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Un monde sans plastique, est-ce possible ? [à vrai dire]

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Le Canada et l’Union Européenne ont annoncé la fin du plastique à usage unique dans deux ans. Des mesures choc applaudies par les défenseurs de l'environnement. Mais à vrai dire, un monde sans plastique, est-ce possible ?

 

"Aujourd’hui, je suis heureux d’annoncer que dès 2021, le Canada va bannir les plastiques nocifs non réutilisables d’un océan à l’autre." Ces mots sont de Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada. Le 10 juin 2019, Ottawa a ainsi emboîté le pas à l'Union européenne qui a annoncé en mars dernier, l'interdiction du plastique à usage unique en 2021.

Aujourd’hui, je suis heureux d’annoncer que dès 2021, le Canada va bannir les plastiques nocifs non réutilisables d’un océan à l’autre.

Justin Trudeau, Premier ministre du Canada

Au Canada, 57 millions de pailles sont utilisées tous les jours, 15 milliards de sacs plastique tous les ans. Moins de 10% du plastique utilisé est recyclé, selon les chiffres du gouvernement canadien.  En France, 22% du plastique était recyclé l’an dernier.
 

L'origine du plastique

Le premier plastique, créé à partir d’une matière naturelle, la cellulose (du coton), a été créé vers 1860, pour remplacer l’ivoire présent dans les boules de billard.

Philippe Chalmin, professeur d’économie à l'université Paris Dauphine, indique, sur France Culture le 10 juin 2019, qu'à l'époque, "on ne parle pas encore de matière plastique". Le terme "matière plastique a été utilisé, semble-t-il, pour la première fois par un Belge". Il s'agit du chimiste Léo Hendrick Baekeland, l'inventeur du premier plastique synthétique, la bakélite.
 
Plus d'un siècle après son invention, on retrouve aujourd’hui le plastique dans beaucoup d’objets à usage unique, comme les couvercles des cafés à emporter, la vaisselle, ou encore les coton-tiges.
Ces objets arrivent, trop souvent, dans les océans, et tuent, tous les ans, des milliers d’animaux marins.

Zéro plastique dans deux ans, un objectif atteignable ?


Le gouvernement canadien précise, dans un communiqué  que l’interdiction vaut seulement "lorsque les données scientifiques, et les circonstances, le justifient".

Quant aux mesures coercitives, pour éradiquer le plastique, (comme des amendes aux entreprises commercialisant encore du plastique à usage unique), elles n’existent pas, en tout cas pour l’instant. Ottawa se limite à indiquer, dans un communiqué, que "les entreprises seront responsables de la gestion de leurs déchets".

L'objectif "zéro déchet plastique" semble difficile à atteindre, pour Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique). "Je ne sais pas exactement comment ils vont faire, mais je pense que cela va être très compliqué", assène la spécialiste en emballage alimentaire. "Ces mesures sont élaborées avec certains experts, des acteurs économiques au poids très important, et des acteurs politiques comme chefs d'orchestre qui ne sont pas formés aux impacts environnementaux à long terme".

Je ne sais pas exactement comment ils [les politiques] vont faire.

Nathalie Gontard, directrice de recherche à l'INRA

Par quoi remplacer le plastique ?

Plusieurs alternatives ont fait leur apparition, comme le bambou, la fibre de maïs, ou des sacc à partir d'algues. "On n’a pas de solutions simples pour gérer, de façon efficace, la totalité des déchets plastiques", assure Nathalie Gontard pour qui "il n'existe pas de solution miracle avec un matériau qui va remplacer tous les plastiques".
 

On n’a pas de solutions simples pour gérer, de façon efficace, la totalité des déchets plastiques.

Nathalie Gontard, directrice de recherche à l'INRA

Alors que les industriels se préparent à une transition sans plastique, une grande marque de jus d’orange vient de remplacer ces bouteilles en carton au profit du plastique. Un changement d’emballage, selon la marque, pour que les consommateurs puissent voir le jus d‘orange.

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