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Syrie : "L'exil ou la mort, la population de la Ghouta n'a pas d'autre choix"

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Interview Isabelle Malivoir

Les frappes occidentales en Syrie se font attendre. Entre tergiversations et effet d'annonce, aucune décision n'est prise, tandis que les experts sont attendus pour faire la lumière sur les soupçons d'attaques chimiques dans la Ghouta orientale. Mohamad Alolaiwy, président fondateur de l'organisation humanitaire Syria Charity, est notre invité.

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Pénurie de vivre, de soins, de tout.... La ville de Douma a été reprise par le régime de Damas et les groupes rebelles ont évacué et la population accuse le coup : "En l'absence de solution humanitaire, la situation ne fait qu'empirer, explique Mohamad Alolaiwy. La population n'a plus d'autre choix que l'exil forcé ou la mort sous les bombes."

Des bombes qui, selon le président de Syria Charity, sont aussi chimiques : "Vendredi dernier ont commencé des bombardements particlièrement violents qui se sont soldés, samedi vers 20 heures, par deux bombes chimiques, l'une au chlore, l'autre probablement au gaz sarin. Les séquelles constatés par nos équipes locales ne laissent aucun doute," affirme-t-il. 

Pour la communauté internationale, la question de l'utilisation d'armes chimiques subsiste. Si le président français Emmanuel Macron assurait, hier, avoir la preuve de l'implication du régime de Damas, l'OAIC doit se rendre sur place pour décrypter ce qui s'est réellement passé.

► Allez sur le site de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

Nous allons payer très cher l'abandon de cette génération orpheline.
Mohamad Alolaiwy, président fondateur de Syria Charity

En attendant, livrée à la haine, au manque d'éducation, à elle-même, c'est toute une génération qui grandit sans autre cadre que la guerre. Syria Charity, qui oeuvre depuis 2011 à l'aide humanitaire en Syrie, n'a pu ouvrir qu'une dizaine d'écoles.