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Universités: les partiels reportés à Nanterre, nouveau recours de l'UNI à Tolbiac

Des étudiants et des gendarmes face à face devant l'université de Nanterre le 9 avril 2018
Des étudiants et des gendarmes face à face devant l'université de Nanterre le 9 avril 2018
afp.com - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
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Le mouvement de protestation dans les facultés se poursuivait lundi avec la quasi-totalité de l'université de Nanterre bloquée par des étudiants, entraînant le report des partiels de la journée, tandis que le syndicat étudiant de droite UNI a annoncé le dépôt d'un nouveau recours pour débloquer le site de Tolbiac.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, quatre universités sont toujours bloquées et entre 10 et 12 sites perturbés par des étudiants opposés à la loi réformant l'accès à l'université.

A Nanterre, université emblématique de région parisienne d'où était partie la contestation en Mai 68, cette semaine est consacrée aux épreuves de contrôle continu, avant une autre période de partiels, plus dense, du 2 au 18 mai.

Mais dès 8H00 du matin, presque tous les bâtiments étaient bloqués. Des banderoles proclamant "La fac n'est pas une boîte de nuit, non à la sélection", ou "Macron, la chienlit c'est lui", étaient accrochées à l'entrée du bâtiment, a constaté une journaliste de l'AFP.

La présidence de l'établissement a indiqué étudier "plusieurs scénarios" de report des examens, "quitte à organiser les épreuves à l'extérieur de l'université".

Le blocage avec occupation est prévu jusqu'à l'assemblée générale à 10H00 mardi, qui doit décider ou non de la prolongation du mouvement.

"Comment peut-on continuer à aller en cours, à faire nos partiels, alors que cette loi est en train d'être mise en place contre l'avis de la majorité des étudiants et du personnel, alors que des étudiants se font matraquer ?", a lancé Victor, militant à l'Unef et au NPA, à l'adresse des étudiants.

La semaine dernière, les CRS étaient intervenus à Nanterre pour évacuer un bâtiment de l'université occupé.

Lundi, près de 60 professeurs et maîtres de conférences de Nanterre ont regretté dans un texte commun que l'AG des personnels s'exprime "au nom de la communauté nanterroise toute entière".

"Nous sommes nombreux à estimer que notre mission première, aujourd’hui encore, est de former et d’évaluer nos étudiants dans des conditions normales", écrivent-ils, rejetant "avec force la revendication tenant à l’annulation des examens" ou encore leur validation automatique avec une note de 20/20.

- "Cas à part" -

Autre université devenue emblématique de la contestation: Tolbiac (sud-est de Paris), occupée depuis le 26 mars.

Le syndicat étudiant de droite UNI a annoncé lundi le dépôt d'un nouveau recours, visant cette fois la préfecture de police, pour obtenir son déblocage.

Début avril, le syndicat avait saisi le tribunal administratif pour exiger que le président de l'université, Georges Haddad, demande aux forces de lever le blocage de ce site universitaire.

M. Haddad a officiellement demandé l'intervention de la force publique la semaine dernière, mais la police a pour l'heure exclu une opération aussi sensible.

Lors de son entretien télévisé dimanche soir, Emmanuel Macron a justifié le refus des forces de l'ordre d'intervenir en raison de la "topographie" du site. "C'est une tour et l'appréciation de ceux qui ont à faire respecter l'ordre, c'est que c'est presque plus dangereux (d'intervenir) que de ne pas intervenir", a déclaré le chef de l'Etat.

Lundi matin, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb a lui aussi déclaré que Tolbiac était "un cas à part". "C'est un bâtiment qui est construit en hauteur et nous on ne veut surtout pas qu'à l'occasion d'une bousculade, une, deux, trois, quatre personnes puissent tomber dans le vide et donc mourir".

À Strasbourg, une assemblée générale de quelque 600 étudiants a voté à la majorité "le blocage reconductible de tous les bâtiments de l'université" à partir de mardi, a constaté un journaliste de l'AFP.

À Nancy, où le campus Lettres et sciences humaines est bloqué depuis le 22 mars, "tous les cours sont arrêtés", a indiqué l'université de Lorraine. À Metz, les étudiants ont voté le blocage de deux bâtiments (Arts, lettres et langues ; Sciences humaines et sociales). Pour autant, les examens prévus cette semaine à Nancy et Metz "auront bien lieu, en étant reprogrammés ailleurs", a-t-on assuré.

burs-ito/blb