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Transports du futur : Hyperloop ou SpaceTrain ?

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Alors que l'entreprise américaine Hyperloop Transportation Technologies annonce l'ouverture à Toulouse de sa première piste d'essai, la start-up française SpaceTrain dévoile  de son côté son train à coussin d'air sur rail surélevé. La guerre des transports hyperrapides du futur a débuté, mais qui d'Hyperloop ou de SpaceTrain pourrait l'emporter en France ?

Hyperloop et SpaceTrain sont deux entreprises aux ambitions similaires : offrir des transports collectifs ultra-rapides, au-delà de 500 km/h. L'une est le fruit de l'imagination d'Elon Musk, le patron de Tesla et Space X, qui tente depuis 6 ans de démontrer la faisabilité de son projet : c'est Hyperloop. L'autre est basée sur un concept de coussins d'air sur un rail déjà construit partiellement dans les années 70 et affirme pouvoir mettre en service son train propulsé par un moteur éléctrique avant 2025 : C'est SpaceTrain. Qui de ces deux entreprises pourrait offrir le standard de transports français hyper rapides de la prochaine décennie ?

Hyperloop : une technologie adaptée.. aux déserts

Le système Hyperloop est plein de promesses puisqu'il doit propulser des capsules de voyageurs à 1200 km/h… dans des tubes "basse pression". Sur le papier, ce système futuriste en fait donc rêver plus d'un. Mais dans le monde réel c'est une autre paire de manches, puisque cette technologie n'a jamais été testée grandeur nature, ou seulement sur des distances de quelques mètres, sans passagers. La technologie de transport coûte très cher, l'électrification du système est complexe à mettre en œuvre et surtout, les tubes de transport doivent être parfaitement horizontaux. La France, avec ses reliefs variés, n'est pas du tout adaptée à cette technologie puisqu'il faudrait raser un très grand nombre de collines pour permettre la création de "voies de tubes Hyperloop".

Les monarchies du Golfe, par contre, commencent à se pencher sur Hyperloop : pas de problèmes de reliefs dans le désert. Pour finir, Hyperloop inquiète des détracteurs de cette technologie qui l'estiment trop dangereuse, comme l'explique un ingénieur au site Usine nouvelle : "S’il y a un trou dans un tube, il y aurait une dépressurisation totale, et le choc serait terrible. Il ne resterait plus que de la bouillie. Et que fait-on en cas de panne avec des voyageurs bloqués dans une capsule ? Autre question : comment l’être humain peut supporter un voyage dans un tube opaque à 1 200 km/h ?"

SpaceTrain : faire du neuf avec du vieux

La Startup française SpaceTrain, créée en 2017 a repris et amélioré un vieux projet, abandonné dans les années 70 : l'aérotrain sur monorail de l'ingénieur Jean Bertin. Le principe est simple : faire circuler un train "en lévitation sur coussins d’air", avec un rail de guidage en "T" (surélevé à 6 mètres de hauteur), propulsé non plus par des moteurs thermiques mais par des moteurs électriques (à induction linéaire, alimentés par des batteries au graphène et des piles à combustible à hydrogène). La technologie permet d'atteindre une vitesse moyenne de 540 km/h environ avec des pointes à 720 km/h, sur des lignes d'une distance de 400 km, puisque la technologie ne permet pas une autonomie de plus de 600 km. Le principe serait de relier des villes entre elles.

SpaceTrain compte faire ses premiers tests en 2020 sur les 18 km du monorail des années 70 passant près d'Orléans et ambitionne d'ouvrir sa première ligne Orléans-Paris (avec une durée de trajet entre les deux villes de 13 minutes) pour 2025. Le coût des lignes SpaceTrain est très réduit, selon son PDG, qui annonce 8 millions d'euros par kilomètre de ligne, quand le TGV coûte au moins le triple et Hyperloop 75 millions d'euros par kilomètres… Les billets SpaceTrain devraient être très bon marché, vu le faible coût de la technologie.

Si un projet de transport collectif hyperrapide peut aboutir en France avant la fin de la prochaine décennie, il semble donc que cela ne sera pas Hyperloop, mais plutôt SpaceTrain. Si toutes les étapes réglementaires sont franchies et les autorisations données, bien entendu. Le transport hexagonal du futur pourrait alors s'avérer être — une fois encore — d'origine française...