouverte aux volontaires, avait aussi décidé la Conférence interministérielle Santé publique, qui s'était rassemblée autour du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke ses homologues des entités fédérées.  

 

En Suisse 

 
  • Quel vaccin ?  
Berne a signé des contrats avec trois laboratoires : Astra Zeneca, Moderna et Pfizer.

"Je suis d'avis qu'il est prudent de ne pas parier sur un seul vaccin. Un développement pharmaceutique est plein de surprises et, de temps en temps, les candidats n'ont pas les résultats attendus. La stratégie à plusieurs vaccins a des avantages. Peut-être que certains seront plus simple au niveau de la logistique alors que d'autres couvrent mieux certains groupes d'âge. Je pense que cette stratégie suisse est très judicieuse", a affirmé le 1er décembre le Philippe Girard, directeur adjoint de Swissmedic. Il était l'invité de la matinale de la RTS 
 
  • Quel calendrier ?
Selon les informations relayées par nos confrères de la RTS, les vaccinations pourraient commencer au début de l'année 2021 selon le Conseil fédéral. C'est ce qu'a annoncé Alain Berset, le chef du Département fédéral de l’intérieur (DFI), jeudi 26 novembre à la presse à Berne ajoutant, "nous sommes en discussion pour que la vaccination soit gratuite pour tout le monde"​. 

Philippe Girard a réaffirmé, mardi 1er décembre, son espoir d'une commercialisation pour le premier trimestre 2021. "Pour le moment, nous n'avons pas encore toutes les données nécessaires pour une autorisation de mise sur le marché. On s'attend à ce que ce soit fait d'ici la fin de cette année ou en début d'année prochaine, ce qui mènerait à une autorisation au premier trimestre 2021", a-t-il dit. 

 
  • (Re)voir aussi : Covid-19 : comment savoir si le vaccin sera efficace ?
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Au Canada 

  • Quel vaccin ?  
Le Canada, pays de 38 millions d'habitants, a réservé des dizaines de millions de doses des nouveaux vaccins contre le Covid-19 du duo américano-allemand Pfizer/BioNTech et de l'Américain Moderna, ainsi que du Suédo-Britannique AstraZeneca. Ottawa a aussi signé des accords avec les Américains Novavax et Johnson & Johnson, ainsi qu'avec le Français Sanofi et le Britannique GSK.

Dans la course au vaccin contre le Covid-19, un laboratoire québécois est aussi en bonne place. L'entreprise Medicago, implantée à Québec, devrait lancer à la fin de l'année la phase 3 pour tester son vaccin. Et si tout va bien, il pourrait être offert à partir de l'été prochain aux Canadiens.
 
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  • Pour qui ?
Environ trois millions de Canadiens, soit 8% de la population, devraient être vaccinés au cours des trois premiers mois de 2021, ont indiqué cette semaine les autorités de santé publique du Canada.
 

"Il y a de très bonnes chances, si tout fonctionne bien, qu'on puisse vacciner la majorité des Canadiens d'ici septembre prochain", a déclaré M. Trudeau, estimant que le Canada est "en très bonne position à ce niveau-là".

Un général coordonnera la distribution des vaccins. Il s'agit de Dany Fortin, "un officier chevronné", a salué Justin Trudeau. Il sera à la tête d'un nouveau Centre national des opérations, au sein de l'Agence de santé publique du Canada. Les Forces armées canadiennes seront mobilisées pour soutenir la logistique et la distribution des vaccins, notamment pour les communautés autochtones et rurales du pays.

En conférence de presse ce mardi 1er décembre, le Premier ministre québécois, François Legault, a annoncé que 700 000 Québécois pourraient être vaccinés d'ici le 31 mars. 
 

  • Quel calendrier ?
Les premières doses de vaccin contre le Covid-19 arriveront au Canada début 2021, un peu plus tard que dans les pays producteurs faute de capacité locale de fabrication, avait déclaré mardi 24 novembre le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

"On n'a pas de capacité de production de vaccins au Canada", elle a été supprimée il y a "plusieurs décennies", a expliqué M. Trudeau lors d'une conférence de presse.

"D'autres pays qui en ont, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne (..) vont évidemment prioriser l'accès à leurs vaccins à leurs citoyens d'abord", a-t-il dit.

Il a cependant assuré que les Canadiens commenceraient à recevoir un vaccin avant "que tout le monde soit vacciné aux Etats-Unis".

Lors d'une conférence de presse le vendredi 27 novembre, Justin Trudeau a annoncé que "la majorité des Canadiens" pourraient se faire vacciner "d'ici septembre 2021", "si tout fonctionne bien".