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Syrie : la présidentielle fixée au 26 mai, la deuxième en dix ans de guerre

Le président syrien, Bachar al-Assad, ici, lors d'une rencontre, à Damas, le 7 septembre 2020, avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. 
Le président syrien, Bachar al-Assad, ici, lors d'une rencontre, à Damas, le 7 septembre 2020, avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. 
Ministère russe des Affaires étrangères (Associated Press)

L'élection présidentielle syrienne se tiendra le 26 mai prochain, a indiqué, dimanche, le président du Parlement. Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000, briguera un quatrième mandat. Le deuxième depuis le début de la guerre il y a dix ans. 

Le président du Parlement syrien, Hammouda Sabagh a annoncé, dimanche, que la prochaine élection présidentielle se tiendrait le 26 mai. Il s’agira du deuxième scrutin du genre depuis le début de la guerre, il y a dix ans.

En l'absence de compétition sérieuse, Bachar al-Assad, 55 ans, qui a pris la succession de son père Hafez à sa mort en 2000, est donné favori pour ce scrutin. Il briguera un quatrième mandat après avoir été réélu pour deux septennats en 2007 et 2014.

L’échéance a été fixée au 26 mai "pour les citoyens syriens installés en territoire syrien", a indiqué M. Sabagh lors d'une allocution devant les députés, à l'occasion d'une séance extraordinaire. Les Syriens vivant à l'étranger voteront eux dans leurs ambassades le 20 mai.

(Re)voir : Syrie : 20 ans de pouvoir pour Bachar el-Assad

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Dépôt des candidatures dès le 19 avril

Les candidatures pourront être déposées dès lundi 19 avril, et pendant dix jours, auprès de la Haute Cour constitutionnelle. La loi électorale précise que les candidats doivent obtenir la signature de 35 députés pour pouvoir entrer dans la course.

La loi électorale du pays empêche les figures de l'opposition en exil de se présenter : chaque candidat doit en effet "avoir vécu en Syrie pendant une période de 10 ans de manière continue au moment de présenter sa candidature".

En 2014, M. Assad avait remporté le scrutin avec plus de 88% des voix. Ses deux seuls concurrents étaient des inconnus largement considérés comme des faire-valoir.

Les élections se tiendront dans les régions syriennes tenues par le gouvernement de Damas, qui contrôle les deux-tiers du pays morcelé.

Idleb, ultime grand bastion djihadiste et rebelle dans le nord-ouest, échappe toujours au pouvoir d'Assad.

Le nord-est du pays s'est quant à lui doté d'une administration semi-autonome dominée par les Kurdes, alliés des Occidentaux.

Un scrutin "ni libre ni juste"

En une décennie, les efforts diplomatiques parrainés par l'ONU n'ont pas permis de trouver une solution négociée au conflit, tandis que l'opposition politique en exil n'a fait que s'affaiblir.

A la mi-mars, cinq puissances occidentales avaient fustigé la tenue d'un scrutin présidentiel en Syrie, pronostiquant qu'il ne serait "ni libre ni juste".

"Le processus politique quel qu'il soit a besoin de la participation de tous les Syriens, dont les membres de la diaspora et les personnes déplacées, afin que toutes les voix soient entendues", avaient déclaré dans un communiqué commun les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni.

"L'élection présidentielle syrienne prévue cette année ne sera ni libre ni juste et elle ne doit pas non plus mener à une quelconque normalisation internationale du régime syrien", résumait le texte publié en marge d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

(Re)voir : Handicap International : "Les bombardements en Syrie ont atteint une intensité jamais vue"

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Plus de 388.000 morts en dix ans

Ravagée par la guerre déclenchée en 2011, l'économie syrienne pâtit aussi des sanctions occidentales et des effets de la crise financière au Liban voisin, tandis que la monnaie nationale connaît une dépréciation inédite.

Le conflit, déclenché avec la répression sanglante de manifestations prodémocratie, s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et une multiplication des factions armées.

Il a fait plus de 388.000 morts et entraîné le déplacement de millions de personnes.

Le pouvoir de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie et l'Iran, a enchaîné les victoires face aux rebelles affaiblis, reprenant le contrôle de l'immense majorité du territoire.

(Re)voir : Syrie : dix ans plus tard, un champ de ruines qui attire les convoitises

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