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Syrie : Joe Biden annonce la mort du chef du groupe État islamique, après une opération militaire

Les forces américaines sont aussi intervenues lors de l'opération d'Hassakeh fin janvier, avec les Forces démocratiques syriennes. AP/Baderkhan Ahmad.
Les forces américaines sont aussi intervenues lors de l'opération d'Hassakeh fin janvier, avec les Forces démocratiques syriennes. AP/Baderkhan Ahmad.

Joe Biden a annoncé que le dirigeant du groupe État islamique Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi avait été "éliminé", lors de l'intervention de forces américaines. L'opération a fait 13 morts, dont des femmes et des enfants, selon un premier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

L'armée américaine a "éliminé du champ du bataille" le dirigeant du groupe État islamique (EI) Abu Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi.

Le président Joe Biden a annoncé qu'il était mort lors d'une opération conduite dans le nord de la Syrie dans la nuit de mercredi à jeudi 3 février. Un haut responsable américain a ajouté auprès de l'AFP que le dirigeant était mort en faisant exploser une bombe qu'il portait sur lui.  Le président devrait s'adresser au peuple américain plus tard dans la matinée.

"Au début de l'opération, la cible terroriste a fait exploser une bombe qui l'a tué ainsi que des membres de sa propre famille dont des femmes et des enfants", a indiqué le haut responsable, faisant savoir que l'évaluation du bilan précis de l'opération était encore
en cours.

Surnommé "le professeur" ou le "destructeur", Amir Mohammed Saïd Abdel Rahman al-Mawla a notamment présidé au massacre de la minorité kurdophone des Yazidis. C'est un djihadiste aux multiples alias présenté par le groupe djihadiste comme "l'émir" Abou Ibrahim al-Hashimi al-Qurayshi.

(Re)voir : Yézidis : une condamnation historique pour un "génocide qui devrait être reconnu par d'autres pays"

13 morts, "un succès" pour le Pentagone

Des forces spéciales américaines ont été héliportées jeudi 3 février avant l'aube dans une région du nord-ouest de la Syrie. Elles ont été déployées pour capturer des chefs djihadistes recherchés, une rare opération du genre qui a fait treize morts. Parmi les victimes, des femmes et des enfants selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"La mission a été un succès" et il n'y a pas eu de victimes parmi les forces américaines, a affirmé de son côté le Pentagone. L'opération était menée contre un bâtiment à Atmé dans la province d'Idleb. 

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, il s'agit de la plus importante opération des forces américaines en Syrie depuis la mort en octobre 2019 d'Abou Bakr al-Baghdadi. Le chef de l'État islamique (EI) avait été tué dans un raid dans la région d'Idleb, contrôlée en grande partie par les djihadistes et les rebelles.

(Re)voir : Syrie : le groupe État islamique est toujours présent

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D'après l'ONG, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, les militaires ont atterri en hélicoptère près de camps de déplacés de la localité d'Atmé et des affrontements ont ensuite éclaté. 

Selon des correspondants de l'AFP sur place, l'opération a visé un bâtiment de deux étages dans une zone entourée d'arbres. Une partie du bâtiment a été détruite et le parterre des pièces était couvert de sang. 

D'après des habitants, de hauts responsables djihadistes du groupe Al-Qaïda étaient ciblés. Ils ont indiqué à l'AFP avoir entendu le bruit des hélicoptères, puis des "explosions". Selon Abou Ali, un déplacé vivant à Atmé, les soldats américains leur ont indiqué de "ne pas s'inquiéter" et qu'ils venaient "juste dans cette maison pour (les) débarrasser des terroristes".

Dans un enregistrement audio attribué aux forces américaines et ayant circulé parmi la population, une personne parlant en arabe demande aux femmes et aux enfants d'évacuer les maisons dans la zone visée.

Opération rare contre les factions djihadistes

Selon des experts, des camps de déplacés surpeuplés de la région d'Atmé, située dans le nord de la province d'Idleb, servent de base aux chefs djihadistes qui s'y cachent.

(Re)voir : Syrie : le froid et la faim dans les camps de déplacés du nord-ouest

 

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Une grande partie de la province d'Idleb ainsi que des secteurs des provinces voisines de Hama, d'Alep et de Lattaquié sont dominées par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Des groupes rebelles et d'autres factions djihadistes comme Houras al-Din y sont également présents.

Ces factions ont déjà été la cible principalement de raids aériens du régime syrien, de son allié russe, mais aussi de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis.

Néanmoins les opérations héliportées restent très rares en Syrie, où des troupes américaines sont déployées dans le cadre de cette coalition.

"Al-Qaïda utilise la Syrie comme une base de repli "

L'opération de jeudi est intervenue quelques jours après la fin d'un assaut de l'EI contre une prison tenue par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dans la région de Hassaké (nord-est). Cet assaut fut la plus importante offensive du groupe djihadiste depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019. L'attaque de la prison et les combats ont fait 373 morts, dont 268 djihadistes, 98 membres des forces kurdes et sept civils selon l'OSDH.

(Re)lire : Attaque de l'EI contre une prison en Syrie: nouveau bilan de 332 morts

L'EI, rival d'Al-Qaïda, a été chassé de ses fiefs en Syrie et en Irak mais continue de mener des attaques dans ces deux pays voisins à travers des cellules dormantes.

"Al-Qaïda utilise la Syrie comme une base de repli pour se reconstituer, se coordonner avec ses affiliés et planifier des opérations à l'étranger", avait déclaré fin 2021 John Rigsbee, un porte-parole du commandement central de l'armée américaine).