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Syrie : Réactions régionales aux frappes occidentales

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Alors que le Pentagone se félicite d'avoir "frappé avec succès" toutes les cibles syriennes prévues par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, cette nuit en représailles à l'emploi présumé d'armes chimiques par le régime de Damas contre son peuple, les voisins de la Syrie réagissent diversement à cette offensive. Dans la dénonciation côté iranien, l'interrogation côté irakien, ou encore par des salutations côté turc. Damas et Moscou condamnent. Tour d'horizon.   

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"Traîtresses". C'est le terme employé par le porte-parole de l'armée syrienne pour qualifier les frappes chirurgicales effectuées par Washington, Paris et Londres cette nuit. "Trois agressions traîtresses ont été perpétrées aujourd'hui à 3h55 à l'aube (par) les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, avec le lancement d'environ 110 missiles vers des cibles syriennes à Damas et dans ses environs". Alors que le Pentagone se félicite d'avoir "frappé avec succès" toutes les cibles syriennes prévues par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, Damas ne voit dans ces frappes qu'un objectif : empêcher l'enquête que "l'Organisation pour l interdiction des armes chimiques " devait entammer ce samedi, à Douma.
Le Président syrien aurait téléphoné à son homologue iranien, Hassan Rohani, ce samedi pour lui faire part de sa détermination, à lutter plus que jamais, lutter contre le terorrisme.

Iran


Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales en qualifiant de "criminels" les dirigeants des trois pays à l'origine des frappes.

"L'attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels (...), ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice", a-t-il déclaré en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays.

"Les États-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'OIAC, ont menée cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires, selon son canal Telegram.

Russie

Autre réaction, très ferme, du côté de Moscou. Vladimir Poutine dénonce, par communiqué, "une attaque" sur la Syrie, un pays où des "militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme".  Le président russe parle de frappes occidentales "contraire à la charte des Nations Unies et "menées sans l'aval du Conseil de sécurité de l ONU", qu'il appelle a se réunir d'urgence.  Chose faite depuis. 

Irak

Le ministère irakien des Affaires étrangères s'est dit "inquiet" après les frappes, qui selon lui "offrent au terrorisme une opportunité de se développer après avoir été détruit en Irak et largement repoussé en Syrie". Ces frappes sont un développement "très dangereux" dont les "conséquences menacent la sécurité et la stabilité de la région", a prévenu dans un communiqué le porte-parole du ministère Ahmed Mahjoub.


Turquie

Très critique du régime syrien, la Turquie a longtemps soutenu des rebelles syriens contre le président Bachar al-Assad, mais travaille avec la Russie, premier soutien de Damas, pour tenter de trouver une solution à la crise en Syrie. Ce samedi, le ministère turc des Affaires étrangères a jugé que les frappes occidentales constituaient "une réaction appropriée" à l'attaque chimique de Douma, une "opération qui soulage la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien.

Israël

Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais. Israël a justifié ce samedi les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières".