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Un ministre de Trump rattrapé par son rôle dans un scandale sexuel

Alexander Acosta, ministre américain du Travail, le 15 novembre 2018 à la Maison Blanche, à Washington
Alexander Acosta, ministre américain du Travail, le 15 novembre 2018 à la Maison Blanche, à Washington
afp.com - Jim WATSON
Le président américain Donald Trump et le ministre du Travail Alexander Acosta (g) à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017 à Washington
Le président américain Donald Trump et le ministre du Travail Alexander Acosta (g) à la Maison Blanche, le 6 octobre 2017 à Washington
afp.com - Brendan Smialowski
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Alexander Acosta, ministre du Travail de Donald Trump et ancien procureur en Floride, est rattrapé depuis quelques jours par son indulgence face à un milliardaire accusé de multiples agressions sexuelles sur des mineures et qui a évité la prison après avoir plaidé coupable.

L'affaire remonte à 2008. Jeffrey Epstein, richissime banquier d'affaires de Wall Street, est accusé d'avoir rémunéré des dizaines d'adolescentes, généralement pauvres et droguées, en échange de faveurs sexuelles.

Il encourt la prison à vie, mais le procureur Acosta accepte un accord de négociation de peine pour deux agressions. L'accusé écope de 13 mois de prison, sans que les victimes soient informées.

M. Epstein, ami des stars et des puissants, n'est incarcéré que quelques jours avant de retrouver son bureau de Palm Beach en bénéficiant d'un aménagement de peine.

A l'issue d'une enquête fouillée publiée la semaine dernière, le quotidien Miami Herald a appelé le ministre à démissionner, estimant l'ancien procureur fédéral "compromis éthiquement" dans le scandale Epstein.

"Nous recommandons qu'Acosta renonce à son poste pour avoir permis à un homme riche, puissant et qui avait des relations politiques d'échapper à la justice et de s'en sortir facilement", a dénoncé le quotidien dans un éditorial paru jeudi.

"Ce qu'Acosta a fait quand le dossier Epstein est arrivé sur son bureau est répréhensible, dans une période pré et post #MeToo", le mouvement dénonçant les violences sexuelles sur les femmes, a ajouté le journal.

Une pétition en ligne demandant sa démission avait recueilli près de 70.000 signatures vendredi.

L'affaire a ressurgi devant les tribunaux cette semaine. Bradley Edwards, avocat de plusieurs victimes en 2008, poursuivait M. Epstein pour diffamation. Le litige s'est conclu mardi par un accord financier, avant que certaines victimes n'aient pu témoigner.

L'avocat de M. Edwards, Jack Scarola, a indiqué qu'il voulait désormais faire annuler l'accord de 2008 et ramener Jeffrey Epstein devant un tribunal.

Mais l'avocat de ce dernier, Alan Dershowitz, a estimé improbable que l'accord soit révoqué et qu'il soit rejugé pour les mêmes faits.

"Il a accompli sa peine et ce serait une double peine s'il était jugé une nouvelle fois", a-t-il expliqué à l'AFP.