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Vers un système de bourses pour les sportifs médaillables

L'ancien sélectionneur des Bleus en handball pose dans son bureau au ministère des Sports, le 7 novembre 2018 à Paris
L'ancien sélectionneur des Bleus en handball pose dans son bureau au ministère des Sports, le 7 novembre 2018 à Paris
afp.com - STEPHANE DE SAKUTIN
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La future cellule de la haute performance, que dirigera Claude Onesta, a parmi ses objectifs d'identifier les sportifs médaillables en 2024 et de leur attribuer des bourses pour se concentrer sur leurs objectifs, a-t-il expliqué dans un entretien à l'AFP.

"L'une de nos actions prioritaires, c'est d'essayer de doter les sportifs médaillables de revenus leur permettant de se concentrer essentiellement sur leur entraînement" pendant les années précédant les Jeux olympiques, souligne l'ancien sélectionneur des Bleus en handball.

A six ans de Paris-2024, les champions concernés sont "plus ou moins déjà connus", "on ne va pas les inventer", mais un travail d'identification sera nécessaire.

"On peut être champion d'Europe et absolument pas médaillé potentiel aux Jeux olympiques. Pour autant, est-ce qu'un champion d'Europe n'est pas performant?", questionne Claude Onesta.

De même, "la génération d'après, la relève, est beaucoup plus difficile à identifier".

Pour les médaillables, cela veut dire "a minima des revenus autour de 3.000 euros par mois, pour ne pas avoir besoin de travailler à côté, avoir la garantie d'un logement, pour se concentrer uniquement sur son projet sportif", explique-t-il. L'aide pourra s'ajouter à des dispositifs déjà existants comme les sponsors ou les subventions des collectivités locales.

Un rapport de l'Inspection générale Jeunesse et sports (IGJS), daté d'octobre 2017, avait pointé la situation de "la majorité des sportifs de haut niveau parfois médaillés au plus haut niveau mondial qui cumulent leurs préparations sportives et leurs études ou un travail à temps partiel pour des volumes qui dépassent soixante heures par semaine, 48 semaines par an pendant plusieurs années; le tout avec une couverture sociale très incomplète et des revenus modestes et précaires".

"Ces sportifs sont des professionnels au vu de leur compétence et du temps consacré à leur activité. Mais ce sont des travailleurs sans revenus, des sportifs aidés qui ne portent aucune revendication structurée quant à leur statut", notaient les deux inspecteurs auteurs du rapport, Frédéric Jugnet et Hervé Madoré, qui appelaient à "faire basculer de manière pleine et entière les sportifs de haut niveau dans la catégorie des salariés ou des travailleurs indépendants".

Claude Onesta prévoit environ 300 sportifs médaillables éligibles au dispositif, 600 à 700 si on inclut la relève.

"Cette garantie, elle doit aussi permettre d'avoir de l'exigence vis-à-vis des sportifs", ajoute-t-il.