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Vidéo - Au Togo, un système hospitalier à l'abandon

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Reportage : Emmanuelle Sodji
©TV5MONDE

Il est deux fois plus risqué de se faire opérer en Afrique que dans le reste du monde.  C'est ce que révèle une étude parue le mercredi 10 janvier dans une revue scientifique britannique. En cause : la vétusté du matériel et la pénurie de médecins. Malgré les promesses, le Togo ne fait pas exception.

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L’hôpital de référence du pays.  La dernière issue de secours  pour les cas les plus graves qui ne peuvent pas être soignés ailleurs dans les autres structures publiques  du Togo.   Mais pourtant, depuis fin décembre, il n’ y aurait plus d’infirmier le soir, pour les soins post opératoires.
   

A partir de 17 heures, il n'y a aucun personnel soignant à côté des patients. Quand le patient a un malaise, une douleur, de la fièvre, un drain qui draine trop, il n'y a personne qui peut le constater pour donner l'alerte. A travailler comme cela, on se demande si nous ne sommes pas complices de ce système.

Un médecin du CHU Sylvanus Olympio de Lomé 

Un homme brûlé au 3ème degré est arrivé aux urgences le week-end, mais trop pauvre pour payer des anti-douleurs et des produits de réhydratation, il est  condamné à une  mort lente par souffrance. Un médecin, toujours sous couvert d'anonymat, témoigne : "Le service social devrait s'y employer. Il est inadmissible, ajoute-t-il, que dans les urgences médicales au sein du CHU, le service des affaires sociales ne fonctionne même pas le week-end. Il faudrait que l'on délègue au moins une personne les week-ends pour s'occuper des patients". 

Vétusté à tous les étages

Manque de personnel, en raison de contrats non renouvelés et pire encore,  aucun matériel et entretien.

Dans la salle de réanimation, nous n'avons pas l'équipement pour réanimer les enfants. On n'a pas de respirateur pour un enfant qui fait un arrêt cardiaque. Il y a des enfants qui font des syndromes néphrétiques, à qui il faut prendre la tension artérielle, on n'a pas de tensiomètre.  

Un médecin du CHU Sylvanus Olympio de Lomé

En 2015, le président Faure Gnassingbé avait pourtant promis aux Togolais, lors de la campagne présidentielle de son troisième mandat, un mandat social. Une dizaine de mouvements de contestation et de débrayage plus tard, toujours pas de trace de ce mandat social dans les hôpitaux publics. "On ne va pas les lâcher !" assure toutefois un syndicaliste.

Budget à la baisse


Tout le matériel installé dans les hôpitaux publics, via un crédit de 10 milliards de FCFA auprès de la BIDC (Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO), il y a 8 ans, est devenu hors d’usage quelques mois après son achat ou n’a  jamais fonctionné. 
La situation sanitaire dans le public n’est pas près de s’améliorer car la part du budget  national qui  y est  consacré se rétrécit, chaque année.  De 6% et demi en 2014, elle passée à 4,68  % en 2017.