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Syrie : Bachar al-Assad a-t-il gagné la guerre ?

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Ziad Majed enseigne le Moyen-Orient contemporain et les relations internationales à l'université américaine de Paris. La dernière mouture de son livre "Syrie la révolution orpheline" est paru en 2014 chez Acte Sud. Il est l'invité du JT international de TV5MONDE.
Interview d'Isabelle Malivoir

"C'est une occasion en or manquée" déplore Steffan de Mistura, envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie. Le 8ème cycle de pourparlers s'est achevé ce 14 décembre à Genève sans aucune avancée. Pourquoi ? Eléments de réponse avec le politologue et auteur Ziad Majed.

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Alors que les autorités irakiennes et Damas annoncent la victoire totale sur Daech, Bachar al-Assad a-t-il, lui aussi, gagné la guerre ? Après le constat d'échec ce 14 décembre à Genève à l'issue de pourparlers de paix entre gouvernement syrien et opposition, le négociateur en chef de l'opposition syrienne déclare : "Le régime de Damas a refusé de rentrer dans des négociations directes, et il a même refusé les pourparlers indirects. Il a tout rejeté parce qu'il ne souhaite pas de transition politique."

De fait, depuis  le début de ces cycles de négociations de paix, en 2016, la délégation gouvernementale syrienne a toujours rejeté le face-à-face avec l'opposition. Les discussions passent donc par le médiateur de l'ONU, Steffan de Mistura, qui fait lui aussi part de sa déception : "Une énorme opportunité a été manqué, une occasion en or de trouver une issue en cette fin d'année, alors que sur le terrain les opérations militaires contre Daech touchent à leur fin et que les territoires qu'occupait le groupe Etat islamique ont été quasiment réduit à néant".

Lire aussi ► notre dossier Syrie : quelle issue à six ans de guerre

Une fois encore les discussions ont buté sur l'organisation d'élections sous supervision de l'ONU. Pas question du côté du régime d'aborder le sort de Bachar al-Assad, un point essentiel pour l'opposition. Les représentants du régime de Damas, de leur côté, sont repartis froissés après l'appel lancé par le médiateur de l'ONU lors d'un entretien à la télévision suisse.

Steffan de Mistura a demandé à Vladimir Poutine de faire pression sur le régime syrien pour gagner la paix. En début de semaine, lors d'une visite surprise chez son allié syrien, le président russe se félicitait de voir Daech neutralisé et annonçait  le retrait de ses troupes engagées en Syrie contre les djihadistes.
 

Quid de la suite ? Des négociations à Genève, entre Iran et Ryad ? De la position des Russes et de Donald Trump ? Eléments de réponse avec notre invité Ziad Majed. Il enseigne le Moyen-Orient contemporain et les relations internationales à l'université américaine de Paris. La dernière mouture de son livre "Syrie la révolution orpheline" est parue en 2014 chez Acte Sud.