Info

Vers une société coopérative 3.0 ?

Chargement du lecteur...
© TV5MONDE

Aujourd’hui, les entreprises coopératives emploient 1 personne sur 6 dans le monde, soit plus de 1,2 milliard de personnes. Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles totalisent 2,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, d’après l’Alliance Coopérative Internationale (ACI). Des chiffres qui témoignent d’un besoin de coopération face à une société de plus en plus compétitive et concurrentielle.

L’écosystème des coopératives

 

Une coopérative est définie comme un “groupement économique de personnes dans lequel les participants, égaux en droit, sont associés pour mener une activité visant à satisfaire les besoins de travail ou de consommation en s’affranchissant de la domination du capital. Les bénéfices des coopératives sont donc surtout répartis proportionnellement à l’activité de ses membres et non au nombre de parts sociales détenues",  selon la Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire d’Ile-de-France.

Les premières coopératives remonteraient au XIIIème siècle avec les fruitières à Comté. Des coopératives agricoles de fromage : le Comté. Pour conserver plus longtemps le fromage, des éleveurs auraient décidé de s’associer pour produire de plus grands fromages. En fonction des quantités de lait que chacun apportait, ils récupéraient chacun des meules de fromage proportionnelles à leur participation.

À l’ère moderne, la première coopérative de consommation “Société des Équitables  Pionniers de Rochdale”, a été fondée en 1844 par 28 tisserands de la ville de Rochdale, en Angleterre. Le premier magasin d’alimentation coopératif ouvre ses portes. L’objectif est de garantir un rapport qualité-prix raisonnable, en vendant au comptant.

Les coopératives sont l’un des piliers historiques de l’Economie sociale et solidaire (ESS). Elle comprend aussi les mutuelles, les fondations, les associations et tout type d’entreprises basées sur le principe de solidarité. En France, en 2016, l'Économie sociale et solidaire a employé 2,4 millions de salariés dont 77% proviennent du milieu associatif, selon un rapport de Recherches et Solidarités.


 

Les formes juridiques de sociétés coopératives 


Le Ministère de l’économie définit une SCOP comme une société coopérative dont les salariés sont les associés majoritaires et où le profit est partagé équitablement. Dans une SCIC, dont le statut a été promulgué en 2001, le capital est détenu par les salariés mais aussi par toutes les personnes qui souhaitent s’impliquer dans le projet (bénévoles, partenaires privés, clients, collectivités territoriales…).

Plus récemment, en 2014, une loi relative à l’économie sociale et solidaire a défini le statut de coopératives d’activités et d’emploi (CAE). C’est un groupement économique solidaire de plusieurs entrepreneurs. Un porteur de projet peut donc percevoir un salaire et bénéficier d’une couverture sociale comme un salarié classique.

Le numérique comme outil de coopération

En 2016, une enquête de Solidatech auprès des associations révèle que 94% des associations gèrent leurs activités grâce aux outils numériques, 84% pour communiquer avec l’extérieur et 56% pour développer des projets avec des bénéficiaires. Des chiffres en hausse depuis 2013 car le numérique est devenu l’un des enjeux clés du développement des structures de l'Économie sociale et solidaire.

En France, des initiatives citoyennes coopératives comme SCANI utilisent de plus en plus la technologie au service de leur activité. Dans cette SCIC, les bénévoles, prestataires et salariés proposent un service de communication et d’accès à Internet indépendant des opérateurs commerciaux sur l’ensemble du département de l’Yonne. Internet est aussi utilisé afin de faciliter les décisions administratives des membres.
 
Dans un autre registre, les associations “Fablab” ont été créées en Californie, dans les années 1990. Fabriques d’innovations coopératives, ces espaces présents dans de nombreuses grandes villes, mettent à disposition des outils technologiques afin de favoriser l‘accès à l’innovation, pour tous.


La multiplication des structures coopératives inspire certains économistes comme Jean-Marc Rogier, qui voient en ces espaces le rempart face aux dérives du capitalisme.