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Ukraine : cyberattaque massive contre des sites gouvernementaux

Image d'archive du 23 février 2019 montrant l'intérieur d'un ordinateur à Jersey City aux États-Unis.
Image d'archive du 23 février 2019 montrant l'intérieur d'un ordinateur à Jersey City aux États-Unis.
©AP Photo/Jenny Kane

Des sites gouvernementaux ukrainiens ont été frappés par une cyberattaque d'ampleur vendredi 14 janvier. Les autorités ont assuré n'avoir pas constaté de dommages importants après cette agression d'origine inconnue qui intervient en plein regain de tensions avec la Russie.

L'Union européenne a promptement condamné ce sabotage informatique, son chef de la diplomatie, Josep Borrell, affirmant que tous les moyens étaient mobilisés pour aider Kiev.

L'Ukraine et ses alliés occidentaux ont accusé à maintes reprises des équipes de hackers russes de mener des attaques coordonnées contre leurs sites et infrastructures stratégiques, ce dont Moscou se défend.

Vendredi 14 janvier à la mi-journée, les sites de plusieurs ministères ukrainiens, dont ceux des Affaires étrangères et des Situations d'urgence, restaient inaccessibles, a constaté l'AFP.

"Les sites du ministère des Affaires étrangères et d'un certain nombre d'autres agences gouvernementales sont temporairement hors service", a indiqué dans la matinée le porte-parole de la diplomatie ukrainienne.

Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web

Avant que le site de la diplomatie ukrainienne ne soit rendu inaccessible, un message menaçant -en ukrainien, russe et polonais- avait été publié sur sa page d'accueil par les auteurs de l'attaque.

"Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web", pouvait-on lire dans ce message accompagné de plusieurs logos dont un drapeau ukrainien barré.

Les autorités ont cependant démenti tout vol de données.

Le "contenu des sites n'a pas été modifié et aucune fuite de données personnelles n'a eu lieu, selon les informations disponibles", ont assuré les services de renseignement ukrainiens (SBU).

"Une grande partie des ressources gouvernementales ayant été affectées ont déjà été rétablies, et les autres seront de nouveau accessibles très bientôt", ont-ils poursuivi, indiquant que des sites avaient été volontairement désactivés pour prévenir "la diffusion des attaques".  

L'origine de ce piratage n'était pas connue dans l'immédiat et les autorités ukrainiennes n'ont accusé personne.

Mais il intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'Ukraine et la Russie voisine, que Kiev et ses alliés occidentaux accusent de planifier une nouvelle invasion du territoire ukrainien.

Un sabotage informatique d'ampleur visant les infrastructures stratégiques ukrainiennes afin de désorganiser les autorités est l'un des scénarios évoqués comme pouvant être le signe avant-coureur d'une offensive militaire classique.

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L'Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d'électricité.

La justice américaine a révélé en octobre avoir inculpé six agents du renseignement militaire russe pour ces cyberattaques et d'autres à travers le monde.

Ces pirates informatiques russes, âgés de 27 à 35 ans, sont accusés d'avoir mené leurs opérations entre 2015 et 2019 depuis un bâtiment de l'armée surnommé "La Tour", à Moscou, "pour le bénéfice stratégique de la Russie", selon l'acte d'inculpation américain.

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En 2015 en Ukraine, une cyberattaque avait provoqué une importante coupure d'électricité pendant plusieurs heures dans l'Ouest du pays. Elle avait été attribuée à la Russie, mais celle-ci n'a jamais reconnu sa responsabilité.

Plusieurs attaques DDos (par déni de service) venues de Russie ont également déjà frappé la Commission électorale ukrainienne, selon Kiev.

L'attaque de vendredi intervient après plusieurs sessions de pourparlers entre responsables russes et occidentaux qui ont eu lieu ces derniers jours pour désamorcer la crise autour de l'Ukraine, sans produire aucune avancée. 

Moscou a indiqué ne pas voir l'intérêt de reprendre ces discussions à court terme, tout en assurant n'avoir aucune "intention" d'envahir son voisin.

Dans ce contexte tendu, le ministère russe de la Défense a publié vendredi des images de manoeuvres militaires avec 2.500 soldats et une centaine de chars se déroulant à une cinquantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne.

La Russie a envahi puis annexé la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale en 2014.

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Moscou est aussi largement considéré comme le parrain militaire et financier des séparatistes pro-russes en guerre avec les autorités ukrainiennes dans l'Est du pays depuis 2014.