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Tunisie : Près de 100 candidatures pour l'élection présidentielle

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed soumet sa candidature aux prochaines élections présidentielles, à Tunis. 
Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed soumet sa candidature aux prochaines élections présidentielles, à Tunis. 
© Hassene Dridi / AP

L’Instance Supérieure Indépendante pour les Élections en Tunisie (ISIE) a fermé le registre de dépôt des candidatures pour la prochaine élection présidentielle, hier, vendredi 9 août. Pas moins de 98 candidatures ont donc enregistrées, pour le scrutin anticipé qui aura lieu le 15 septembre prochain en Tunisie.

La mort, le 25 juillet dernier, du président Béji Caïd Essebsi, premier chef d'Etat démocratiquement élu au suffrage universel dans ce pays pionnier du Printemps arabe, a chamboulé le calendrier politique de la Tunisie, puisque l'élection présidentielle aura lieu, cette fois, avant les législatives. 

Des candidats attendus 

 

Parmi la multitude de candidats officiels, deux figures bien connues de la vie politique ont déposé leur dossier au dernier jour des inscriptions, entourés par plusieurs dizaines de leurs partisans. Il s’agit du Premier ministre Youssef Chahed, qui a déposé sa candidature au nom du parti Tahia Tounes, et le président par intérim du Parlement Abdelfattah Mourou, du parti Ennahda. 

 

Youssef Chahed a affirmé à la presse qu'il ne prévoyait pas de démissionner de son poste. "Celui qui veut ma démission veut le report des élections et ma démission veut dire la démission du gouvernement", a-t-il souligné.

M. Mourou était de son côté accompagné de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha, ainsi que par d'autres responsables de cette formation. Âgé de 71 ans, M. Mourou remplace temporairement le président du Parlement Mohamed Ennaceur, devenu chef d'Etat par intérim, après le décès le 25 juillet du président Béji Caïd Essebsi.

 

Le ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi, 69 ans, a lui déposé sa candidature mercredi après avoir présenté sa démission du gouvernement et pourrait se révéler un rival sérieux face au Premier ministre. Le président Caïd Essebsi l'avait fait venir à son chevet plusieurs fois peu avant son décès, le plaçant ainsi parmi ses dauphins potentiels.

Un candidat ouvertement gay et un homme d'affaires controversé


L'homme d'affaires controversé et magnat des médias Nabil Karoui, récemment inculpé pour blanchiment d'argent, est aussi candidat à la présidentielle et pourrait lui aussi être un adversaire de taille. 

 

Jeudi, pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie, un candidat qui affiche son homosexualité a également fait acte de candidature. Il s'agit de l'avocat Mounir Baatour qui se présente comme défenseur des droits des LGBTQ, bien qu'il soit contesté au sein de cette communauté. Il a déjà été emprisonné pour son orientation sexuelle, considérée comme un crime en Tunisie. 

 

Les grandes absentes de cette élection semblent bien être les femmes, avec uniquement trois candidatures féminines sur 98, dont celle d’Abir Moussi (parti destourien libre, PDL), connue pour son soutien à Ben Ali, ou encore Raoudha Rezgui, de la Ligue Tunisienne de Droits Politiques de la Femme.

Le 31 août, l'ISIE dévoilera la liste définitive des candidats retenus et la campagne électorale débutera alors du 2 au 13 septembre.