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Vendée Globe: "A terre c'est excitant, en mer c'est stressant", souffle Bestaven

Le skipper Yannick Bestaven juché sur son voilier "Maître Coq" au départ du Vendée Globe, le 8 novembre 2020 aux Sables-d'Olonne
Le skipper Yannick Bestaven juché sur son voilier "Maître Coq" au départ du Vendée Globe, le 8 novembre 2020 aux Sables-d'Olonne
afp.com - LOIC VENANCE

Leader depuis près d'un mois, Yannick Bestaven a lâché les rênes du Vendée Globe lundi soir, empêtré dans une zone sans vent. Le match est relancé à deux semaines de l'arrivée dans un scénario "à terre excitant mais un peu stressant en mer", confie le skipper à l'AFP.

Le marin rochelais (Maître Coq IV), joint par téléphone mardi matin, n'a pas caché que cette situation était difficile à vivre alors qu'il a été relégué à la troisième place. "C'est la course, c'est le jeu", veut-il relativiser, tout en espérant un nouveau revirement.

Q: Dans quel état d'esprit êtes-vous?

"C’était attendu, c’est pour ça que je ne me réjouissais pas de l’avance que j’avais. Je savais très bien, au vu des fichiers à venir, que ça allait être compliqué, qu’il y allait avoir de grosses variables devant nous. Même si on est préparé pour ça, c’est dur, c’est dur de se faire remonter autant de milles d’avance, dur pour les nerfs de ne pas avancer, d’être à l’affût de la moindre risée pour faire avancer le bateau, parce que ce ne sont pas des périodes où on se repose. Et c'est dur parce qu’on a quand même plus de soixante jours de mer dans les pattes, ce n’est pas évident".

Q: Vous oscillez entre fatigue et stress?

R: "Oui, c’est fatigant, tu manœuvres énormément, que ce soit le jour ou la nuit, parce que le vent n'est pas stable du tout. Cette nuit j’avais des nuages avec des petits grains qui m’ont fait changer les réglages sur le bateau. Tu ne peux pas bien te reposer, et c’est stressant de voir tout ce petit regroupement. Je crois qu’à terre c’est excitant pour la course, mais en mer c’est un peu stressant".

Q: Cette course vous paraît-elle interminable?

R: "Un peu, ouais. C’est surtout qu’on n'a pas été gâté par les conditions météo depuis le départ, c’est comme ça. Il n'y a pas eu de phase où on est vraiment allé vite, où on a pu aller vite. Ca a toujours été des météos compliquées, des systèmes compliqués depuis le départ, ce qui fait aussi qu’on met plus de temps que les éditions précédentes. Et ce n’est jamais parti par devant, ça a toujours été recollé par derrière. Ca a été le cas pour Charlie (Dalin, nouveau leader) et moi en ma faveur, là c’est le cas pour moi en ma défaveur. Souvent on voit des courses avec les bateaux de devant partir et là ça n'a pas été le cas, ça a toujours relancé le match".

Q: Réussissez-vous à tenir le coup moralement?

R: "Il ne faut pas se laisser abattre, il faut regarder devant, il y a encore un océan Atlantique à traverser avant d’arriver aux Sables (d'Olonne), donc il va se passer des choses. C’est la course, c’est le jeu. Faut accepter toutes les situations, il y a des choses plus graves. C'est la dernière journée difficile aujourd'hui (mardi), après on verra la suite. Je pense que mon décalage à l’est ne va pas m’être très favorable par rapport au groupe qui est à l’ouest. On verra. S’ils sont arrêtés un peu plus longtemps, je peux bien m’en sortir, sinon ça risque d’être un peu compliqué. On fera le point à l’Equateur".

Propos recueillis par Sabine COLPART