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Syrie : 7 ans après, un jeune graffeur anti-Assad témoigne

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Alors que le régime syrien hésite encore entre négociations et opérations militaires pour reprendre le sud du pays, une rencontre avec Mouawiya permet de se remémorer l'histoire de cette guerre sanglante. Il y a 7 ans, Mouawiya écrivait des graffitis contre Bachar El Assad sur les murs de Deraa. Aujourd'hui, arme à la main, il attend un possible assaut du régime.


 

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"Que le régime tombe. Liberté. C'est ton tour docteur. " En 2011 alors âgé d'à peine 15 ans, Mouawiya et ses amis voulaient eux aussi faire la révolution — comme au Caire ou en Tunisie — pour renverser celui qu'en Syrie on surnomme "le docteur", en référence à son métier d'origine. Mais deux jours après avoir écrit ces mots sur un mur de Deraa, les services de sécurité du régime Assad viennent les arrêter.

Le jeune homme explique : "En prison, sous la torture, ils voulaient nous faire dire qui nous avait incité à écrire ça. Quand nos familles ont demandé notre libération, les services de sécurité leur ont dit : 'Oubliez vos enfants. Et si vous ne les oubliez pas, envoyez vos femmes ici et nous allons vous montrer comment en faire de nouveaux'. C'est devenu une question d'honneur et c'est là que les manifestations ont commencé."

Des manifestations sans précédent, aujourd'hui considérées comme l'étincelle qui provoqua les mobilisations massives à travers tout le pays. Relâché après 40 jours de détention, Mouawiya découvre un pays en ébullition, mais aussi les arrestations massives, la repression… et le début de l'enfer.


Je suis fier de la révolution en Syrie, mais je ne m'attendais pas à ce qu'on arrive à tant de destruction, que tant de gens soient morts, que la Syrie soit totalement détruite. 

Mouawiya Sayassina, habitant de Deraa, l'un des enfants ayant écrit un slogan anti-Assad sur un mur de la ville en 2011

Ses amis, morts exilés ou en prison, le quotidien de la guerre dans un pays ravagé, ont changé le jeune homme. A 23 ans Mouawiya a troqué la bombe de peinture contre la kalachnikov mais son combat reste le même.


Je dirai à mon fils ce qui m'est arrivé et je lui dirai d'écrire sur les murs partout où il voit de l'oppression, qu'il n'ait peur de personne.

Mouawiya Sayassina

Au milieu des ruines Mouawiya attend que le sort de Deraa soit fixé. Alors que des négociations sont en cours pour déterminer le sort de la région, Damas assure que l'option militaire est toujours sur la table.