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Le chef de Daech Abou Bakr al-Baghdadi réapparaît dans une vidéo

Pour la première fois en cinq ans, le chef de Daech Abou Bakr al-Baghdadi apparaît dans une vidéo de propagande. Aucune image ne circulait de lui depuis 5 ans. 
Pour la première fois en cinq ans, le chef de Daech Abou Bakr al-Baghdadi apparaît dans une vidéo de propagande. Aucune image ne circulait de lui depuis 5 ans. 
©Image de propagande de Daech

Pour la première fois en cinq ans, Abou Bakr al-Baghdadi fait son apparition dans une vidéo de propagande de Daech. Depuis la chute du groupe Etat islamique en Syrie en mars dernier, tous les regards étaient tournés vers lui. Où se cache-t-il ? Que devient-il ? Relire notre article publié avant l'assaut final des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) sur le village syrien de Baghouz, dernier bastion alors du groupe djihadiste.

"C'est un message de remobilisation", analyse la journaliste Laura-Maï Gaveriaux sur Twitter. 

Pour la première fois en cinq ans, le chef de Daech apparaît dans une vidéo de propagande. Aucune image ne circulait de lui depuis 5 ans. Dans cette vidéo, il évoque la bataille de Baghouz, la famille du djihadiste français Fabien Clain (tué à Baghouz), et les récents attentats au Sri Lanka.

>> Décryptage de cette nouvelle vidéo  :
 

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©TV5MONDE


Les États-Unis offrent une récompense de 25 millions de dollars pour sa capture, les Russes tentent de le localiser, les Irakiens aussi, sans oublier les Forces Démocratiques Syriennes et la coalition internationale contre Daech. Cet homme, l’un des plus recherchés au monde, c’est Abou Bakr al-Baghdadi. Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri al-Samarraï, de son vrai nom.

"Calife Ibrahim"

Âgé de 47 ans, né en Irak, il s’autoproclame "calife Ibrahim" en 2014. La même année, il déclare Mossoul "capitale" du territoire conquis par le groupe État islamique, et y effectue sa seule apparition publique, jusqu'à présent.

Abou Bakr al-Bagdhadi, le 4 juillet 2014 lors d'un prêche à Mossoul, en Irak
Abou Bakr al-Bagdhadi, le 4 juillet 2014 lors d'un prêche à Mossoul, en Irak
© Photo de propagande (via AP)


Le 4 juillet 2014, le chef du groupe État islamique gravit les quelques marches du minbar, dans la mosquée Al-Nouri. Arborant une longue barbe, et vêtu d’un qamis noir (tunique traditionelle), il assure être "le Wali (leader) désigné pour diriger". "Obéissez-moi tant que vous obéissez à Dieu en vous", assène-t-il.

Depuis, il vit retranché. Exfiltré en Iran ? Tapi dans la vallée de l’Euphrate à l’est de la Syrie ? Terré dans l’un des tunnels du village assiégé de Baghouz, échappant aux bombardements de cette ville transformée en un champ de bataille poussiéreux ?

Donné pour mort à plusieurs reprises

Abou Bakr al-Baghdadi a été donné pour mort plusieurs fois, notamment par la Russie, qui affirmait en 2017 l’avoir probablement tué dans une attaque aérienne près de Raqqa.

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En février 2018, des responsables irakiens affirment que al-Baghdadi se trouverait en Syrie, près de la frontière avec l’Irak. "Vivant et soigné dans un hôpital de campagne, après avoir été blessé dans des raids aériens", selon un haut responsable du ministère irakien de l'Intérieur. Puis un haut responsable américain y va de sa propre hypothèse : al-Baghdadi serait en vie, reclus dans l’est de la Syrie, dans la vallée de l’Euphrate.

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Le 22 août 2018, al-Baghdadi serait sorti de son silence dans un message audio de près d'une heure, diffusé sur la messagerie Telegram. Des experts ont identifié sa voix, l'estimant semblable à celle des discours de al-Baghdadi.

Stéphane Kenech, reporter indépendant de retour d'une mission de deux semaines en Syrie pour Arte, nous indique : "les Irakiens croient que les Américains ont laissé passer Baghdadi en Irak". Autre hypothèse, pour le journaliste : Baghdadi aurait peut-être filé en Iran en passant par la chaîne de montagnes d'Hamrin, entre Kirkouk et Bagdad - "un corridor entre la Syrie et l’Iran". En Irak, poursuit Stéphane Kenech, "tout le territoire n’est pas forcément sécurisé". Les régions montagneuses facilitant la fuite des terroristes, la nuit.


Les Irakiens croient que les Américains ont laissé passer Baghdadi en Irak.

Stéphane Kenech, reporter indépendant de retour d'une mission en Syrie

En Syrie, les rumeurs vont bon train. Ahmad Jura, un homme déplacé qui a fui Baghouz, le dernier kilomètre carré de Daech en Syrie, indique dans une vidéo à nos confrères de l’Agence France Presse : "Ils (les combattants de Daech) disent qu'il est toujours là, qu'il y a un "prince" militaire, un "prince" de bataillon, et une administration. C'est ce que j'entends".