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Syrie : la communauté internationale réagit aux frappes

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"Mission accomplie". C'est par ce tweet que Donald Trump a salué les  frappes sur le régime syrien qu'il a déclenchées dans la nuit du vendredi 13 avril au samedi 14. Ces frappes américaines, menées avec la France et la Grande-Bretagne, interviennent en représailles à l'attaque chimique présumée qui a frappé des civils à Douma. Une action qui soulève de nombreuses réactions à l'international.

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Donald Trump a salué ce samedi dans deux tweets les frappes contre la Syrie et a remercié la France et le Royaume-Uni pour leur "sagesse" et leur soutien militaire. 
 

Mais c'est à ses propres troupes qu'il adresse le tweet le plus louangeur :
 
"Tellement fier de notre grande armée qui sera bientôt, après avoir dépensé des milliards de dollars entièrement approuvés, la meilleure que notre pays n'ait jamais eue. Il n'y aura rien, ni personne, qui pourrait s'en rapprocher !"

Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent "au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique" d'après la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Moscou condamne fermement l'attaque conjointe des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni : "ils ont une nouvelle fois violé le droit international en commettant un acte d'agression militaire contre un État souverain qui combat le terrorisme international. Un crime de guere a été commis" déclarait Andreï Krassov, vice-président du Comité de Défense de la Douma, la chambre basse du Parlement russe.

"C'est un scandale absolu, une violation flagrante du droit international. C'est un pas vers un conflit à grande échelle [...] et cela ne peut en aucun cas bien finir" a insisté le vice-président du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, Vladimir Djabarov. Après ces déclarations, la Russie a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité à l'ONU.

L'Iran s'est aussi indigné contre l'attaque. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales contre la Syrie en qualifiant de "criminels" les trois chefs d'états à l'origine de cette décision : "L'attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels [...], ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice."

Même son de cloche du côté du Hezbollah. La "guerre" des Etats-Unis contre la Syrie "n'atteindra pas ses objectifs", a affirmé samedi 14 avril le Hezbollah chiite libanais, allié du pouvoir de Bachar al-Assad.

Mais de nombreuses nations ont tenu à apporter leur soutien à Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May. Depuis Lima, où il assiste au sommet des Amériques, Justin Trudeau a soutenu "la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime (du président syrien Bachar al-Assad, ndlr) de lancer des attaques par des armes chimiques contre ses propres citoyens"

La Turquie a, elle aussi, soutenu les frappes occidentales, jugeant qu'elles représentent une "réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée à Douma. "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime syrien", a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Israël a justifié ces frappes en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières", a indiqué un responsable israélien : "L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières", a ajouté le responsable israélien, qui a requis l'anonymat.

"La Syrie sert également de base pour mener ce genre d'actions, notamment de la part de l'Iran, qui mettent en danger son territoire, ses forces et sa direction", a ajouté ce responsable. Selon la radio publique israélienne, l'Etat hébreu a été informé à l'avance des attaques menées par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne en Syrie.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé que l'Union Européenne "se tiendra aux côtés de ses alliés". Quelques minutes plus tard, Angela Merkel a affirmé son soutien envers une "intervention militaire nécessaire et appropriée".
 
Pascal Boniface, directeur de l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) était l'invité du 64Minutes de ce samdei 14 avril 2018. Voici son analyse.
 
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