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Vendée Globe: Le journal de bord de Pip Hare: "Mes mains tremblaient"

La navigatrice britannique Pip Hare à bord de son monocoque Imoca 60 Medallia, le 23 octobre 2020 aux Sables d'Olonne, avant le départ du Vendée Globe
La navigatrice britannique Pip Hare à bord de son monocoque Imoca 60 Medallia, le 23 octobre 2020 aux Sables d'Olonne, avant le départ du Vendée Globe
afp.com - Loic VENANCE
British skipper Pip Hare poses onboard her Imoca 60 monohull Medallia at the starting site of the 2020 edition of the Vendee Globe around the world monohull solo sailing race, on the Vendee Globe village in Les Sables-d'Olonne on October 23, 2020.
British skipper Pip Hare poses onboard her Imoca 60 monohull Medallia at the starting site of the 2020 edition of the Vendee Globe around the world monohull solo sailing race, on the Vendee Globe village in Les Sables-d'Olonne on October 23, 2020.
afp.com - Loic VENANCE
British skipper Pip Hare poses onboard her Imoca 60 monohull Medallia at the starting site of the 2020 edition of the Vendee Globe around the world monohull solo sailing race, on the Vendee Globe village in Les Sables-d'Olonne on October 23, 2020.
British skipper Pip Hare poses onboard her Imoca 60 monohull Medallia at the starting site of the 2020 edition of the Vendee Globe around the world monohull solo sailing race, on the Vendee Globe village in Les Sables-d'Olonne on October 23, 2020.
afp.com - Loic VENANCE

"Mes mains tremblaient": la navigatrice Pip Hare, à la barre d'un monocoque construit il y a 20 ans (Medallia) livre à l'AFP le carnet de bord de son premier Vendée Globe, et raconte son ascension "terrifiante" en haut du mât en pleine mer.

Selon le classement de la flotte vendredi à 8h00 GMT, l'Anglaise de 46 ans est 22ème de la flotte, sur les 32 skippers encore en course sur le tour du monde sans escale et en solitaire.

"De la peur, de la frustration et des moments fabuleux sur l'eau. J'ai toujours pensé que toutes ces choses résumeraient bien l'ensemble de ma course mais je n'avais pas imaginé que je l'expérimenterai en seulement une semaine.

Après avoir affronté un petit front puissant, Medallia a eu quelques pépins. Rien de très inquiétant - sauf que ça se situait en haut du mât. Je déteste grimper en mer, c'est absolument terrifiant, et j'espérais secrètement que je n'aurais pas à le faire pendant le Vendée. Et certainement pas durant la première semaine. Je me suis ressaisie, et j'ai fait un deal avec moi-même: si je suis trop effrayée à mi-chemin je n'aurais qu'à redescendre et ne plus m'en soucier.

Arrivée au niveau du second jeu d'épandeurs (aux deux-tiers du mât), mes mains tremblaient, ma respiration était rapide, ma bouche était sèche. Mais je l'ai fait. Durant tout ce temps, Medallia avançait seul, en douceur, je lui parlais, l'implorant de rester stable, de ne gîter ni plus ni moins, juste de continuer à naviguer. Redescendre du mât a été bien plus facile que je ne m'y attendais mais après ça, j'ai tremblé pendant une demi-heure.

Après tout ça, le temps de la frustration est venu. Durant tout le weekend, j'ai dû composer avec des vents très faibles. Il n'y a rien de pire pour quelqu'un comme moi que de ne pas avancer quand la flotte devant moi s'éloigne de plus en plus et que ceux qui sont derrière vous rattrapent.

Malgré tout, ces derniers jours sur l'eau ont été magnifiques. Alors que j'approche de l'équateur, le temps se réchauffe et les alizés sont là. J'ai mis mon grand spinnaker - la plus grande voile à bord que j'ai affectueusement nommée la Grande Bertha. Je surveille les vents pour anticiper le moment où je devrais descendre la Grande Bertha, elle n'est pas facile à manipuler et je ne veux pas le faire à un moment où les vents seront trop forts. Alors plutôt que de manger ou prendre un peu de repos, je suis collée aux instruments de navigation et je regarde la vitesse du vent.

C'est un bon dilemme. Avancer vite et tester les limites. Mais je ne dois pas oublier qu'il y a encore beaucoup de route à faire et que pour l'instant, être prudente est une meilleure stratégie sur le long terme. Il n'y a rien à gagner à ne pas terminer la course".