Brésil : le pays sous haute surveillance avant l’investiture du président Lula

Lula commence dimanche 1er janvier son troisième mandat de président du Brésil. Son retour au pouvoir est célébré par des centaines de milliers de sympathisants de gauche. Par crainte de débordements encouragés par l'extrême droite, l'investiture va se faire sous haute surveillance policière.
 
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PARTISANS DE BOLSONARO
Des supporters de l’ancien président Jair Bolsonaro manifestent avant l’investiture de Lula, président élu lors de la dernière élection présidentielle. Brasilia, Brésil - 26 décembre 2022.
 
AP/Eraldo Peres
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Brasilia est en alerte. Une marée rouge de militants devrait déferler ce 1er janvier dans la capitale à l'architecture futuriste. C’est là que l'ancien ouvrier de 77 ans retrouvera la fonction suprême, 12 ans après l'avoir quittée avec une popularité record à l'issue de deux mandats (2003-2010).

L'événement promet d'être festif. Avec notamment une trentaine de concerts avant et après les cérémonies officielles, le tout organisé par la future Première dame Rosangela "Janja" da Silva.

Dans les rues de la capitale brésilienne, les mesures de sécurité ont été renforcées. Les autorités locales craignent de voir des bolsonaristes radicaux tenter de perturber, voire empêcher, les cérémonies.
 
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Afflux massif de Brésiliens

Lula sera officiellement président après avoir prêté le serment de respecter la Constitution devant le Congrès. Mais l'image qui devrait faire la une des journaux du lendemain sera le moment où le tribun à la barbe emblématique montera la rampe qui donne accès au Palais présidentiel de Planalto, joyau architectural signé Oscar Niemeyer.

Quelque 300.000 Brésiliens sont attendus dans les rues de Brasilia pour cette journée censée être à la fois solennelle et festive. 56 délégations étrangères doivent également être représentées. Au total, quelque 150.000 personnes sont attendues entre le 30 décembre et le 2 janvier.

Les forces de police du district de Brasilia vont être mobilisées "à 100%", ce qui pourrait impliquer jusqu'à 8.000 agents, ont annoncé les autorités. Plus de 1.000 policiers fédéraux sont aussi chargés de la sécurité et du renseignement pour les cérémonies, le plus grand nombre pour un événement de ce type.
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Des soldats de l'armée brésilienne en faction. Ils se préparent en vue de la cérémonie pour l'investiture du président élu Lula, prévue dimanche 1er janvier 2023.
AP/Eraldo Peres

Un recours à la Force nationale 

Les avenues donnant sur l'Esplanade des ministères seront fermées, de même que la grande artère qui permet l'accès à la place des Trois pouvoirs, où se trouvent le Palais présidentiel du Planalto, le Congrès et la Cour suprême.

Le ministère de la Justice a par ailleurs autorisé l'utilisation de la Force Nationale, une force spéciale de police parfois envoyée dans les différents Etats en cas de menace contre la loi et l'ordre.

A la demande du ministère de la Sécurité, le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes a interdit le port d'armes du 28 décembre au 2 janvier pour diverses catégories de civils. Cette mesure concerne notamment les chasseurs, tireurs et collectionneurs, dont le nombre a explosé avec la politique pro-armes de Jair Bolsonaro.
Pour des raisons de sécurité, le nombre de personnes pouvant assister sur la place au discours de Lula devant le Planalto a été limité à 30.000. L'aéroport international de Brasilia a vu sa sécurité renforcée, avec des patrouilles de la police de la capitale mais aussi fédérale, a confirmé le concessionnaire aéroportuaire. 

L’ombre de Jair Bolsonaro plane sur l’investiture

Le dispositif de sécurité a été considérablement renforcé après la découverte samedi dernier d'un engin explosif dans un camion-citerne près de l'aéroport de Brasilia. Le suspect a été arrêté. Ce partisan de Jair Bolsonaro a révélé, selon ses déclarations à la police publiées par la presse, qu'il avait l'intention de "provoquer le chaos" et "l'intervention des forces armées" afin d'"empêcher l'arrivée du communisme au Brésil". Un nombre d'armes impressionnant a été trouvé à son domicile.

Deux mois après l'élection, des bolsonaristes campent toujours devant des casernes pour réclamer une intervention militaire. Le 12 décembre, certains d'entre eux ont incendié des véhicules et affronté les forces de l'ordre à Brasilia.
 
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Depuis sa défaite d'une courte marge (50,9%-49,1%) au second tour le 30 octobre, le chef de l'Etat d'extrême droite n'a jamais reconnu explicitement le résultat du scrutin et a passé la plupart du temps reclus dans sa résidence officielle de l'Alvorada. Selon la presse brésilienne, il devrait passer le Nouvel An en Floride, aux Etats-Unis, et donc être absent du Brésil le jour de l'investiture.