Attentat à Bruxelles: le ministre belge de la Justice démissionne

Le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne, annonce ce 20 octobre sa démission du gouvernement, quatre jours après l'attaque perpétrée à Bruxelles par un Tunisien radicalisé et en séjour irrégulier qui a tué deux Suédois.
 

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Le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne, lors d'un point-presse au lendemain de l'attentat ayant causé la mort de deux Suédois, le 17 octobre 2023 à Bruxelles.

Le ministre belge de la Justice, Vincent Van Quickenborne, lors d'un point-presse au lendemain de l'attentat ayant causé la mort de deux Suédois, le 17 octobre 2023 à Bruxelles.

© AP Photo/Martin Meissner
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Lors d'une conférence de presse, le ministre a expliqué avoir appris ce 20 octobre que la Tunisie avait réclamé en août 2022 l'extradition de l'auteur de l'attaque, Abdesalem Lassoued, une demande non traitée par le parquet de Bruxelles qui en a été destinataire.

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"Le magistrat compétent n'a pas donné suite à cette demande d'extradition et le dossier n'a pas été traité", a souligné Vincent Van Quickenborne.
"C'est une faute individuelle, monumentale, une faute inacceptable, aux conséquences dramatiques", a-t-il ajouté, disant en assumer "la responsabilité en démissionnant".

"aucune excuse"

"Je ne cherche aucune excuse. J'estime qu'il est de mon devoir de le faire. Cette nouvelle information, venant du parquet, me touche en plein coeur, car j'ai fait tout mon possible pour améliorer notre justice", a-t-il encore indiqué.

L'attaque de lundi 16 octobre au soir, survenue près du centre-ville de Bruxelles peu avant un match de football opposant la Belgique à la Suède, a ciblé des supporters suédois.

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L'assaillant, un radicalisé débouté de sa demande d'asile et qui était visé par un ordre de quitter la Belgique jamais exécuté, a tué de sang froid avec un fusil automatique de type AR-15 deux d'entre eux. Il en a blessé un troisième, avant de s'enfuir en scooter.

Ce Tunisien de 45 ans a été localisé le lendemain matin dans un café de la commune bruxelloise de Schaerbeek, où il a été mortellement blessé par des tirs policiers. Son arme a été retrouvée.

Connu des autorités belges

Abdesalem Lassoued était connu des autorités belges pour des délits, notamment des menaces de mort proférées à l'encontre d'un demandeur d'asile, selon la justice. Mais il n'était pas fiché dans la base de données de l'Ocam, l'agence fédérale chargée d'analyser la menace terroriste.

Après l'attaque, Vincent Van Quickenborne avait simplement indiqué que la Belgique avait été informée en 2016 "par un service de police étranger" du profil radicalisé de Lassoued, sans qu'il soit question d'antécédents terroristes.

Avant de demander l'asile en Belgique, où il disait être arrivé fin 2015, le Tunisien avait déposé des requêtes similaires en Norvège, en Suède puis en Italie -des demandes à chaque fois rejetées.

Une enquête ouverte aussi en France

Les enquêteurs belges cherchent à déterminer si l'auteur de l'attaque, Abdesalem Lassoued, était en contact avec d'autres radicalisés dans d'autres pays européens.

Le parquet national antiterroriste français (Pnat) a indiqué ce 20 octobre avoir ouvert le 17 une enquête pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, "à la suite d'informations qui nous ont été transmises par les autorités judiciaires belges" à propos de cet attentat.

Interpellation à Nantes

"C'est dans ce cadre qu'a eu lieu hier l'interpellation d'un homme en Loire-Atlantique" qui a été placé en garde à vue, a ajouté le Pnat, sans autres précisions "afin de préserver les investigations en cours".

L'homme interpellé à Nantes avait reçu, avant le passage à l'acte le 16 octobre vers 19H00 (17H00 GMT), la vidéo de revendication du double meurtre, a précisé l'une des sources proches du dossier. Cette information avait été révélée par le quotidien Ouest-France.

L'identité du suspect n'a pas été précisée. Il serait également Tunisien, comme Abdesalem Lassoued, d'après Ouest-France.

Dès mardi le procureur fédéral de Belgique, Frédéric Van Leeuw, avait affirmé que le scénario du radicalisé ayant agi en "loup solitaire" était privilégié par les enquêteurs. 

Mais il faut "fermer toutes les portes", a souligné à l'AFP une autre source proche du dossier.

La Belgique a donné "plusieurs informations à plusieurs pays" sur des personnes ayant été en contact récemment avec l'assaillant de Bruxelles, a ajouté cette source, citant la France et l'Allemagne. Charge ensuite aux autorités de ces pays de vérifier si ces profils sont susceptibles ou non d'intéresser l'enquête belge, a-t-on fait valoir.

Dans sa vidéo de revendication, le Tunisien de 45 ans s'est dit inspiré par le groupe État islamique. L'organisation a revendiqué l'attaque dans la soirée du 17 octobre, soulignant avoir visé la Suède en raison de son appartenance à une coalition mondiale anti-djihadistes.