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Top 14: Stade Français-Toulon, donne-moi le temps

Le Stade Francais Paris reste sur une défaite devant l'ASM Clermont au stade Michelin, le 8 septembre 2018
Le Stade Francais Paris reste sur une défaite devant l'ASM Clermont au stade Michelin, le 8 septembre 2018
afp.com - THIERRY ZOCCOLAN
Le président du RC Toulon Mourad Boudjellal, lors d'un déplacement de son équipe à Pau pour le compte du Top 14, le 5 mai 2018
Le président du RC Toulon Mourad Boudjellal, lors d'un déplacement de son équipe à Pau pour le compte du Top 14, le 5 mai 2018
afp.com - IROZ GAIZKA
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Ode à la patience: au Stade Français et à Toulon, les deux clubs qui ont le plus bougé à l'intersaison et s'affrontent dimanche (16h50) en clôture de la 4e journée, les nouveaux managers Heyneke Meyer et Patrice Collazo semblent avoir obtenu de leurs puissants dirigeants quelque chose qui ne s'achète pas, du temps.

"Nous ne sommes ensemble que depuis trois matches et il y a beaucoup de nouveaux paramètres, beaucoup de nouvelles choses que nous devons trouver", a déclaré vendredi Meyer, interrogé sur la contre-performance parisienne à Clermont (42-20).

L'ex-sélectionneur sud-africain, nommé au printemps alors que le club luttait pour se maintenir dans l'élite, a réussi sa première avec une large victoire bonifiée à Perpignan (46-15). Qui pouvait faire penser que le club de la capitale, redevenu concurrentiel sur le marché grâce à la puissance financière du propriétaire Hans-Peter Wild, fondateur des boissons Capri Sun, allait marcher sur ses adversaires ?

Le soufflé est un peu retombé contre Bordeaux-Bègles (20-8) à Jean-Bouin où, malgré des conditions idéales (stade rempli, beau temps, infirmerie dégarnie), les Parisiens ont fourni une prestation globalement insipide, s'en remettant à la domination de leurs avants et à deux fulgurances de l'ouvreur Jules Plisson. Avant d'être à leur tour victimes du renouveau clermontois.

"Les gens pensent qu'on peut arriver comme ça et tout gagner. Entraîner, cela ne marche pas ainsi", plaide Meyer, entouré d'adjoints de renom (Pieter de Villiers, Paul O'Connell, Mike Prendergast, Julien Dupuy) chargés d'affûter un effectif dont les résultats la saison passée n'étaient pas à la hauteur du potentiel et renforcé cet été (Maestri, Fickou, Van Zyl).

"Dès le départ, nous avions prévenu que cela prendrait du temps pour constituer une bonne équipe", a poursuivi Meyer. "Donc, il y a toujours beaucoup d'erreurs: en attaque, les joueurs ne sont pas toujours là où ils devraient être, et la défense a été bonne les deux premiers matches mais pas contre Clermont. Du moment que nous progressons à chaque match..."

- Boudjellal enfin docile? -

Dans un style différent, plus incisif, le discours est le même à Toulon, où le Varois Collazo s'est engagé en juin pour faire mieux que Fabien Galthié, limogé après un an seulement et un échec à domicile en barrage contre Lyon.

"J'ai bien compris qu'ici on n'a pas de temps! Je l'ai bien compris, cela... Par contre, je vais prendre le temps que j'ai envie de prendre", clarifiait-il au soir de la 1re journée, battu à Mayol par le Racing 92 (9-25).

Pourtant, jusqu'ici, à Toulon, c'est le bouillant président Mourad Boudjellal qui donnait le tempo. Le même qui s'était séparé à l'automne 2016, au bout de trois mois, de Diego Dominguez, qui venait pourtant de remporter une victoire à Sale en Coupe d'Europe, et n'a pas donné de seconde chance à Galthié, qu'il avait pourtant mis longtemps à attirer sur la rade, peut-il vraiment faire preuve de flegme si les résultats ne suivent pas?

C'est en tout cas ce qu'il a affirmé après la seconde défaite à Pau (20-10), lorsque le RCT pointait à la dernière place du classement avec zéro point en deux journées. "Je pense que Patrice est dans le vrai. Et si on doit vivre une saison de transition, on la vivra. Nous sommes partis sur une autre politique. Je vais devoir apprendre à être patient."

Boudjellal a vu ses efforts récompensés dimanche contre Castres (28-27), avec un premier succès arraché dans les dernières minutes. Mais Collazo, qui a hérité d'un groupe affaibli par les tensions avec Galthié et chamboulé par de nombreux départs (Ashton, Nonu, Radradra, Vermeulen, Attwood) et quelques arrivées majeures (Messam, Savea, Nakosi, Webb), sait qu'il est encore loin du compte.

"En terme de vécu de groupe, on part de très loin, il y a beaucoup de choses nouvelles", a expliqué vendredi l'ancien entraîneur de La Rochelle. "Le staff demande aux joueurs des choses qu'on ne leur avait peut-être jamais demandé, cela entraîne de la remise en question." Des ouvriers jusqu'au grand patron.

Les XV de départ

Stade Français: Hamdaoui - Waisea, Fickou, Danty, Arias - (o) M. Steyn, (m) P. Van Zyl - Macalou, Alberts, T. Gray - Maestri, Gabrillagues - Herrera, Panis, H. van der Merwe

Toulon: Placid - Tuisova, Fekitoa, Belleau, Savea - (o) Carbonel, (m) Escande - Onambele, Messam, Potgieter - R. Taofifenua, Kruger - M. van der Merwe, Guirado, S. Taofifenua

Remplaçants

Stade Français: Sempéré, Fisiihoi, Pyle, Chapuis, Daguin, Plisson, Delbouis, P. Alo-Emile

Toulon: Etrillard, Chiocci, Rebbadj, Monribot, Pietersen, Ikpefan, Meric, Setiano

Arbitre: Mathieu Raynal