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Thaïlande: "protégez les enfants", conseillent les mineurs chiliens

Le mineur Luis Urzua à Copiapo au nord du Chili, le 5 août 2011, un an après son sauvetage de la mine de San José
Le mineur Luis Urzua à Copiapo au nord du Chili, le 5 août 2011, un an après son sauvetage de la mine de San José
afp.com - MARTIN BERNETTI
Données sur quelques opérations de secours marquantes de personnes bloquées sous terre à travers le monde ces dernières années
Données sur quelques opérations de secours marquantes de personnes bloquées sous terre à travers le monde ces dernières années
afp.com - Laurence CHU
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"Protégez les enfants", conseillent les mineurs chiliens, célèbres pour leur sauvetage épique en 2010 après 69 jours sous terre et conscients des dangers qui guettent les 12 jeunes Thaïlandais sortis de la grotte.

"Le plus important, c'est que les autorités et la famille protègent énormément ces enfants, car il y a beaucoup de gens qui ne cherchent qu'à tirer profit de la situation", recommande Luis Urzua, connu comme le dernier des 33 mineurs à être remonté à la surface de la mine de San José, situé dans le désert d'Atacama.

Leur histoire avait été adaptée à l'écran, avec Antonio Banderas dans le rôle phare.

Urzua prévient: il n'est pas facile de se remettre d'une telle "expérience de vie". "Voilà 8 ans que l'on essaye et il y a encore de nombreuses choses que l'on arrive pas à dépasser".

Certains souffrent de dépression, d'autres de troubles psychologiques, à l'instar de José Ojeda, interné dans un hôpital psychiatrique.

Et malgré la solidarité dont ils ont fait preuve durant l'enfermement, beaucoup se sont aujourd'hui brouillés.

Mais le plus dur est sans doute le sentiment d'avoir été floués par la meute d'avocats, de producteurs et d'autres représentants qui cherchaient à exploiter leur histoire.

"Ils ont disparu dès qu'il ont obtenu toute l'information", assure Urzua, qui regrette de ne pas avoir été mieux conseillé.

A peine sortis des entrailles de la terre et avec la promesse de devenir millionnaires, les mineurs ont "cédé tous leurs droits à perpétuité" à des avocats et des producteurs, explique Luis Urzua.

Certains de ces ex-mineurs, dont Urzua, cherchent à revenir là-dessus, mais leur marge d'action est limitée, faute de moyens.

Il affirme que les mineurs ne peuvent pas écrire un livre ou participer à un autre film pour raconter leur histoire. Des recettes du film "Les 33", inspiré du livre du journaliste américain Hector Tobar, il dit n'avoir rien reçu.

"On nous a détruits", assure-t-il, tout en saluant la protection dont bénéficient les footballeurs thaïlandais et leur entraîneur.

Mario Sepulveda, le plus charismatique des mineurs qui gagne sa vie avec des conférences de motivation, incarné à l'écran par Antonio Banderas, assure à l'AFP que "la force de ces enfants est différente de la nôtre". "Qu'ils continuent à se former et à rester unis, tout ira bien pour eux".

"Je leur souhaite de faire un film, une série ou un best-seller, mais qu'ils le fassent bien. Qu'ils soient intelligents et ne se laissent pas guider par des escrocs", met-il en garde.