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Yémen: plus de 82 rebelles Houthis tués autour de la ville stratégique de Marib selon la coalition saoudienne

Des combattants yéménites soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à l'arrière d'un véhicule blindé près de Marib au Yémen, le 19 juin 2021.
Des combattants yéménites soutenus par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à l'arrière d'un véhicule blindé près de Marib au Yémen, le 19 juin 2021.
©AP photo/Nariman El-Mofty

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen affirme ce mercredi 20 octobre avoir tué plus de 82 rebelles houthis dans des raids aériens. Une fois de plus, les attaques ont eu lieu dans la ville stratégique de Marib, théâtre d'une bataille qui a redoublé d'intensité ces dernières semaines.

"Onze véhicules militaires ont été détruits et plus de 82 terroristes tués" au cours des 24 dernières heures à Al-Jawba (50 km au sud de Marib), et à Al-Kassara (30 km au nord-ouest de Marib). Le communiqué diffusé par l'agence officielle saoudienne SPA se veut triomphal.

Les combats autour de Marib se sont intensifiés, des dizaines de personnes sont mortes sur fond d’impasse diplomatique pour parvenir à un cessez-le-feu.
Les combats autour de Marib se sont intensifiés, des dizaines de personnes sont mortes sur fond d’impasse diplomatique pour parvenir à un cessez-le-feu.
TV5MONDE

Depuis une semaine, la coalition annonce en effet quotidiennement de nombreux rebelles tués à Al-Abdiya, à 100 kilomètres au sud de Marib, prise par les rebelles samedi malgré leurs pertes. 48 rebelles tués la veille le 19 octobre, 150 le 18 octobre, 165 le 17, 160 le 16 du même mois...  Au total, les raids ont tué plus d'un millier de Houthis dans cette zone, assure la coalition.

Ces chiffres n'ont pu être vérifiés de source indépendante. Les Houthis ne communiquent que très rarement sur les victimes dans leurs rangs.

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Dernier bastion du gouvernement dans le nord du Yémen, Marib est depuis février au coeur d'une bataille sanglante, qui s'est intensifié ces derniers jours avec les avancées des rebelles.

Ces derniers, proches de l'Iran, affrontent les forces du gouvernement depuis sept ans et se sont emparés de la majeure partie du nord du pays dont la capitale Sanaa en 2014. L'année suivante, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue pour appuyer les forces loyalistes en peine.

Les grandes forces en puissance

Les Houthis et leurs alliés
Les combattants d'Ansarullah, dits Houthis, sont en guerre depuis 2004 contre l'Etat. Ils se posaient alors en défenseurs de la cause des chiites, minoritaires. En juillet 2014, ils ont lancé une offensive fulgurante et conquis le 21 septembre la capitale Sanaa. Le mouvement, qui porte le nom du défunt chef spirituel Badreddine al-Houthi et de son fils Hussein, est apparu dans les années 1990 pour dénoncer la discrimination dont leur communauté serait victime. Soutenus par un poids lourd régional, l'Iran, ils parviennent à arracher aux forces loyalistes des pans entiers du nord du pays.

Le président Hadi et ses soutiens
L'Arabie saoudite et les Emirats ont fourni aux partisans de M. Hadi des équipements militaires ultra-modernes et déployé au sol plusieurs milliers d'hommes.  Cette guerre civile est souvent analysée comme un conflit indirect de puissances régionales, l'Iran et l'Arabie saoudite. Téhéran ne cache pas son soutien politique aux Houthis mais dément leur fournir des armes, comme l'accusent Ryad et son partenaire américain.

La guerre a dévasté le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, provoquant le pire désastre humanitaire en cours dans le monde selon l'ONU. Elle a fait des dizaines de milliers de morts, surtout des civils, et des millions de déplacés, d'après des ONG.

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Menacée d'une famille à grande échelle, la grande majorité de la population dépend de l'aide internationale.