Au Liban, les banques rouvrent après une nouvelle semaine de fermeture

Les banques au Liban devraient rouvrir ce mardi 19 novembre après une semaine de grève. Les employés protestaient contre des incidents avec des clients irrités par les restrictions sur les retraits. Le soulèvement populaire, entré dans son deuxième mois, est venu renforcer la crise financière du pays.
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Un homme passe devant une banque fermée, en raison d'une grève des employés. Beyrouth, Liban, 12 novembre 2019.
© AP / Bilal Hussein
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Le président de la Fédération des syndicats des employés de banques, George al-Hajj, a annoncé lundi 18 novembre la fin pour mardi d'une grève lancée le 12 novembre.

Il a indiqué en conférence de presse que de nouvelles mesures de sécurité -les forces de l'ordre doivent stationner devant les établissements bancaires- ont été prises, ainsi que de nouvelles dispositions concernant les opérations.

"Il est inadmissible que les employés de banques deviennent les boucs émissaires, qu'ils soient humiliés et jugés responsables", a déploré M. Hajj.

En un mois de contestation dans ce pays marqué par une grave crise financière, les banques ont ouvert seulement une semaine.

Des restrictions imposées sur les retraits au guichet, les opérations de change et l'obtention de dollars, avaient provoqué des tensions avec les clients. Et les manifestants ont souvent empêché les banques d'ouvrir pour dénoncer un système bancaire qu'ils jugent comme faisant partie du problème.

Bloquer les rues

L'Association des Banques du Liban avait annoncé dimanche des dispositions "provisoires", autorisant notamment le retrait de mille dollars par semaine pour les personnes ayant un compte en dollars.

Au Liban, le billet vert est utilisé au quotidien pour tout type de transaction. Mais dans un contexte de profonde crise économique, il est devenu de plus en plus difficile d'obtenir des dollars au taux officiel (1.507 livres libanaises pour un dollar).

Le pays souffre d'un déficit public chronique (11% du PIB en 2018) et croule sous une dette de 86 milliards de dollars (148% du PIB).

La contestation est entrée dans son deuxième mois, et aucune sortie de crise n'est en vue. Des centaines de milliers de Libanais manifestent contre une classe dirigeante accusée d'incompétence et de corruption.

Alors que les contestataires ont appelé à encercler mardi le Parlement, dans le centre de Beyrouth, pour empêcher les députés d'y accéder, l'examen par le Parlement de plusieurs projets de lois controversés a été reporté sine die. Une loi d'amnistie générale, qui engloberait des milliers de personnes, avait déjà été reportée d'une semaine en raison de la pression de la rue.

Des militants estiment que la loi d'amnistie pourrait exonérer des personnes condamnées ou soupçonnées d'implication dans des affaires d'évasion fiscale ou encore de crimes environnementaux.

Les manifestants veulent donner la priorité à des législations qui permettraient de véritablement traduire en justice les responsables corrompus ou encore de récupérer les fonds publics détournés.

La séance doit se dérouler à huis clos, a annoncé le président du parti Kataëb (chrétien) Sami Gemayel, précisant que ses députés n'y participeraient pas.