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Un couple d'Américains accusés d'avoir voulu vendre des secrets nucléaires à l'étranger présenté à un juge

Un sous-marin américain de la classe Virginia, photographié le 26 novembre 2009 dans l'Océan atlantique
Un sous-marin américain de la classe Virginia, photographié le 26 novembre 2009 dans l'Océan atlantique
afp.com - Handout

Un couple d'Américains, accusés d'avoir tenté de vendre des secrets militaires à une puissance étrangère, a comparu mardi devant un juge lors d'une courte audience qui n'a pas éclairé les zones d'ombre de cette affaire digne d'un roman d'espionnage.

Menottés et vêtus d'uniformes oranges de prisonniers, Jonathan Toebbe, un ingénieur de la marine âgé de 42 ans, et son épouse Diana, une enseignante de 45 ans, ont été présentés séparément à la justice fédérale, en Virginie occidentale.

Sur la base de documents financiers, le magistrat a estimé qu'ils avaient droit à un avocat payé par l'Etat, ce qui pourrait expliquer pourquoi ce couple apparemment sans histoire a tenté de vendre à l'étranger des informations sur les sous-marins américains à propulsion nucléaire.

Le mystère reste en revanche entier concernant l'identité du pays tiers. Les documents judiciaires laissent simplement entendre qu'il s'agit d'un allié des Etats-Unis, puisqu'il a coopéré avec les enquêteurs américains, et qu'on n'y parle pas anglais.

Les sous-marins nucléaires américains ont été au centre d'une vive crise diplomatique en septembre, quand l'Australie a annulé un mégacontrat avec la France pour annoncer un partenariat stratégique avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Selon la plainte, Jonathan Toebbe travaillait depuis 2012 à la conception des réacteurs de sous-marins de la classe Virginia, la dernière génération des submersibles d'attaque de la flotte américaine.

En avril 2020, il a adressé un colis à un pays tiers avec de premiers documents et des instructions pour établir un contact. "Je m'excuse pour cette mauvaise traduction dans votre langue", affirme l'ingénieur dans son message en promettant de livrer "des informations de grande valeur".

Le colis est parvenu en décembre 2020 à l'attaché de la police fédérale américaine dans ce pays, selon la plainte, qui ne précise pas comment.

Le FBI a alors noué le contact avec l'ingénieur en se faisant passer pour un représentant de ce pays qui a coopéré, allant jusqu'à placer un drapeau sur son ambassade à Washington pour gagner la confiance de Jonathan Toebbe.

En plusieurs fois entre juin et août, il a reçu des paiements en cryptomonnaies pour 100.000 dollars, en échange de quoi il a remis des informations confidentielles de la marine.

Ces données étaient contenues dans des cartes SD cryptées, déposées par le couple dans des lieux convenus à l'avance et dissimulées dans un sandwich au beurre de cacahuètes, un paquet de chewing-gum ou un emballage de pansement. L'ingénieur y écrivait sous le nom d'"Alice".

Dans un message, il dit nourrir le rêve de rencontrer un jour son interlocuteur "dans un café, autour d'une bouteille de vin".

Le couple, qui a des enfants mineurs, a été arrêté samedi par le FBI. Il encourt la réclusion à perpétuité.

Lors de l'audience, Diana Toebbe a semblé amorcer sa défense, assurant n'avoir "qu'une connaissance très limitée" des finances du couple.

La prochaine audience, qui portera sur leur maintien en détention, aura lieu vendredi.