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Washington et Pékin reprennent des négociations commerciales cruciales

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (au centre) lors d'une visite à Pékin le 3 mai 2018
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (au centre) lors d'une visite à Pékin le 3 mai 2018
afp.com - GREG BAKER
Les liens économiques Chine - Etats-Unis
Les liens économiques Chine - Etats-Unis
afp.com - Gal ROMA
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Les Etats-Unis et la Chine reprennent jeudi leurs délicates négociations commerciales sous la menace de la possible entrée en vigueur dans moins d'une semaine de sanctions américaines qui relanceraient le spectre d'une guerre commerciale.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin dirigera jeudi et vendredi des discussions avec une délégation chinoise emmenée par le vice-Premier ministre Liu He, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

Liu He, un proche du président Xi Jinping chargé de piloter la politique économique du géant asiatique, avait déjà mené une première session de pourparlers à Pékin avec une délégation américaine conduite par Steven Mnuchin, sans avancées majeures.

"Ces réunions sont le prolongement des discussions qui se sont déroulées à Pékin il y a deux semaines et seront centrées sur le rééquilibrage des relations économiques entre les Etats-Unis et la Chine", a précisé la Maison Blanche. Elle exige notamment de Pékin une réduction de 200 milliards du déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine qui a atteint 375 milliards en 2017.

Le président américain Donald Trump, qui n'a de cesse de dénoncer les pratiques commerciales "déloyales" de la puissance asiatique, avait souligné dans un tweet mardi que les Etats-Unis rapportaient "depuis de nombreuses années" à Pékin "des centaines de milliards de dollars".

"Steven Mnuchin mènera les discussions aux côtés du secrétaire au Commerce Wilbur Ross et du représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer", a précisé la Maison Blanche, ajoutant que d'autres responsables de l'administration Trump participeraient également à ces réunions.

Déjà sous le coup de taxes de 25% sur ses exportations d'acier vers les Etats-Unis et de 10% sur celles d'aluminium, la Chine est aussi menacée de nouvelles taxes sur 50 milliards de dollars de marchandises pour compenser ce que Washington considère comme du vol de propriété intellectuelle aux dépens des entreprises américaines.

- 22 mai -

Un délai de consultation sur la liste des produits chinois qui seraient touchés par ces nouvelles mesures américaines doit expirer le 22 mai. Si aucun compromis n'était trouvé d'ici là sur le rééquilibrage des échanges sino-américains, cette nouvelle menace serait mise à exécution.

De son côté, la Chine a déjà annoncé des mesures de représailles sur les biens américains à hauteur de 50 milliards de dollars et a prévenu qu'elle répondrait mot pour mot aux mesures de rétorsion américaines.

Pékin a en particulier dans le viseur les produits agricoles, en particulier le soja américain très dépendant du marché chinois et dont les Etats où il est produit sont favorables au président républicain.

Les réunions de jeudi et vendredi sont donc cruciales pour éviter une guerre commerciale entre les deux puissances qui pourrait avoir, selon le Fonds monétaire international, des répercussions sur la croissance mondiale.

"La bonne santé du commerce international a contribué récemment à renforcer la croissance économique mondiale. Pourtant, la résurgence du protectionnisme risque de freiner cet élan positif", a ainsi mis en garde lundi la directrice générale du FMI Christine Lagarde.

La Maison Blanche n'a pas précisé quels conseillers économiques participeraient à ces réunions. Des médias américains affirmaient mercredi qu'elle aurait écarté Peter Navarro, le conseiller du président Trump pour les affaires commerciales, réputé pour son hostilité envers la Chine.

La publication en ligne Axios a ainsi fait état de disputes entre Steven Mnuchin et Peter Navarro. "Navarro s'inquiète du fait que Mnuchin puisse inciter Trump à conclure un accord qui renoncerait à punir la Chine avec des taxes agressives pour le vol de la propriété intellectuelle américaine", écrit Axios, citant des sources proches de l'administration américaine.