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Vendée Globe: De la stratégie, un minimum de risques, de la chance et c'est gagné

Le monocoque "Apivia", barré par le skipper Charlie Dalin, le 30 septembre 2020 au large de Port-la-Forêt
Le monocoque "Apivia", barré par le skipper Charlie Dalin, le 30 septembre 2020 au large de Port-la-Forêt
afp.com - Loic VENANCE
L'ancien skipper Michel Desjoyeaux, fondateur de la société "Mer Agitée", pose le 17 octobre 2018 à Port-la-Forêt
L'ancien skipper Michel Desjoyeaux, fondateur de la société "Mer Agitée", pose le 17 octobre 2018 à Port-la-Forêt
afp.com - Fred TANNEAU
Le skipper Alain Gautier, à bord de "Generali", au départ de la Solitaire du Figaro, le 31 mai 2015 dans l'estuaire de la Gironde, près de Bordeaux
Le skipper Alain Gautier, à bord de "Generali", au départ de la Solitaire du Figaro, le 31 mai 2015 dans l'estuaire de la Gironde, près de Bordeaux
afp.com - JEAN-PIERRE MULLER

A deux semaines de l'arrivée, plusieurs skippers peuvent prétendre à remporter la neuvième édition du Vendée Globe. La victoire sera pour le skipper qui aura su minimiser les risques en terme de route, de météo et de casse.

Mieux vaut être bon stratège que grand joueur résume pour l'AFP le responsable de la cellule météo du Vendée Globe, Christian Dumard.

Pour le seul double vainqueur de la course, Michel Desjoyeaux, la victoire est "une question de lucidité et surtout de la chance".

Autre vainqueur du Vendée Globe, Alain Gautier ne croit pas en un duel. "Avec une flotte très serrée, celui qui sera à 100% aura plus de chance".

Selon les dernières estimations fournies mercredi à l'AFP par Christian Dumard, la tête de flotte devrait être au large de Recife (Brésil) vendredi pour un passage de l'Equateur samedi. "Ce sont des scénarios assez rapides pour la fin de course, avec une arrivée prévue entre le 26 et 28 janvier, avec une forte probabilité autour du 27 janvier", a-t-il souligné.

- De la chance -

"En ce moment, c’est une question de lucidité et surtout il faut de la chance, c’est ça qui est le plus terrible. Je m’en rends compte, je fais partie des rares à avoir fini deux Vendée Globe sur deux. Quand tu vois le nombre d’occasions qu’il y a de ne pas finir, c’est une chance incroyable que de réussir à finir", prévient Desjoyeaux.

"Il y a des bateaux qui ont démâté ou perdu la quille dans le golfe de Gascogne. Mike Golding, quand il fait 3e en 2004, coupe la ligne d’arrivée sans quille sous le bateau, elle est à 50 milles nautiques des Sables. Les bateaux sont fatigués, tu peux te prendre un gros problème, t’es pas à l’abri", rappelle-t-il.

Le marin fait quelques projections sur cette fin de tour du monde: "Si on se retrouve avec des conditions météo classiques, où tout est bien rangé, ce sera le bateau le plus rapide dans ces conditions-là qui gagnera. S’ils sortent de l’Equateur ensemble, si c’est le grand bazar qui ressemble à ce qu’ils ont eu au départ, ça va se jouer au 421 !"

"On est plus sur de la gestion de risque que du jeu", souligne Christian Dumard.

"Etre très joueur aujourd'hui, c’est le risque de perdre beaucoup et perdre beaucoup voudrait dire qu’en arrivant on va peut-être rater une opportunité alors que si on n'est pas loin derrière, il y en aura peut-être qui vont s’ouvrir", explique-t-il.

- bateaux fatigués -

"Les bateaux commencent à être fatigués, ils ont navigué dans des conditions dures, le moindre problème technique c’est quinze heures vite de perdues, et là on perd vite quelques places".

"Cette année, ça a l’air assez compliqué et on a un Vendée Globe très original. Il se peut que l’originalité continue et que celui qui a passé le cap Horn en tête ne soit pas le vainqueur", relève Alain Gautier.

"Il y a eu des exemples de retours assez improbables de par la distance entre le 1er et le 2e au cap Horn. Je pense à Armel (Le Cléac'h) et Alex (Thomson) en 2016, à Michel Desjoyeaux et Ellen McArthur en 2000 où il y avait plus de 600 milles nautiques réduits à pas grand-chose quand ils ont passé l’Equateur".

"Si on imagine un passage de l’Equateur et du Pot au Noir avec une flotte très serrée, celui qui sera à 100% aura plus de chance", juge-t-il.